Embargo Cedeao : La filière bétail stoppe les exportateurs

0
136

«Nous pensons qu’avec notre réaction nous pouvons alléger l’embargo sur notre pays, surtout le flux financier. Nous leur avons dit qu’on ne peut pas emmener les animaux, sinon l’argent issu de la vente des animaux ne peut pas revenir au Mali.» C’est en ces termes que le président de la Fédération nationale des groupements interprofessionnels de la filière bétail viande au Mali (Febevim) justifie la décision de son organisation de suspendre l’exportation du bétail malien dans les pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Contacté hier, Aboubacar Ba précise que l’objectif est d’amener l’organisation sous-régionale à reconsidérer sa position, en adoucissant ses sanctions contre notre pays.

Cette décision, selon certaines indiscrétions, serait motivée par le fait que certains pays voisins bloquent, en application des sanctions de la Cedeao, les véhicules de transports maliens aux frontières, en laissant passer du bétail venu de notre pays.

Rappelons que l’organisation commune aux 15 états de l’Afrique de l’Ouest a, le mardi 18 août, décidé de la fermeture de toutes les frontières terrestres, aériennes et maritimes de ses pays membres avec le Mali. Elle a également suspendu toutes les relations économiques, financières et commerciales avec notre pays. Cela, pour exiger et la libération immédiate de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta et de son Premier ministre et le retour à l’ordre constitutionnel.

Toutefois, le sommet des chefs d’état, tenu jeudi par visioconférence, a soustrait du champ de l’embargo les denrées de première nécessité, le carburant, l’électricité, les médicaments. Des produits dont la pénurie impacterait directement la vie des populations.

Ainsi, pour atteindre cet objectif visant à suspendre les exportations de bétail vers les pays de la Cedeao, le président a, dans un communiqué rendu public le 21 août dernier, invité les présidents des Unions régionales de la filière bétail viande du Mali à prendre toutes les dispositions nécessaires «pour empêcher tout chargement, tout convoyage de bétail en direction des pays de la Cedeao».

à cet effet, des instructions ont été données aux responsables des marchés à bétail de Fassou à Kayes, ceux de Kati, Fana, Nara, Niamana dans la Région de Koulikoro. Afin, ajoute le communiqué, de prendre toutes les dispositions pour empêcher les commerçants de bétail ressortissants des pays membres de la Cedeao de venir s’approvisionner sur leur marché. Les responsables des marchés à bétail de Bougouni, Niena, Koury, Zégoua, Koutiala (dans la Région de Sikasso), Boussin, Yolo, Fatinè, Niono, Ségou, Konobougou (Région de Ségou) et Kona, Fatoma, Djenné, Sofar (Région de Mopti) ont été invités à faire de même.

Ces mesures légitimes prises par nos opérateurs économiques peuvent avoir un impact certain sur le quotidien de certains de nos voisins qui dépendent fortement de nos exportations de bétail. à titre d’exemple, notre pays a exporté, en 2019, 211. 873 bovins, 500. 890 ovins, et 101. 942 caprins dans la zone de la Cedeao, souligne le président de la filière bétail et viande au Mali.

Ajoutant que la valeur marchande des exportations de bétail était, sur la même période, estimée à plus de 91 milliards de Fcfa, contre 4 milliards de Fcfa pour les peaux et cuirs.
à cet égard, ces pays «ont besoin de notre bétail et nous avons besoin de leurs ports et de leur ouverture» martèle Aboubacar Ba.

Le Mali est le deuxième producteur de cheptel de la Cedeoa en termes de nombre, après le Nigéria, et premier dans la zone Uémoa.

Babba B. COULIBALY

Laisser une réponse