Doctrines, La foi : Malgré la persécution

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Les narrateurs de la tradition font état souvent des nombreuses difficultés auxquelles s’est heurtée la dernière religion révélée à son avènement. Intervenant dans un contexte où les messages des précédents «avertisseurs» s’étaient obscurcis et altérés pour ne plus laisser «la place qu’à des superstitions et à un culte polythéiste souvent maléfique», les prescriptions de l’islam appelaient les hommes à la reconnaissance du Créateur sans associé, soulignant l’avènement inéluctable du Jugement dernier.
Adressé aussi bien aux humbles qu’aux nantis, le message prophétique bousculait bien des pratiques ancrées depuis longtemps dans les sociétés. Les exhortations à les abandonner ne rencontreront dans un premier temps que des railleries, qui ne tarderont pas à se muer en actes d’hostilités, à mesure que s’élargissait le cercle des adhésions et que s’y joignaient des hommes influents de différentes communautés.

Des outrages à la répression, le seuil du supportable sera rapidement franchi dans la persécution. Il est fait par des commentateurs d’émouvantes relations des multiples souffrances endurées par des hommes et des femmes de conviction au cours de ces sombres années.
Dans cette tourmente, le Messager (PLS) lui-même ne sera guère épargné par les menaces. À son oncle et tuteur que des chefs de tribus étaient allés trouver pour qu’il fasse pression sur son neveu et l’amène à renoncer à ses prêches, le Guide de l’islam aura une réponse sans équivoque. «Par le Tout-Puissant, s’ils plaçaient le soleil à ma droite et la lune à ma gauche, pour me contraindre à renoncer à ma mission, je jure que je n’y renoncerai pas avant de l’avoir conduit au triomphe ou d’avoir succombé». C’est à cette période que le Messager, pour soustraire un certain nombre de fidèles aux persécutions, leur suggèrera de s’exiler.

Cependant, les nantis qui s’acharnaient à vouloir étouffer le message divin poursuivront de leur vindicte ces exilés volontaires jusqu’en terre étrangère. Ils dépêcheront une ambassade à leurs trousses, pour tenter d’obtenir leur extradition. Rapportée par différents historiens, la plaidoirie du porte-parole des exilés, selon la tradition, leur permettra de faire échec à la demande d’extradition auprès du roi chrétien qui les avait accueillis en Abyssinie. «Nous formions une peuplade plongée dans l’ignorance, adorant des idoles, nous nourrissant de charognes, nous vautrant dans la luxure, sans nulle attention aux liens de parenté, ni à ceux du voisinage, le puissant s’engraissant aux dépens du faible», avait-il dit.

Définissant la vraie nature de l’islam, il avait précisé : «Nous croupissions dans cet état jusqu’au jour où le Tout-Puissant nous a envoyé son apôtre qu’il a choisi parmi les nôtres. Nous le connaissions déjà comme étant un homme véridique, fidèle et pur. Il nous a appelés à attester de la divinité unique du Seigneur, de l’adorer et rejeter les idoles, que nous adorions à l’imitation de nos pères.
Il nous a commandé de dire toujours la vérité, de tenir nos engagements, de secourir nos parents, d’aider nos voisins, de fuir à jamais la voie du péché, de nous abstenir de toute effusion de sang. Il nous a formellement interdit de nous livrer à la débauche, de proférer un faux témoignage, de dépouiller l’orphelin de son avoir, d’attenter à l’honneur des femmes. Il nous a commandé de n’adorer qu’Allah, de prier, de distribuer l’aumône, de pratiquer le jeûne». Selon les oulémas, l’observance de telles pratiques ne peut aboutir qu’à la meilleure communauté des hommes.

A. K. CISSÉ

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