Crise sociopolitique : Le M5-RFP disponible pour le dialogue

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Les contestataires proposent la mise en place d’une transition

Ces derniers jours ont été très mouvementés au siège de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’iman Mahmoud Dicko (CMAS), où les leaders du Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) devaient décider de la suite à donner à leur lutte. S’ils n’ont pas renoncé à leur objectif initial, à savoir la démission du chef de l’Etat, les contestataires proposent, désormais la mise en place d’une transition. L’information a été donnée, hier, lors d’un point de presse au siège de la CMAS.

C’est dire que le M5-RFP n’est pas prêt à lâcher prise. Pourtant, le président de la République a fait montre d’humilité et d’ouverture pour mettre fin à cette crise de confiance entre lui et les responsables du M5-RFP. En témoigne sa décision de faire appliquer l’article 39 pour mettre fin à la grève des enseignants. Ibrahim Boubacar Keïta avait, par la même occasion, réaffirmé sa disponibilité à tout entreprendre pour satisfaire les candidats qui estiment avoir été lésés lors des législatives. Ce n’est pas tout, le chef de l’Etat a également annoncé la mise en place d’un gouvernement d’union nationale.

Apparemment, les réponses du président de la République n’ont donc pas totalement satisfait les leaders de la contestation. Mais leur position a tout de même évolué. Désormais, ils ne ferment pas la porte au dialogue et mettent sur la table ce qu’on pourrait considérer comme des alternatives à la démission du président de la République. En effet, dans un mémorandum, dont la teneur a été livrée par Dr Choguel Kokalla Maïga, le M5-RFP préconise la mise en place d’une transition qui doit intervenir après la «dissolution immédiate» de l’Assemblée nationale et le renouvellement intégral des membres de la Cour constitutionnelle. La mise en place d’un organe législatif de transition et d’un gouvernement de transition, dont le chef «doit être désigné par le M5-RFP», fait également partie des propositions des responsables de la contestation.

Sans compter la multitude de pouvoirs à conférer au futur Premier ministre. Des conditions que les contestataires savent, à la limite, difficilement acceptables pour un président élu dans les règles du jeu démocratique. «Il (le président Keïta, ndlr) ne les acceptera jamais», préjugeaient, hier, certains militants présents à la conférence de presse. Reste à savoir si l’imam Mahmoud Dicko, absent à la rencontre, réussira une nouvelle fois à calmer les militants de la CMAS le 10 juillet prochain, date retenue pour le prochain meeting «si une suite favorable n’est pas donnée au mémorandum».

Le Mouvement se réserve aussi le droit d’engager des actions populaires de désobéissance civile, mais dans une «démarche respectueuse des valeurs démocratiques», ont insisté les animateurs du point de presse qui avait l’allure d’un meeting.

Issa Dembélé

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