Élection présidentielle : UN COLLECTIF DE CANDIDATS MONTE AU FRONT

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La déclaration du collectif a été lue par le candidat Soumaïla Cissé


Alors que les résultats provisoires du premier tour de la présidentielle ne sont pas encore validés par la Cour constitutionnelle, dix-sept candidats parmi les 24 qui se sont présentés, sont mécontents et l’ont fait savoir devant les journalistes, hier à la Maison de la presse. Dans une déclaration, ces candidats qualifient cette élection présidentielle de «mascarade électorale». «Cartes d’électeur indisponibles dans de nombreux bureaux de vote», «fichier électoral mis en ligne vicié», «trafic de procurations» sont entre autres griefs soulevés par ces candidats.
Dans une salle surchauffée, Soumaïla Cissé, chef de file de l’opposition et candidat de l’URD à la présidentielle, délivre la teneur d’une déclaration commune: «les résultats provisoires annoncés ne reflètent pas le vote des Maliennes et des Maliens ! Ils ne sont ni sincères ni crédibles. Ce sont des résultats manipulés que nous dénonçons avec force». Le ton est rugueux, comme le 31 juillet dernier, où, dans cette même salle, ces candidats étaient montés au créneau pour dénoncer les tares du scrutin, avant même la proclamation des résultats provisoires.
A l’occasion, ils avaient fait remarquer que le scrutin avait été «émaillé de graves et multiples anomalies sur l’ensemble du territoire national». Hier, ces candidats sont revenus à la charge pour exiger la publication de la liste exhaustive des bureaux où le vote n’a pas pu se tenir et du nombre d’inscrits concernés.
«Tant que cette liste n’est pas connue et vérifiée par les missions d’observation, le pouvoir peut en toute impunité produire des résultats dans des bureaux de vote officiellement ouverts mais dans lesquels les électeurs ne se sont pas rendus faute de sécurité», écrivent-ils dans leur déclaration.
Ils exigent également le recomptage contradictoire des voix et la publication des résultats bureau de vote par bureau de vote, une clarification sans ambiguïté de la communauté internationale et du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation au sujet du fichier électoral mis en ligne par la DGE, une vérification contradictoire du logiciel de compilation, la publication du rapport de la CENI sur le 1er tour et la publication de la situation réelle du vote par procuration. .
Outre la requête commune récusant six des neuf juges de la Cour constitutionnelle, le collectif des candidats «exige la démission du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation». «Si ces conditions ne sont pas remplies et si chacun ne prend pas toutes ses responsabilités, nous en tirerons toutes les conséquences. Le pouvoir sortant en portera l’entière responsabilité», menacent-ils. Aussi, exhortent-ils la communauté internationale à prendre ses responsabilités.
Ces candidats comptent tenir aujourd’hui un grand meeting de protestation au palais de la Culture.
Issa DEMBéLé

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