Échalote de Bandiagara : Validation de l’étude de reconnaissance en indication géographique

0
131

Les paysans du Cercle de Bandiagara produisent 78.000 tonnes d’échalote par an

L’atelier d’examen et de validation des études pour la reconnaissance de l’échalote de Bandiagara en Indication géographique (IG) se tient depuis hier au Centre malien de promotion de la propriété industrielle (Cemapi).

L’objectif de cette séance de deux jours est de permettre au Cemapi, en tant que structure nationale de liaison de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), de délivrer le certificat d’enregistrement en IG, de valider ces études avant de les transmettre à l’OAPI qui sera chargée d’examiner et de valider le certificat d’enregistrement en Indication géographique.

Cette locution désigne une marque, une appellation ou un symbole appliqué à certains produits ou services qui correspond à une localisation géographique ou à une origine spécifique (par exemple une localité, une région ou un pays). En effet, l’échalote de Bandiagara «Bandiagara Jaba» est un produit du terroir de Bandiagara.

Il a un fort potentiel pour être valorisé par une Indication géographique. L’aire géographique concernée par ce projet de label est le plateau Dogon, une zone de production de l’échalote. Cette aire s’étend approximativement sur 10.000 km, explique une note d’information mise à la disposition de la presse.

Le président de la Fédération des producteurs et transformateurs d’échalote dans le Cercle de Bandiagara a fait savoir que 18 communes de sa localité cultivent l’échalote. Ils en produisent 78.000 tonnes par an, malgré le problème d’eau et de terres agricoles, a précisé Seydou Kéné. «Nous transportons de la terre sur les collines et nous emménageons des espaces pour cultiver les échalotes.

Ces produits sont revendus en Côte d’Ivoire, en Guinée, transportés en Italie après transformation. Ils en font des croquettes sous forme de biscuit», a-t-il expliqué. D’où la nécessité de soutenir ces producteurs. À ce propos, la directrice du Cemapi a déclaré que cette étude a été réalisée dans le cadre du processus d’accompagnement de la Fédération des producteurs d’échalote de Bandiagara en vue de la labélisation de ce produit (IG). Selon Mme Fatoumata Siragata Traoré, le processus a démarré en 2010. «Le projet avance très bien.

Nous sommes en phase déterminante. L’octroi de titre de propriété à cette communauté dépendra de la qualité des documents soumis à l’OAPI, qui sont aujourd’hui à notre examen», a affirmé la directrice générale du Cemapi. Pour Mme Fatoumata Siragata Traoré, ce produit qui fait vivre des milliers de producteurs a un fort potentiel commercial qui peut booster le développement local de cette région.

Car, a-t-elle soutenu, chaque produit est lié à son terroir. «Aujourd’hui, nous voulons faire la promotion de l’échalote de Bandiagara à travers le monde. Nous avons des produits qui jouissent d’une qualité et d’une réputation liée au terroir et au dynamisme de leurs populations», a noté la patronne du Centre malien de promotion de la propriété industrielle.

Dans l’espace de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle, il existe trois IG enregistrés que sont le poivre de Penja et le miel blanc d’Oku au Cameroun, et le café Ziama Macenta en Guinée. Pour le cas du Mali, membre de cet espace, le Cemapi s’est engagé à accompagner la Fédération des producteurs d’échalote de Bandiagara pour sa labélisation en Indication géographique.

Babba B. COULIBALY

Laisser une réponse