École militaire interarmes : LA 40è PROMOTION COMPTE 86 OFFICIERS

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La promotion porte le nom de Feu Colonel Ousmane Coulibaly, décédé en décembre 2018 après une brillante carrière au sein de l’institution militaire. 

Le président de la République, chef suprême des Armées, Ibrahim Boubacar Keïta, a présidé, samedi dernier au Centre d’instruction Boubacar Sada Sy de Koulikoro, la cérémonie de baptême de la 40è promotion de l’École militaire interarmes (Emia).

C’était en présence du Premier ministre Boubou Cissé et du ministre de la Défense et des Anciens combattants, le général Ibrahim Dahirou Dembélé.

Cette promotion compte 58 éléments pour le cycle ordinaire, 18 pour le cycle d’adaptation et 10 pour le cycle spécial. Parmi ceux-ci, il y a six femmes et 10 éléments venant du Burkina Faso, du Niger, du Togo, de la Guinée-Conakry et de la Côte d’Ivoire en raison de 2 par pays. La promotion porte le nom de Feu Colonel Ousmane Coulibaly, décédé en décembre 2018 après une brillante carrière au sein de l’institution militaire.

La cérémonie a été marquée par la remise des sabres et épaulettes aux jeunes officiers

Selon le colonel Yacouba Traoré, commandant du Centre d’instruction Boubacar Sada Sy, le centre regroupe en son sein trois écoles de formation militaire de missions diverses : l’Ecole d’état-major national, l’Ecole militaire d’administration (Ema) et l’École militaire inter armes (Emia). Cette organisation originelle, a expliqué le colonel Traoré, a évolué au fil des ans.

Depuis 2013, elle accueille la branche opérationnelle de la mission d’entraînement de l’Union européenne au Mali. Et cette année académique a vu l’introduction d’une réforme profonde à l’Emia.

La formation des élèves officiers d’active est passée de trois à deux ans et de nouveaux cycles ont été ouverts, à savoir le cycle d’adaptation et celui de réadaptation. Pour le commandant du Centre, ces évolutions impulsées par la haute hiérarchie et mises en œuvre sont la matérialisation réelle de leur volonté de relever les défis sécuritaires du moment et d’anticiper sur l’évolution probable de la menace.

«Les promotions sortantes, qu’il s’agisse du cycle d’adaptation, du cycle spécial ou du cycle ordinaire des trois ans ont tous suivi une formation intense, faisant d’eux des officiers capables de conduire des hommes sur les théâtres d’opérations…», a assuré le colonel Yacouba Traoré, invitant les jeunes officiers à s’auto-former afin de mettre à jour les connaissances acquises et d’en acquérir de nouvelles.

Pour sa part, le chef d’état-major général des Armées, le général Abdoulaye Coulibaly, dira que cette cérémonie consacre la fin de l’enseignement militaire, académique et pratique pour les jeunes officiers. Et c’est aussi le début pour eux, d’une carrière professionnelle au service de la nation. «Vous entamez une carrière d’officiers au moment où notre pays fait face à une guerre à gagner…», a-t-il souligné, invitant les jeunes officiers à être dignes de leur parrain qui a incarné l’ensemble des qualités qui font l’étoffe d’un grand chef militaire. Il les a exhortés à être des officiers intransigeants avec la discipline, exemplaires dans l’accomplissement de leurs charges et soucieux de réussir les missions à eux confiées.

DIGNES DU PARRAIN 

A l’issue de la cérémonie, le chef de l’État a exprimé sa grande émotion. «Notre armée nationale aujourd’hui a rendu hommage à un officier de mérite, un officier hors pair, un homme tout de loyauté, d’un patriotisme ardent, qui, tout au long de sa vie, aura été un modèle», a-t-il déclaré, exhortant la promotion à être digne de son parrain, même s’il est vrai qu’il n’est pas facile d’être dans les traces du colonel Ousmane Coulibaly, qui fut «un homme de bien aux mérites avérés».

«Aujourd’hui, la jeune promotion qui a été baptisée sous nos yeux est de belle facture. Je lui souhaite le plus bel avenir dans le métier des armes en un temps où le défi qui est fait aux enfants du Mali est singulier. Rarement, les forces armées d’un pays auront été devant un défi aussi asymétrique, aussi pernicieux, aussi vicieux», a dit le chef suprême des Armées, qui a salué «ces hommes et femmes qui se dédient chaque jour, chaque nuit dans l’obscurité la plus absolue, dans les conditions les plus improbables et impossibles, à tenir leur rôle de défense de l’intégrité territoriale et de la patrie».

Pour le président Keïta, cela est à leur mérite et «c’est à cela que nous avons vu se dédier ce matin des jeunes officiers de l’armée malienne».

Le chef de l’État a avoué que c’est un signe de courage, de bonheur et d’espérance pour le Mali. C’est pourquoi, il a demandé aux jeunes d’être à l’écoute de leurs supérieurs, de savoir que ce métier qu’ils ont choisi n’est pas de tout repos et qu’il leur faudra chaque jour se surpasser, donner encore plus pour être à hauteur de situation et de mérite.

«Nous ne sommes pas en temps de paix. Il y a des attitudes et des comportements que l’on pouvait avoir en temps de paix, qui ne sont plus de mise aujourd’hui. Chaque seconde doit être de vigilance absolue car celui qui nous guette, qui a le mauvais dessein, qui est porteur du mauvais projet est à l’affût de la moindre de nos faiblesses», a insisté le chef de l’État, qui a rappelé avoir reçu il y a quelques jours, le commandant de la Force Barkhane, le général Blachon qui lui a dit toute l’estime en laquelle il tient les FAMa, spécialement ceux qui se trouvent dans le Gourma.

Ibrahim Boubacar Keïta a souligné que les FAMa sont également à l’œuvre dans la région de Mopti pour rassurer les populations. Il a donné l’assurance qu’il ne ménagera aucun effort, de quelque ordre qu’il fût, pour que l’armée malienne soit à hauteur de situation, d’engagement et de capacité de défense nationale.

Le major de la promotion est notre compatriote, le sous-lieutenant Adama Tessougué qui a obtenu 16,73 de moyenne. La cérémonie a été marquée par la remise des sabres et épaulettes aux jeunes officiers, la biographie du parrain, la chorégraphie et le chant de la promotion, le défilé des troupes et une photo de famille faite avec le chef suprême des Armées.

Envoyés spéciaux
Dieudonné DIAMA et Oumar DIOP

 

Feu colonel Ousmane Coulibaly : UN BRILLANT PARCOURS

Après avoir fréquenté l’école régionale de San puis l’école militaire préparatoire de Kati (actuel Prytanée militaire de Kati), Feu Colonel Ousmane Coulibaly a été incorporé dans l’armée française comme engagé volontaire le 21 octobre 1956 pour une période de 5 ans.

Il gravit rapidement les échelons pour accéder au corps des officiers en 1961. Après des stages en France et à Moscou, il occupera plusieurs fonctions.

Il fut directeur des premiers pelotons d’élèves caporaux et d’élèves sergents du Mali à Ségou, commandant d’armes, commandant de compagnie et chef d’arrondissement de Tessalit, commandant d’armes, commandant de bataillon, commandant de cercle de Kidal, commandant d’armes, commandant de la Zone de défense n°3.

Il fut ensuite adjoint au chef d’état-major de l’armée de terre, adjoint au chef d’état-major des Armées, chef d’état-major de l’armée de terre et chef d’état-major général des Armées.
Le colonel Ousmane Coulibaly a fait valoir ses droits à la retraite le 31 décembre 1998. Il est décédé le 22 décembre 2018.

D. D.

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