Crise du Covid-19 : Le plan de riposte du secteur financier

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Le coronavirus a un impact énorme sanitaire, économique et financier

Le Premier ministre a rencontré hier les dirigeants des établissements bancaires et financiers. Objectif : échanger sur
les mesures idoines à prendre pour juguler l’impact de la pandémie sur notre économie

Étaient réunis autour du chef du gouvernement, Dr Boubou Cissé, les responsables de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (APBF), de l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés (AP/SFD) et du Comité d’assurances du Mali.
La rencontre s’est tenue dans la salle de conférence de la Primature en présence de la ministre déléguée auprès du Premier ministre, ministre de l’Économie et des Finances, Mme Barry Aoua Sylla.
L’objet de la rencontre qui s’est tenue à huis clos, était d’échanger sur les dispositions à prendre par le secteur financier pour faire face aux conséquences de la pandémie Covid-19.
À l’issue de la rencontre, Mme Barry Aoua Sylla a expliqué que le Premier ministre a souhaité rencontrer les responsables du secteur financier pour échanger avec eux sur les mesures éventuelles à prendre dans le cadre de la gestion de la crise qui, a-t-elle ajouté, a un impact énorme, aussi bien sanitaire qu’économique et financier.
Mme Barry a rappelé qu’hier, Dr Boubou Cissé a rencontré l’ensemble du secteur privé qui a présenté des doléances. « Nous sommes en train de travailler pour voir comment satisfaire ces doléances. Il en est de même pour le secteur bancaire qui travaille avec le secteur privé. Il s’agit de voir à la fois les effets sur le secteur bancaire et aussi ce qu’il peut faire pour ses clients qui sont les entreprises du secteur privé », a-t-elle expliqué, assurant que des mesures idoines seront prises pour juguler les conséquences néfastes de cette crise.
Pour le président de l’APBF, il s’agissait d’une réunion de réflexion sur la riposte par rapport à cette pandémie. Il a souligné que cette crise a un impact sur le plan économique et sur le plan financier. Les banques seront fortement affectées et les clients aussi. «Nous avons fait des propositions. Nous allons travailler à notre niveau pour peaufiner ces propositions et ensuite nous allons rencontrer l’État pour qu’ensemble nous définissions les mesures idoines face à cette crise», a assuré Bréhima A. Haïdara. Sans donner plus de détails sur les points abordés, il a annoncé que dans les prochains jours, les banques feront connaître leurs doléances en la matière. «L’État est prêt à nous accompagner. Il y a des annonces déjà dans ce sens. La Banque centrale a déjà donné une forte réponse par rapport à la situation», s’est-il réjoui.

3.900 milliards de Fcfa- De son côté, le directeur national de la BCEAO pour le Mali, Konzo Traoré a expliqué que pour cette crise, comme les précédentes, les Banques centrales sont en première ligne. Ce sont elles qui peuvent soutenir le système financier dans son entièreté.
Il a rappelé que la BCEAO a pris des mesures fortes. Le 21 mars dernier, elle a publié un communiqué où elle a fait connaître ses décisions. Au nombre de ces mesures, il y a l’augmentation sensible de ses refinancements. « Les banques ont recours à nos guichets sur une base hebdomadaire et sur une base mensuelle. La BCEAO a ajouté 340 milliards de Fcfa aux quelques 3.900 milliards de Fcfa qui étaient déjà mis en place. Les banques ont demandé l’allègement des conditions de refinancement des taux.
La réponse de la BCEAO a été d’organiser une adjudication à taux fixe. Ça c’est une première depuis qu’on a commencé les refinancements sous cette forme. Lundi dernier, on a servi les banques au taux minimum de 2,5% et aux montants qu’elles ont sollicités. Les banques du Mali à l’issue de cette opération, ont pu engranger quelques 680 milliards de Fcfa auxquels s’ajoute le montant mobilisé sur le guichet mensuel.
À ce jour, nous avons un encours sur les banques maliennes de quelque 790 milliards de Fcfa, c’est énorme. La Banque centrale a également consenti une enveloppe de 25 milliards de Fcfa à la BOAD pour qu’elle puisse bonifier les prêts qu’elle va faire aux États.
La semaine dernière, elle a tenu son conseil d’administration. Elle a accordé 130 milliards de Fcfa aux États à un taux bonifié grâce aux 25 milliards de Fcfa de la BCEAO», a développé Konzo Traoré qui a assuré que les actions soutenues vont se poursuivre et que la BCEAO va jouer sa partition.

Aminata Dindi
SISSOKO

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