Doctrines, Parcours Safa et Marwa : LA PÉRENNITÉ D’UN ACTE INSIGNE DE FOI

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Safa et Marwa désignent deux collines aujourd’hui en partie rasées dans la proximité de la Kaaba à La Mecque, séparées par une distance de moins d’un demi-kilomètre. Cet espace inclus dans le périmètre de la Grande Mosquée de La Mecque, est le site d’un rite essentiel du pèlerinage et de l’umrah. Destiné à être parcouru sept fois à pied par le pèlerin, en partie au pas de course, le parcours commémore la course éperdue d’une mère, Hadjar, à la recherche d’eau dans le désert pour sauver son bébé, Ismaël.
Mention en est faite ainsi dans le Livre saint de l’islam : « As Safa et Al Marwah sont vraiment parmi les lieux sacrés d’Allah. Donc, quiconque accomplit le grand pèlerinage à la Maison ou fait l’Umrah ne commet pas de péché en effectuant le va-et-vient rituel entre ces deux monts. Et quiconque fait de son propre gré une bonne œuvre, alors Allah est Reconnaissant, Omniscient. » (2:158)
C’est cependant vers les recueils de la Tradition prophétique qu’il faut se tourner pour être situé sur cet épisode de la vie du patriarche Abraham, relaté par ailleurs par des sources d’autres religions monothéistes. Les exégètes rapportent ainsi qu’Abraham, accompagné de son épouse et de son bébé qu’elle allaitait, était arrivé à La Mecque à une époque où personne n’y vivait et le lieu, site d’un culte périodique, était dépourvu d’eau. Il les installa près de La Maison sous un arbre qui se dressait près de là. Il les y abandonna, en leur laissant un sac contenant des dattes et une outre d’eau.
– ″Est-ce Allah qui t’a donné l’ordre de te comporter ainsi″, l’interpella son épouse. Suite à son acquiescement, elle déclara : ″Alors, Il ne nous abandonnera pas″. Une fois leur provision d’eau épuisée, elle se rendit à Safa, le mont le plus proche, l’escalada et regarda du côté de la vallée dans l’espoir d’apercevoir quelqu’un, mais ne vit personne. Puis elle descendit, s’engagea dans la vallée, souleva l’extrémité inférieure de son habit, pressa le pas pour traverser la vallée et se rendre au mont Marwa. Après l’avoir escaladé, elle regarda autour d’elle, espérant toujours déceler une présence humaine, mais ne vit personne. Elle parcourut cette distance sept fois, en faisant les mêmes gestes… C’est seulement au bout de la septième traversée de la vallée, que Hadjar fut témoin du jaillissement d’une source, Zamzam, sa foi en un secours du Créateur unique n’ayant fléchi en aucun moment dans ce désert.
Pour le théologien, le parcours accompli par le pèlerin entre ces deux monts peut ″illustrer le sort de l’homme qui, en ce bas monde, se jette d’une illusion à une autre, jusqu’à ce que lui vienne la guidance spirituelle, vers la vraie vie.″
En quittant les siens, le patriarche avait ainsi invoqué pour eux le Tout-Puissant : «ô notre Seigneur, j’ai établi une partie de ma descendance dans une vallée sans agriculture, près de Ta Maison sacrée (la Ka`ba), -ô notre Seigneur – afin qu’ils accomplissent la Salâ. Fais donc que se penchent vers eux les cœurs d’une partie des gens. Et nourris-les de fruits. Peut-être seront- ils reconnaissants. » (14:37).
A. K. CISSÉ

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