Éducation au Mali : Les syndicats décident de suspendre les activités pédagogiques

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Les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 ont décidé de suspendre les cours et les autres activités pédagogiques (formation, correction, surveillance, boycott des examens) à partir de ce lundi 17 août sur toute l’étendue du territoire national. À cela s’ajoute la fermeture de toutes les structures de l’éducation nationale : établissements scolaires, CAP, académies, directions nationales. Les syndicats invitent les différents secrétaires généraux à prendre toutes les dispositions nécessaires pour l’exécution correcte de ces mesures.

Cette décision a été annoncée, samedi dernier, lors d’une conférence de presse, tenue à la Maison de l’enseignant. Un seul sujet a été abordé lors de cette rencontre avec les journalistes : l’évolution et la mise en oeuvre du procès-verbal de conciliation relatif à l’application de l’article 39 de la loi n° 2018- 007 du 16 janvier 2018, portant Statut du personnel enseignant des enseignements secondaire, fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale.

Rappelons que le procès-verbal de conciliation avait été signé le 17 juin dernier entre le gouvernement et les Syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 pour mettre fin à la crise scolaire qui a duré plusieurs mois. Depuis, les syndicats d’enseignants constatent une lenteur dans la mise en œuvre de cet accord et «notent avec amertume une tentative de tripatouillage du procès-verbal de conciliation, en dépit des instructions données par le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta pour une application immédiate, pleine et complète de l’article 39».

«Nous constatons d’ores et déjà que pour le mois d’août l’alignement n’est plus possible et si rien n’est fait dans une semaine, le mois de septembre sera sérieusement compromis. C’est pour cette raison que nous avons adressé une lettre de rappel au Premier ministre le 7 août dernier», a indiqué Ousmane Almoudou, l’un des leaders syndicaux. Dans la correspondance adressée au Premier ministre, les syndicats de l’éducation expriment leur inquiétude face à la situation (voir L’Essor du lundi 10 août dernier).

Les conférenciers ont assuré avoir fait plusieurs investigations qui leur ont permis de savoir que le dossier se trouve au niveau de la direction des ressources humaines du secteur de l’éducation. À la suite de ces démarches, le secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale a convié les syndicats à une réunion d’urgence, le jeudi 13 août. À la lecture du projet de loi envoyé à la Primature, les syndicats ont constaté que deux nouveaux articles ont été ajoutés au document. Le premier article porte sur l’intégration du personnel non enseignant et les modalités d’intégration, tandis que le deuxième concerne la modification de la grille salariale 2019.

La rencontre avec le secrétaire général du département en charge de l’Éducation a permis de faire des corrections, sans toucher à l’article 39. Les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 pointent du doigt certains agents du ministère de l’Éducation nationale, coupables à leurs yeux, d’avoir modifié certains articles de la loi n° 2018-007 du 16 janvier 2018. Ils demandent que des sanctions soient prises contre ceux qui tentent de «torpiller l’accord et conformément aux textes en vigueur». «Nous demandons le respect strict du délai d’application de l’article 39 et mettons en garde contre une quelconque modification de cette loi», ont insisté les conférenciers.

Pour mémoire, le procès-verbal de conciliation signé entre le gouvernement et les Syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 stipule : «Les parties ont convenu de fixer la date d’application de leur accord sur le salaire du mois d’août 2020 avec le rappel des arriérés de 2020.Toutefois, en cas de difficultés, le payement interviendra sur celui du mois de septembre 2020. Pour ce qui concerne les arriérés de 2019, le payement interviendra un mois après l’alignement ou au plus tard celui qui suivra ce dernier».

Sidi Y. WAGUÉ

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