Culture : Un projet inspiré de la charte de Kurukan Fuga présenté au Chef de l’État

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Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, coordinateur de l’Union africaine pour les arts, la culture et le patrimoine, a reçu vendredi dernier en milieu de journée, une délégation conduite par l’écrivain guinéen Djibril Tamsir Niane, venue lui présenter un projet inspiré du livre de ce dernier sur « Kurukan fuga », la Charte du Mandé, devant être présenté à la biennale de Luanda en Angola au mois de septembre prochain. La délégation était composée de la styliste Awa Méïté, de Fifi Tamsir Niane, fille de l’écrivain qui porte ce projet, de l’artiste Cheick Tidiane Seck, d’Ali Dao de l’Unesco et de Mbaranga Gasarabwe, représentante spéciale adjointe du secrétaire général des Nations unies au Mali. Ils étaient accompagnés par N’Diaye Ramatoulaye Diallo, ministre de la Culture.
A l’issue de cette audience, qui aura duré plus d’une heure, Djibril Tamsir Niane a confié à la presse son objectif qui, pour lui, était d’accompagner sa fille pour expliquer au président Ibrahim Boubacar Keïta, son projet sur la paix dont la présentation doit être faite à Luanda en septembre prochain. Mais dans ce travail à présenter, précisera-t-il, il y aura une présentation de Kurukan fuga qui est un résumé de l’histoire du Mandé. Selon lui, tout réside dans la Charte de Kurukan fuga où l’institutionnalisation a été donnée à la parenté à plaisanterie et à plusieurs décisions prises et appliquées, mais qui nous régissent jusqu’à présent.
Djibril Tamsir Niane a expliqué qu’il était donc venu demander au coordinateur de l’Union africaine pour les arts, la culture et le patrimoine de prendre le projet en main et d’en faire une initiative africaine, d’abord pour le financement. Mais aussi pour la réalisation réelle de ce spectacle qui doit faire connaître l’Afrique à travers sa tradition orale depuis des siècles. L’écrivain dira que le président Keïta est une vieille connaissance qui les a bien reçus et a bien accueilli ce projet.
D’après lui, il a bien écouté ce qu’il a dit sur Kurukan fuga et s’est montré intéressé par le projet. C’est pourquoi, l’écrivain est convaincu qu’il y accordera l’importance nécessaire.
L’artiste Cheick Tidiane Seck a ajouté qu’il s’agit d’un projet qui sera présenté à la biennale à Luanda pour représenter la culture malienne et l’Afrique à travers cette déclaration des droits de l’Homme avant la Déclaration universelle.
Selon lui, l’objectif de cette rencontre avec le chef de l‘Etat est de créer une synergie de l’Union africaine autour de ce projet pour dire que «nous étions éveillés et fédérés bien avant l’occupation coloniale. Mais également que nous étions une société remplie de paix et de cohésion sociale».
Awa Méïté, pour sa part, a précisé que le projet présenté au chef de l’Etat est dénommé «Oratorio Slam pour la paix» et s’inspire de l’œuvre de Djibril Tamsir Niane sur la Charte de Kurukan fuga. C’est cette œuvre qui sera réinterprétée en pièce de théâtre, a-t-elle ajouté, soulignant que dans cette œuvre, il y a le « sinagouya » et toutes les valeurs africaines qui «nous permettent de parler et de consolider la paix».
«Avec la crise que traversent le monde et le Mali en particulier, nous avons voulu réinterpréter cette façon d’être, de vivre et de penser afin que les cœurs se réconcilient et que les gens puissent apprendre à revivre ensemble», a expliqué Awa Méïté, qui rappellera que c’est un projet porté par Fifi Tamsir Niane, fille de Djibril Tamsir Niane, et que la partie musicale va être coordonnée par Cheick Tidiane Seck et les costumes faits par elle-même avec le coton du Mali. Mais avant la biennale à Luanda, la première présentation de cette pièce va se faire à Bamako à la fin du mois de juillet pour faire honneur au Mali.

Dieudonné DIAMA

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