Dialogue national inclusif : Propos de congressistes

0
342

À l’issue de la cérémonie d’ouverture, des participants nous ont confié leurs attentes, leurs remarques, leurs suggestions

Pr Younous Hamèye Dicko, président du parti RDS : « Un nouveau départ qui nous permettra de régler nos problèmes »

Cette importante rencontre me paraît absolument nécessaire. Et je pense qu’elle doit être considérée comme une fête nationale. Une fête dans laquelle les Maliens, de toutes catégories, de toutes les régions, vont se retrouver, parler ensemble, faire des résolutions, des recommandations ensemble pour notre Nation. Après cette conférence, ce sera un nouveau départ qui nous permettra de régler nos problèmes.
Le problème principal, c’est la sécurité, ou si vous préférez, l’insécurité qui a envahi l’ensemble du territoire. Il faut qu’on trouve des solutions.
Les solutions, c’est la mobilisation du peuple, c’est le peuple qui doit assurer sa propre sécurité. C’est le peuple qui va extirper de son sein le poison. Le peuple doit extirper de son sein les dangers qui le guettent ; les dangers qui guettent la Nation entière. Je crois qu’il n’y a pas de solution à l’insécurité si le peuple n’y participe pas.

Moussa Mara, ancien Premier ministre, président du parti  Yélèma : « Que les vrais sujets soient abordés »

Mes attentes sont celles qu’elles étaient au début du processus. Moi, j’ai eu la chance, le privilège de participer à toutes les étapes du Dialogue national inclusif. J’ai participé à l’atelier de validation des termes de référence (TDR) personnellement pendant les trois jours des travaux. J’ai participé à l’étape communale pendant les deux jours. J’ai aussi participé à l’étape du district au niveau régional.

Le parti Yélèma va participer à l’étape nationale, c’est pourquoi je suis là aujourd’hui. Les attentes, c’est simplement que les vrais sujets soient abordés et que les solutions les plus profondes soient proposées avec un dispositif d’accompagnement adéquat pour que les recommandations soient mises en œuvre. Le Dialogue n’est pas politique, il est national, c’est l’ensemble des composantes de la Nation qui sont conviées. Évidemment, il faut déplorer les absences, mais cela ne doit pas nous empêcher de nous parler, de discuter des vrais sujets et d’apporter des solutions appropriées.

 

Soumeylou Boubèye Maïga, ancien Premier ministre, président du parti Asma-CFP : « C’est pour aboutir à un consensus sur les principaux défis »

Nous insistons sur le fait que c’est un dialogue entre Maliens ; ce n’est pas un dialogue entre des camps opposés. Tout cela, c’est pour aboutir à l’émergence d’un consensus sur les principaux défis que nous avons à relever.

Je pense que même ceux qui ne sont pas là pourraient s’approprier plus tard les conclusions du dialogue ; c’est cela le plus important. C’est pourquoi, il est essentiel que nous veillions à ce que la dynamique du dialogue soit une dynamique positive et que ses résultats contribuent à rassembler plutôt qu’à nous diviser.

 

 

Attaye Ag Mohamed, délégué CMA : « C’est l’occasion de formuler des recommandations à traduire en actions »

Nous, au niveau de la CMA, on ne refuse jamais le dialogue. Au début, nous avons même participé à la validation des TDR du dialogue. C’est à l’occasion du 22 Septembre dernier que le chef de l’État avait tenu des propos en rapport avec la modification de l’Accord lors du Dialogue national inclusif. Là, nous avons rappelé que l’article 65 de l’Accord dispose que lorsqu’il y a une des parties qui souhaite des modifications, elle soumet sa requête au Comité de suivi de l’Accord (CSA) pour discussions. Mais le dialogue national, c’est un lieu de concertation et de recommandations.

À la suite des discussions avec le gouvernement récemment, on a convenu sur ces principes que nous participerons au dialogue à condition qu’il va aborder toutes les questions, mais il appartiendra aux parties prenantes à l’Accord pour la paix et la réconciliation de juger s’il y a des dispositions qu’il faut modifier. Cela se fera dans le cadre approprié entre le gouvernement et les parties signataires, avec l’accompagnement de la médiation internationale. Donc, c’est un principe acquis, c’est pourquoi, nous répondons à l’appel national de discuter, de dialoguer, d’aborder toutes les questions.

Les discours qui ont été prononcés par le chef de l’État et les autres ont un sens d’appel, d’apaisement, de débats sincères dans la courtoisie. Cette rencontre doit être l’occasion de prendre des recommandations qui peuvent être traduites en actions, et tout de suite pour répondre aux multiples demandes.

Mahamat Saleh Annadif, chef de la Minusma : «J’attends qu’il sorte de la réunion des conclusions consensuelles pour l’avenir du Mali»

Nous les partenaires, les amis du Mali, avons toujours dit que les Maliens ont besoin de se parler. Je crois que cette occasion du Dialogue national inclusif est bien indiquée pour que les uns et les autres puissent venir diagnostiquer leurs préoccupations, se parler entre eux et essayer d’envisager l’avenir au moment où nous sommes dans une période de doute, d’incertitude à travers tout le monde, pas seulement au Mali.

Je crois que pouvoir diagnostiquer ces problèmes et parler, dégager une vision commune est une bonne chose que nous saluons. J’attends qu’il sorte de la réunion des conclusions consensuelles pour l’avenir du Mali.

 

Baba Dakono, chercheur à l’Institut d’études et de sécurité : « Le dialogue ne doit pas être perçu comme une finalité »

Mon impression est que déjà beaucoup de gens convergent vers le Palais de la culture, donc c’est le signe qu’il y a un engouement même s’il n’est pas total, même si l’inclusion n’est pas absolue. On peut espérer qu’au-delà du cérémonial, les débats de fond vont véritablement porter sur des questions essentielles aujourd’hui au Mali.

Aujourd’hui, il y a très peu d’alternatives au-delà de ce dialogue, toutes les autres issues sont incertaines et sont inquiétantes pour la stabilité institutionnelle du pays. Mais le dialogue ne doit pas être perçu pour autant comme une finalité ; ça doit être le début de quelque chose ; le début de l’appropriation nationale de la sortie de crise. Parce que l’impression, jusque-là, c’est que toutes les solutions semblent être parachutées, c’est-à-dire de la communauté internationale, des partenaires bilatéraux du pays qui semblent avoir des idées, des agendas par rapport à la sortie de crise. Mais ce dialogue peut être un tournant décisif pour que les Maliens eux-mêmes s’approprient la sortie de crise et dégagent un agenda. Donc, vous aurez compris que mes attentes, principalement, c’est cette appropriation nationale.

 Propos recueillis par
Massa SIDIBÉ

Laisser une réponse