Dialogue national inclusif, Baba Boubacar Keïta, ADP-Maliba : Des remarques pointues et des propositions pertinentes

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À la Commission paix, sécurité et cohésion sociale, l’ADP-Maliba, un parti qui se réclame de l’opposition, est représentée par son secrétaire politique, Baba Boubacar Keïta. À la question de savoir pourquoi l’ADP-Maliba est là alors que l’opposition a décidé de boycotter le Dialogue, notre interlocuteur s’empresse de mettre les points sur les i. «L’opposition, c’est aussi une diversité. Nous sommes une opposition républicaine, c’est-à-dire une opposition constructive. Nous dénonçons ce qui n’est pas bon et nous apprécions ce qui est bon. Et comme nous sommes dans un Dialogue national inclusif, nous n’avons pas voulu être à la marge. Nous sommes venus dire ce que nous pensons de tous les défis auxquels notre pays fait face aujourd’hui», explique-t-il.
Au sein de sa commission, le secrétaire politique de l’ADP-Maliba, professeur de l’enseignement secondaire de son état et titulaire d’une maîtrise en socio-anthropologie, s’est fait remarquer quand il a pris la parole pour évoquer le problème de sécurité dans notre pays. Selon lui, l’un des maillons essentiels de la sécurité nationale, est l’armée. Or, il se trouve que cette armée est aujourd’hui malade du fait de la mauvaise gouvernance. «Une armée est constituée d’hommes, du matériel, du renseignement. Quand nous voyons notre armée maintenant, elle manque de tout ça. Elle est très affaiblie, politisée, etc.

Elle est côtoyée par d’autres forces, comme Barkhane et la Minusma. Il y a aussi les groupes armés (CMA et Plateforme). Toutes ces forces opèrent sur notre territoire. Cependant, il n’y a aucune coordination entre elles», dénonce-t-il.
Le dirigeant de l’ADP-Maliba pense que s’il y a des coopérants français jusqu’à l’état-major général de notre armée, nos militaires doivent aussi avoir des représentants au sein de la force Barkhane et de la Minusma.
Par rapport à la paix, Baba Boubacar Keïta estime que le seul document à notre disposition maintenant, c’est l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. «Cet accord n’est pas parfait. Il n’est pas non plus mauvais. Par exemple dans cet accord, il est prévu le désarmement et la réinsertion des ex-combattants, mais ce que nous voyons sur le terrain, c’est un désarmement sélectif. Je pense que le désarmement doit être total. Après, on passera à la réinsertion de ces ex-combattants», préconise-t-il.
Par ailleurs, le secrétaire politique de l’ADP-Maliba propose qu’au sortir du Dialogue national inclusif, il faudra mettre fin à la transhumance politique dans notre pays, créer un organe unique d’organisation des élections pour éviter les conflits de compétence et surtout contrôler les sources de financement des candidats à l’élection présidentielle. «Supposons qu’un candidat à la présidentielle prenne l’argent des narcotrafiquants, s’il gagne l’élection, c’est le pays qui sera en danger parce que ce président sera sous le contrôle de ces narcotrafiquants», argumente-t-il. Une bonne remarque qui mérite d’être considérée à sa juste valeur.
Madiba KEÏTA

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