Des réformes pour freiner la corruption

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La gouvernance et la corruption demeurent, de l’avis unanime d’experts et de profanes, problématiques au Mali. Elles sont à l’origine de la plupart des maux dont souffre ce pays au potentiel et aux potentialités énergétiques et agropastorales énormes. Et pour espérer sortir de l’ornière, il importe d’enclencher des reformes nécessaires, en prenant des mesures fortes allant dans le sens de l’amélioration de la gouvernance et de la lutte contre la corruption.

En effet, la plupart des indicateurs de gouvernance dans notre pays sont en recul ces dernières années. Selon les citoyens maliens, la note de perception de la corruption publique au Mali est de 32/100 (zéro étant la note la plus faible), estime la note technique élaborée par un pool d’experts en prélude au Dialogue nationale inclusif. Qui ajoute qu’il existe également une forte impression de corruption du système judiciaire et d’application arbitraire des lois et des contrats. Six Maliens sur dix pensent que la corruption a progressé au cours des douze mois ayant précédé le Dialogue national inclusif. Ils étaient deux fois moins nombreux en 2015, corrobore le baromètre mondial de la corruption 2019.

Ce qui fait dire aux experts du Cadre stratégique pour la relance économique et le développement durable (Credd) que la corruption reste perçue comme le principal mal de la gouvernance qui anéantirait la majorité des efforts consentis pour le développement. Elle touche pratiquement l’ensemble des secteurs, notamment la politique, la défense et la sécurité, la santé, l’éducation, la gestion financière et la justice.

Alors que le pays a, depuis un quart de siècle, effectué des études approfondies et organisé de nombreux foras et des ateliers tant sur le plan national qu’international. Rencontres à l’issue desquelles les stratégies nationales, des politiques de long terme, des politiques sectorielles, des politiques régionales et des plans d’action ont été élaborés et mis en application dans tous les domaines de la vie économique, politique et social.

Parmi lesquelles figurent les états généraux sur la corruption et la délinquance financière tenus en novembre 2008. Ces assises ont formulé des recommandations. La création de la Cour des comptes figure au premier plan de ces mesures. Ces assises ont également préconisé la systématisation du recrutement des hauts cadres de l’administration par voie d’appel à candidature. Elles ont aussi prôné la création d’un «Corps d’élite» pour la gestion des directions administratives et financières des départements ministériels et son rattachement au ministère des Finances.

Outre la moralisation de tous les examens et concours dans tous les secteurs, elles avaient insisté sur l’élaboration d’un code d’éthique et de déontologie à l’usage des administrations.

La poursuite volontaire et le renforcement de la mise en œuvre de ces recommandations devraient permettre de renforcer la gouvernance surtout des ressources financières et lutter efficacement contre la corruption.

Cheick M. TRAORÉ

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