Dakar-Bamako ferroviaire : LES NOUVEAUX ADMINISTRATEURS INSTALLÉS

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La renationalisation de la Régie des chemins de fer du Mali et du Sénégal, appelée Dakar-Bamako ferroviaire (DBF), prend peu à peu corps. Nommé en juillet dernier, le nouvel administrateur général de DBF, le Sénégalais Kibily Touré et les trois autres administrateurs (dont deux Maliens) ont officiellement pris fonction hier, en attendant la passation de service prévue pour lundi à Dakar. La cérémonie officielle organisée à cet effet a eu lieu à la Direction de cette entreprise transnationale. C’était en présence du ministre des Transports, Soumana Mory Coulibaly et de son homologue sénégalais, le ministre délégué auprès du ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, chargé du Développement du réseau, Abdou Ndéné Sall.
L’installation de cette nouvelle équipe dirigeante intervient après l’échec de plusieurs plans de relance depuis que les Etats du Mali et du Sénégal ont pris la décision, en septembre 2003, de procéder à une «concession globale et intégrale de leurs réseaux ferroviaires nationaux» au profit de Transrail Sa, une société franco-canadienne qui, après plus d’une decennie d’exploitation, a avoué, en 2015, son incapacité à faire face aux charges salariales des centaines de travailleurs que compte  l’entreprise.
A la suite de la résiliation du contrat, une administration transitoire a été mise en place pour la relance de l’activité qui peine à venir. C’est dans ce contexte que la nouvelle équipe a pris fonction et doit s’atteler aux mêmes défis, à savoir la reprise des activités du train et de manière durable.  Une mission dont les contours n’échappent pas  au nouveau patron de DBF, Kibily Touré. « Quels que soient  les efforts que nous ferons, tant que le train et ses activités ne reprendront pas de manière efficiente et rentable, nous n’aurons pas réussi. Nous réussirons le jour où le train commencera à siffler de la manière la plus satisfaisante », a-t-il déclaré avant de dégager quelques préalables méthodologiques nécessaires.
A cet égard, l’enfant de Tambacounda, qui parle bien le bambara, entend entamer les réformes institutionnelles nécessaires comme doter Dakar-Bamako ferroviaire d’un statut juridique en cohérence avec les standards internationaux, et cela, dans le but de faciliter l’obtention de  financement auprès des Partenaires techniques et financiers (PTF).
Un autre chantier qui mérite attention, est selon lui, la définition d’un programme de réhabilitation précis qui tienne compte de l’esprit transnational de l’entité. Il s’agira, enfin, de revoir, l’organigramme afin qu’il soit en cohérence avec les ambitions et les défis, a estimé celui qui pense que «la délégation est l’une des clés de la réussite du pouvoir».
Les défis, a confirmé le ministre malien des Transports, sont à la fois institutionnel, social, infrastructurel et des défis de moyens. En la matière, Soumana Mory Coulibaly estime qu’il faut doter la structure d’un statut juridique adéquat, faire un état des lieux des travaux d’urgence pour une reprise rapide de l’activité d’une part, et un diagnostic plus approfondi pour proposer des schémas à moyen et long terme, d’autre part… «Nous mettrons tous les moyens nécessaires à cet effet pour relever et réussir le défi de la relance de la régie pour une durée de 50 ans», a émis le patron des transports maliens.
Intervenant à la suite du ministre Coulibaly, son homologue sénégalais Abdou Ndéné Sall a fait un bref rappel historique sur la situation qui a conduit à la faillite de  la structure avant d’indiquer que la Banque mondiale et l’Agence française de développement (AFD) restaient  disposées à financer le projet de relance et que des requêtes de financement ont été soumises dans ce sens.
Rappelons qu’après l’éclatement de la Fédération du Mali, la Régie des chemins de fer de l’Afrique de l’Ouest a été scindée en deux compagnies distinctes, la Régie des chemins de fer du Mali (RCFM) et la Régie sénégalaise. Un accord entre le Sénégal et le Mali a déterminé en 1962 les conditions  d’exploitation commune de la ligne par les deux régies.
Cette ligne qui couvre un parcours de 1.287 km, dénommé jadis chemin de fer Dakar-Niger, relie Dakar, au Sénégal à Koulikoro, au Mali. Elle dessert de nombreuses villes du Sénégal (Thiès) et du Mali (Kayes, Kita, Kati, Bamako). Le projet de construction de la ligne de chemin de fer Dakar-Niger  a été élaboré à la fin du XIXè siècle par le général Gallieni, commandant du Soudan français.
L’objectif était de relier le fleuve Niger et le port de Dakar afin de permettre l’acheminement des matières premières vers la métropole. La construction de la ligne sera achevée au début du XXè siècle. Le tronçon Kayes-Koulikoro fut inauguré en 1904 et la totalité de la ligne, Dakar-Koulikoro, en 1924.
Cheick M. TRAORÉ

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