Développement de la presse et des Tic au Mali : Dr Hamadoun dévoile ses ambitions

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Le ministre de la Communication et de l’Économie numérique, Dr Hamadoun Touré, poursuit ses visites de prise de contact et d’échanges avec les services centraux et rattachés à son département. Il a rencontré, vendredi dernier, les faîtières de la presse malienne à la Maison de la presse. Celles-ci ont saisi l’occasion pour soumettre des doléances à leur hôte du jour.
Le 1er vice-président de la Maison de la presse a évoqué des problèmes existentiels.

Il s’agit, entre autres, de l’indexation de l’aide à la presse au budget de l’État, de la clarification du tarif fiscal des entreprises de presse, dont les radios et les télévisions, de la dépénalisation du délit de presse, a cité Alexis Kalambry. «Les textes ne sont pas clairs sur la fiscalité et sur les autres modes d’imposition. On se retrouve souvent taxé pour les mêmes prestations à deux ou trois niveaux», a déploré le patron de presse.

En termes d’appui nécessaire pour encourager le travail des journalistes, Alexis Kalambry a suggéré au ministère en charge de la Communication, la possibilité de négocier avec les compagnies de transport pour permettre à un journaliste détenteur de la carte de presse disposant d’un ordre de mission délivré par sa rédaction d’avoir au moins un rabais.

«Si nous avions de tels accords avec les compagnies de transport aérienne et terrestre, avec les hôteliers, cela permettrait à nos organes de diversifier les contenus en allant par nous-mêmes à l’intérieur chercher et produire de l’information», a-t-il plaidé. De même, il est important que la presse bénéficie des rabais sur sa consommation d’électricité et de téléphone qui sont des moyens indispensables dans l’accomplissement de son travail, a insisté Alexis Kalambry.

Abondant dans le même sens, le président de l’Union des radios et télévisions libres du Mali (Urtel) a rappelé le devoir de l’État de doter notre pays d’une presse solide.

«Ce n’est pas en contrepartie d’un geste venant de l’État et de ces détenteurs que l’on doit assujettir le journaliste. L’État a l’obligation d’avoir une presse crédible, solide et responsable. Cela fait partie de ses missions régaliennes», a interpellé Bandiougou Danté, comme pour dire que la presse est un pilier de la démocratie et indispensable à la construction d’un État de droit.

Le président de l’Association des professionnels de la presse en ligne au Mali (Appel Mali) a insisté sur les difficultés liées à la régulation des médias numériques, avant d’attirer l’attention sur la nécessité d’adopter, pour ce faire, un texte à ce secteur. «Nous voulons une loi spécifique, pas de la loi sur la cybercriminalité. Un journaliste n’est pas un cybercriminel. Il y a beaucoup de dispositions dans cette loi qui menacent la liberté d’expression», a alerté Modibo Fofana.

L’occasion était alors opportune pour le ministre de la Communication et de l’Économie numérique de solliciter l’aide et l’accompagnement de la presse. «J’aimerais vous réitérer notre besoin d’être accompagné pendant ce processus, afin que nous puissions vraiment mener à bien cette Transition», a plaidé Dr Hamadoun Touré.

Le ministre Touré avec des représentants
des faîtières de la presse

En réponse à certaines préoccupations soulevées, l’ancien secrétaire général de l’UIT a révélé que son département travaille déjà sur la dépénalisation du délit de presse. Soulignant l’exigence du respect de l’éthique et de la déontologie, il a rassuré : «Je me ferai l’avocat du gouvernement auprès de vous et vice-versa».

Dans la matinée de vendredi, le ministre Touré et sa délégation avaient visité la CEAME, la Poste et l’ANCD. La veille, jeudi après-midi, le ministre de la Communication et de l’Économie numérique insistait sur le rôle «très important » que devrait jouer la Société malienne de transmission et de diffusion pendant cette Transition qui mènera « à des élections transparentes et claires et non contestées». Cela ne se fera pas sans une infrastructure de communication adaptée, a souligné Dr Hamadoun Touré, intervenant aux termes de sa visite dans les installations de cette structure.

En la matière, «nous pourrions faire tout ce dont l’administration aura besoin : vote électronique, transmission électronique des résultats, bonne communication entre les populations et les candidats, cartes d’identité numériques», a soutenu l’ancien patron de Smart Africa.

Il a aussi exprimé son ambition de propulser le Mali dans le Top 10 africain, concernant les quatre volets majeurs en matière de Tic (infrastructures, applications et services, développement du contenu et développement des capacités humaines). Cela, avant la fin de la Transition, espère-t-il.

Pour ce faire, le département peut compter sur la SMTD, a assuré son directeur général. Elle est issue d’une vision globale et intégrée des autorités maliennes de confier l’exploitation des infrastructures de télécommunication, de transmission et de diffusion à une seule structure pour une meilleure gestion, a rappelé Ismaël Togola qui a indiqué que son service est présent sur l’ensemble du territoire national à travers trois sites à Bamako (le Centre émetteur à Kati, la station terrienne de Pont G et la direction sise à l’Aéroport). La structure compte 265 agents, dont 137 repartis à l’intérieur du pays.

Amadou GUÉGUÉRÉ
Babba B. COULIBALY

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