Crise dans la Région de Mopti : Les faitières des communautés Peul et Dogon soutiennent pleinement les initiatives du gouvernement

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Quatre jours après sa visite dans la Région de Mopti, le Premier ministre, Dr Boubou Cissé a reçu hier les faitières des communautés peul et dogon. L’Association des communautés de culture songhoï (Irganda) était également présente à la rencontre. Les échanges ont permis au chef du gouvernement d’avoir l’engagement ferme de ses interlocuteurs à soutenir les initiatives de l’État dans le sens de la résolution de la crise sécuritaire que traverse notre pays depuis plusieurs années. Pendant trois heures, Dr Boubou Cissé et les représentants des faitières des communautés peul, dogon et d’Irganda ont discuté des causes profondes de la crise, proposé des solutions de sortie de crise et abordé la question de la levée de check points occupés par des chasseurs dogon.
À l’issue de cette rencontre qui s’est déroulée à huis clos, Abou Sow, président de Tabital Pulaaku a remercié le Premier ministre pour cette initiative qui fait suite à sa visite dans la Région de Mopti et au cours de laquelle, il a pris des décisions importantes qui vont concourir à ramener la paix et le calme dans cette partie du Mali. Selon lui, lors de la rencontre, toutes les communautés concernées par la crise ont passé en revue les différents problèmes et leurs causes profondes.
Ensuite, elles ont esquissé des solutions, tout en décidant de se mettre à la disposition de l’État pour l’accompagner dans la recherche de la paix et de la concorde. «Nous sommes favorables à la paix, à la concorde, au retour du vivre ensemble. Nous adhérons entièrement et pleinement aux décisions prises par le Premier ministre et nous le félicitons. Les discussions ont été franches, loyales, sincères et très respectueuses», a confié Abou Sow.

RETOUR DE L’ÉTAT-Pour sa part, Mamadou Togo, président de Ginna Dogon a indiqué que cette rencontre avec le chef du gouvernement a été une occasion de clarifier les points de vue des uns et des autres. Selon lui, suite à sa mission au pays dogon, Dr Boubou Cissé a fait un constat sur la base duquel, il leur a fait appel pour qu’ils trouvent ensemble la solution pour soigner tout le mal qu’il a constaté lors de son voyage. «Principalement, il a axé ses propos sur les check points qui étaient détenus par les chasseurs dogons. Nous avons dit que c’est l’absence de l’État qui a fait que les gens, par souci de se protéger, ont pu faire ce qu’ils sont en train de faire et qu’il serait souhaitable que l’État reprenne ses prérogatives dans la zone dans tous les domaines pour que d’autres personnes ne viennent pas prendre sa place», a insisté Mamadou Togo.
De son côté, le secrétaire général d’Irganda, Boubacar Nouhoum Diallo a fait remarquer que cette crise préoccupe son association depuis des années. C’est pourquoi, elle a approché Ginna Dogon et Tabital Pulaaku, organisé des rencontres de concertations et élaboré un mémorandum assorti d’un plan d’actions dans lequel des propositions sont faites à partir de l’analyse des causes réelles de la crise. Boubacar Gaoussou Diarra, secrétaire permanent du Cadre politique de gestion de la crise dans les Régions de Mopti et Ségou a rappelé que lors de sa visite à Sendégué, Ogossagou et Diallassagou, le Premier ministre a fait le constat de check points sur la route nationale 15. C’est pourquoi, il a souhaité avoir cette réunion d’échanges, de dialogue et de concertations avec les associations faitières, comme Ginna Dogon, Tabital Pulaaku et Irganda, avec comme objectif, échanger sur les causes profondes de la crise et trouver les voies de sortie de crise. Pour Boubacar Gaoussou Diarra, les débats ont été francs, courtois et d’une grande responsabilité. «Les présidents de Ginna dogon et de Tabital Pulaaku ont fait le point de la situation et marqué leur engagement à accompagner le gouvernement dans toutes les actions qui seront nécessaires pour le retour définitif de la paix», a-t-il assuré. De son côté, le secrétaire général d’Irganda a souhaité remettre au goût du jour la médiation entreprise par le passé par son association. Pour le secrétaire permanant du Cadre politique de gestion de la crise dans les Régions de Mopti et Ségou, l’échange avec le Premier ministre est d’abord la reconnaissance que la crise est profonde et multidimensionnelle. Mais aussi, que les associations, la société civile, les populations doivent accompagner les efforts du gouvernement. Selon lui, le chef du gouvernement a reçu cet engagement et a promis de donner le soutien nécessaire à l’ensemble des propositions qui seront faites pour mettre définitivement fin à la crise. Concernant la levée des check-points, le secrétaire permanent du Cadre politique de gestion de cette crise a fait savoir qu’il y a eu un appel général à ce que l’État joue pleinement son rôle de gardien des libertés et de sécurisation du pays. Et d’ajouter que le Premier ministre a réaffirmé la volonté du gouvernement de faire jouer pleinement aux Forces de défense et de sécurité leur rôle dans la sécurisation du pays.

Dieudonné DIAMA

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