Crise politique au Mali : Les recommandations de la mission de la Cedeao

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La délégation ministérielle de la Cedao, conduite par Kalla Ankourao, président du Conseil des ministres de la commission, avait du pain sur la planche. En fin de séjour à Bamako (du 18 au 20) où elle a tenté une médiation, la mission de bons offices a formulé une série de recommandations.

Dans un communiqué diffusé vendredi soir, la délégation ministérielle dit avoir noté une convergence de vues de tous les acteurs maliens sur les nombreux défis auxquels le Mali est confronté, notamment le défi sécuritaire, sanitaire (Covid-19) et économique et la nécessité d’œuvrer, de toute urgence, à sortir le pays de la situation actuelle.

Rappelant qu’il est donc important d’éviter une autre crise qui engendrerait des complications additionnelles, elle a invité toutes les parties prenantes à privilégier le dialogue et la concertation comme mode de règlement des différends.

Par ailleurs, la mission a noté que l’Arrêt rendu par la Cour Constitutionnelle dans le cadre du contentieux des dernières élections législatives est à la base de la crispation socio –politique actuelle. Elle invite donc le Gouvernement de la République du Mali à reconsidérer les résultats de toutes les circonscriptions ayant fait l’objet de révision par l’Arrêt de la Cour Constitutionnelle. De nouvelles élections partielles pour les circonscriptions concernées devraient être organisées dans les meilleurs délais, préconise-t-elle.

En outre, les diplomates de la Cedeao ont insisté spécifiquement sur la nécessité d’œuvrer pour le rétablissement d’un climat de confiance renouvelée entre les parties maliennes, d’éviter la violence comme moyen de règlement de crise et privilégier le dialogue pour préserver les Institutions de la République afin de maintenir la stabilité du pays et d’éviter le chaos institutionnel aux conséquences imprévisibles et désastreuses pour la paix et la stabilité du Mali et de la sous-région.

Aussi, recommande-t-elle la mise en place d’un gouvernement consensuel d’union nationale tenant compte des recommandations du Dialogue National Inclusif, l’accéléreration de la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger et de poursuivre résolument la mise en œuvre des conclusions du Dialogue National Inclusif.

Pour les diplomates, il est opportun de mettre en œuvre les réformes prévues concernant la Constitution et le Code électoral et envisager une relecture des textes régissant la Cour Constitutionnelle.

Pour en arriver à ces recommandations, la délégation a écouté toutes les parties. En effet, elle a été reçue en audience par le président de la République et le Premier ministre. Elle a aussi rencontré les représentants des organisations dont le Mouvement du 5 juin – Rassemblement des Forces patriotiques (Rfp), l’Imam Mahamoud DICKO et sa délégation, la Majorité présidentielle au Parlement (Epm), le Cadre d’actions, de médiation et de veille des confessions religieuses et des organisations de la société civile, le Réseau des Femmes parlementaires et la Convergence des Forces Républicaines.

La délégation a également rencontré une délégation d’Ambassadeurs accrédités à Bamako.

T. CAMARA

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