Dépistage du Sida : L’AUTOTEST, UNE RÉVOLUTION

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Cette pratique vise à atteindre des taux élevés de diagnostic du virus de la pandémie

Le projet, qui dure trois ans et demi, permettra de distribuer 150.000 kits d’autotest de dépistage du VIH dans notre pays

L’accès universel au dépistage du VIH, surtout pour les personnes à risque, reste un challenge à relever. Au Mali, environ 40% seulement des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique. C’est dans cette vision globale d’innovation et de diversification de l’offre de dépistage pour inverser la tendance que le projet ATLAS a été lancé, mercredi dernier, à l’hôtel Azalaï (ex hôtel Salam).
La cérémonie était présidée par le ministre de la Santé et des Affaires sociales, Michel Hamala Sidibé, en présence de la directrice pays de l’Onusida, Félicité Nsabimana Ndimira et de la directrice du projet ATLAS, Clémence Aïdara. On notait aussi la participation du secrétaire exécutif du Haut conseil national de lutte contre le Sida (HCNLS), Pr Moussa Maïga, et de plusieurs invités.
Le projet ATLAS est une initiative innovante financée par l’Unitaid et mis en œuvre par le consortium Solidarité thérapeutique et initiative pour la santé (Solthis) et l’Institut de recherche pour le développement (IRD), en partenariat avec le ministère de la Santé et des Affaires sociales et le HCNLS.
Le programme s’inscrit dans une stratégie d’investissements plus globale en vue de promouvoir l’autotest de dépistage en Afrique comme une solution pour atteindre des taux élevés de dépistage du virus de la pandémie. L’autotest est un dispositif oral de détection des anticorps du VIH qui consiste à passer une spatule (baguette) sur les gencives et la plonger ensuite dans un réactif.
Le projet, qui dure trois ans et demi, permettra de distribuer 150 000 kits d’autotest de dépistage du VIH dans notre pays. Selon Clémence Aïdara, il vise à réduire la morbidité et la mortalité dues au Sida, participer à l’introduction et au déploiement à grande échelle de l’autotest, mais surtout à diversifier les canaux de distribution pour atteindre les populations cibles du projet et inciter aux tests de confirmation et traitements.
Pour la patronne de l’Onusida, le projet permettra aussi d’aller au-delà des populations déjà touchées par les programmes existants. «Nous allons remettre des autotests à des personnes qui vont elles-mêmes le remettre à des sujets à risque dans leur entourage qui ne vont au dépistage », a-t-elle détaillé. Dans la philosophie du projet, a-t-elle souligné, l’objectif est d’accompagner la personne dans cette démarche de prise en compte de sa santé.
Le ministre de la Santé et des Affaires sociales a remercié les partenaires de ce projet innovant. Et de prévenir qu’il est indispensable de connaître son statut sérologique pour vaincre la pandémie. Par ailleurs, Michel Hamala Sidibé a indiqué qu’il y a environ un peu plus de 60% des populations vivant avec le VIH qui ignorent leur statut. Selon lui, la stigmatisation, la discrimination et l’exclusion y sont pour quelque chose. Le ministre Sidibé, qui est en terrain connu, a aussi souligné la nécessité de lutter contre la discrimination. «Je continuerai à faire ce plaidoyer pour un monde sans discrimination», a lancé l’ancien directeur exécutif de l’Onusida. En outre, il a relevé que le projet est une stratégie révolutionnaire et le dépistage de proximité nous permettra certainement d’atteindre plus vite les objectifs des «90-90-90» avant de s’appesantir sur l’importance de connaître son statut.
Pour sa part, le secrétaire exécutif du HCNLS a précisé que les statistiques de 2018 indiquent que notre pays enregistre 151. 000 personnes qui vivent avec le VIH, soit un taux d’augmentation de 50% de la population cible. Il a salué l’initiative de cet autotest. Pour lui, c’est un savoir-faire qui permettra d’accélérer le dépistage.
Mohamed D.
DIAWARA

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