Crash d’un avion de l’Armée à Sevaré : La Nation rend hommage aux deux pilotes décédés

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Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, chef suprême des Armées, a présidé, hier à la Base aérienne 100, la cérémonie de funérailles des deux pilotes, le capitaine Moussa Maïga et le sous-lieutenant Mamadou Boubacar Traoré, décédés à la suite du crash d’un avion léger de chasse de l’Armée de l’air survenu mardi dernier à Sevaré.

Le président de la République avait à ses côtés le Premier ministre Boubou Cissé, le ministre de la Défense et des Anciens combattants, le général Ibrahim Dahirou Dembélé, celui de la Sécurité et de la Protection civile, le général Salif Traoré. Il y avait également le chef d’état-major général des Armées, le général Abdoulaye Coulibaly, des officiers supérieurs, compagnons de corps, parents et amis des illustres disparus. Sur place, l’émotion était perceptible sur les visages.
Pour rappel, mardi dernier, aux environs de 11 heures 30 mn, le Super Tucano TZ04 s’est écrasé à Sevaré. Le pilote, le capitaine Moussa Maïga et son assistant, le sous-lieutenant Mamadou Boubacar Traoré, y ont perdu la vie. Ils sont issus respectivement des 38è et 39è promotions de l’École militaire interarmes (EMIA). Au cours de la cérémonie, leurs camardes de promotion ont exécuté la marche funèbre avant la lecture de l’oraison funèbre par le commandant de la Base aérienne 100, le lieutenant-colonel Drissa Koné. Les corps de ces valeureux soldats ont été après remis à leurs familles respectives.
La hiérarchie et les compagnons d’armes retiennent des disparus deux valeureux militaires dont toute l’Armée pleure la mort. «Incrédules, nous sommes parce que le capitaine Moussa Maïga et le sous-lieutenant Mamadou Boubacar Traoré, en dépit de leur jeunesse, étaient des pilotes chevronnés. C’est d’ailleurs au retour d’une mission de reconnaissance à Tombouctou menée à la perfection, visant notamment à redonner du moral aux troupes et aux populations, que la tragédie est survenue», a déclaré le commandant de la Base aérienne 100. Le lieutenant-colonel Drissa Koné a rappelé que le capitaine Moussa Maïga et le sous-lieutenant Mamadou Boubacar Traoré avaient reçu les félicitations de leur hiérarchie aux termes d’une mission de représailles faisant suite à l’attaque du poste de Dinangourou, il y a seulement quelques semaines. «Ils ont combattu l’ennemi et sauvé des frères d’armes sous le feu à Mondoro, à Dialoubé, à Boulkessi, pour ne citer que ces actes de bravoure. Il n’est donc pas surprenant de voir ressortir de l’oraison funèbre un parcours éloquent de leur engagement et de leur dévouement qui leur a valu la confiance de la corporation », a-t-il témoigné.
Par la voix du commandant de la Base aérienne 100, les Forces armées maliennes (FAMa) promettent de porter haut la flamme que les défunts ont allumée. «Notre mission de sécurisation et de défense de notre territoire se poursuivra. Elle sera de plus en plus efficace avec l’appui des autorités. La patrie vous sera toujours reconnaissante, l’armée de l’air ne vous oubliera pas», a rassuré le lieutenant-colonel Koné.

Le président de la République a assisté aux funérailles des deux militaires tués dans l’accident de leur hélicoptère

PARCOURS DES DEUX MILITAIRES- Le capitaine Moussa Maïga est né le 21 janvier 1989 à Bamako. Étudiant de l’École de médecine, il suivra ensuite sa passion pour le métier des armes. Il fut ainsi incorporé dans l’armée de l’air comme engagé volontaire le 1er février 2010 à l’issue d’un test psychotechnique.
C’est au Cameroun, à Garoua, qu’il entama sa formation pour le brevet de pilote-observateur et des ultras légers motorisés. L’année suivante, dans le même pays, il obtient le brevet élémentaire de premier degré sur les ultras légers motorisés.
En 2016, en Russie, le jeune Maïga est lauréat du diplôme de pilote de chasse. À peine rentré au pays, il est reparti pour le Brésil en 2017 d’où il revint auréolé de la qualification sur le Super Tucano. Affecté de la Base aérienne 101 à la Base aérienne 102 de Sevaré, il est nommé chef du centre de direction des opérations, le 24 juillet 2018. Son savoir-faire et son enthousiasme lui valurent ensuite d’être déployé comme pilote de chasse dans le théâtre d’opération Maliko.
Le sous-lieutenant Mamadou Boubacar Traoré a été arraché à notre affection à seulement 25 ans. Né le 27 octobre 1995, il n’aura pas eu la chance et la joie de fêter son 25è anniversaire. Pour assouvir sa passion pour le métier des armes, le jeune Traoré passa d’abord son diplôme de l’École nationale d’ingénieurs (ENI). À l’issue d’un test psychotechnique concluant, il fut lui aussi incorporé le 22 février 2016 comme soldat de 2è classe.
En République tchèque où il a suivi les formations initiales de pilotage, il décrocha le brevet de pilote professionnel en 2017. De l’EMIA qu’il intégra à son retour au pays, Mamadou Boubacar Traoré est reparti pour le Brésil pour une formation de qualification sur le Super Tucano sanctionné par le brevet de commandant de bord en 2018. Il réintégra ensuite l’EMIA pour un cycle spécial en 2019 aux termes duquel il obtient le diplôme du chef de section avec la 39è promotion de l’école. Jeune pilote et très intelligent, cet officier est déployé comme pilote de chasse dans le cadre de l’opération Maliko. Il effectue ainsi le 6 février 2020 à Dinangourou sa première mission suite à l’attaque des FAMa qui lui a valu également des félicitations de ses supérieurs.
En hommage aux deux vaillants militaires décédés, le Conseil des ministres de mercredi dernier a décidé de mettre en berne les drapeaux du jeudi 9 au samedi 11 avril 2020.

Oumar DIAKITÉ

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