Doctrines, Rite : Le souci quotidien de la purification

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Dans le rappel des recommandations qu’ils font souvent aux fidèles, les oulémas insistent sur la place que tient dans les enseignements de l’islam, la notion de pureté. Pour eux, l’homme étant du nombre des créatures corruptibles, il importe que le souci de purification précède et accompagne chacun de ses actes quotidiens, aussi bien dans leurs dimensions spirituelles que physiques, le sacré et le profane. «Le Tout-Puissant aime ceux qui reviennent vers lui, et aime ceux qui s’appliquent à être purs», est-il dit dans le Livre saint de l’islam, tandis que des propos du Messager (PSL) rapportés par divers érudits soulignent que «la purification est la moitié de la foi».

Selon les oulémas, le but de la purification interne requise de l’homme est d’effacer toute transgression commise par polythéisme ou le doute, ou lorsqu’il est sous l’empire de la convoitise, de la rancune, de la supercherie, de l’orgueil ou de l’ostentation. Autant de sentiments inspirés à l’être humain par le Malin. Les oulémas indiquent à ce propos que le fidèle musulman peut y parvenir en se dévouant pour renforcer sa croyance au Tout-Puissant, en s’attachant au bien et en étant indulgent, sincère et modeste, en n’escomptant d’approbation en cela d’aucun être humain.

En évoquant la purification externe, les exégètes rapportent un entretien du Messager avec certains de ses compagnons à qui il s’adressa un jour. «Voulez-vous que je vous indique ce qui absout les péchés et élève en degrés ?». «C’est, répondit-il, lorsque ses compagnons eurent opiné, de bien faire ses ablutions là où il est malaisé de les accomplir, de parcourir de longues distances pour se rendre aux mosquées et attendre la prière à venir après celle déjà accomplie. Voilà ce qui équivaut à la guerre sainte, voilà la meilleure sauvegarde contre les péchés».

La notion de purification revient également en islam lorsqu’il est question de l’aumône obligatoire, l’un des piliers de cette religion. La pratique en a été instituée comme un culte financier qui purifie l’âme et rehausse ses mérites, tout comme il purifie les biens et accroît la richesse. Par cette injonction, il est imposé au fidèle musulman de donner une partie de ses biens, dans ce qui excède ce dont il a besoin pour sa subsistance, afin de purifier ou légitimer ce qu’il garde pour soi. Car selon les oulémas, les possessions de l’homme appartiennent en fait au Tout-Puissant. «Croyez au Seigneur et à son prophète et donnez des biens que le Tout-Puissant vous a accordés», enjoint le Texte sacré.

Il est rapporté à cet effet, la réplique d’un berger au sujet de son troupeau. «à qui appartiennent ces animaux ?» lui avait-il été demandé. «Au Tout-Puissant, dira-t-il, mais ils sont entre mes mains». En faisant le lien entre cette acception et l’imposition du culte de l’aumône, les oulémas rappellent cette recommandation coranique : «Prélève de leurs biens une Sadaqa par laquelle tu les purifies et les bénis, et prie pour eux. Ta prière est une quiétude pour eux». (9-103) Mais là aussi, il est donné à l’individu la liberté de choisir sa voie. «Par l’âme et la puissance qui l’a façonnée, qui lui a donné la notion du bien et du mal, celui qui se purifie sera heureux, et celui qui se souillera sera reprouvé» (91-7) est-il dit à ce sujet.

A. K. CISSÉ

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