En visite à Rome : Le chef de l’état confirme le cercle vertueux de l’agriculture malienne

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C’était à l’occasion de la 43è session du Conseil des gouverneurs du Fonds international de développement agricole (FIDA)

Le Mali entre «doucement mais résolument» dans un cercle vertueux, en matière d’agriculture, avec une production de 10 millions de tonnes de céréales et une performance record pour le coton cette année, a déclaré, hier à Rome, le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, devant la 43e session du Conseil des gouverneurs du Fonds international de développement agricole (FIDA).
Cette performance, une production, sans précédent, est due, «en plus des subventions structurantes à l’agriculture, à la mesure volontariste que nous avons instruite d’allouer 15 % du budget national à ce secteur, bien plus donc que ce que la décision de Maputo demandait», a indiqué le président Keïta, ajoutant que le mérite de ces efforts revient aux producteurs maliens. «Les performances ainsi obtenues le sont parfois dans la peine. On peut même dire que, dans certaines zones, elles s’obtiennent dans des conditions parfois tragiques, où cultivateurs et éleveurs abandonnent qui les champs, qui les pâturages, à des hordes de malfaisants, qui ne reculent devant aucune horreur, pour terroriser, martyriser, verser le sang au nom de l’islam et ce dans un pays dont l’islam, à partir de Tombouctou, a irradié le monde», a-t-il expliqué. Le président de la République, qui s’est dit comblé d’être présent devant les gouverneurs du FIDA, a loué la mission cruciale de l’organisation internationale. «Le peuple du Mali s’honore de la sollicitude du FIDA pour son assistance et l’impact de ses interventions sur les jeunes, les femmes et les populations rurales du Mali», a-t-il déclaré.

L’intervention du président Keïta a été suivie d’une conférence de presse

SIGNAL FORT- «C’est là le témoignage d’un partenariat de qualité entre le Mali et le FIDA», a poursuivi Ibrahim Boubacar Keïta qui a rappelé que le FIDA finance, au Mali, des projets pour 285 millions de dollars dans des secteurs aussi divers que l’agriculture, l’agroforesterie, l’élevage, la pêche, l’hydraulique, la santé liée à la nutrition, l’éducation, le désenclavement, l’équipement rural et l’agricole, le financement agricole, la lutte contre la pauvreté.
Pour le chef de l’État, le Mali n’est pas «au mieux de sa forme», mais «le Mali ne baissera pas les bras». «Nous saignons, mais nous vaincrons», a lancé Ibrahim Boubacar Keïta.
L’intervention du président Keïta a été précédée par plusieurs autres allocutions dont celle du président du FIDA, Gilbert Houngbo qui a qualifié la présence du président du Mali de «signal fort pour les valeurs de solidarité» que les partenaires et les pays défendent en faveur des populations. Il a ajouté avoir été témoin  de la résilience du peuple malien qui est aussi un rappel «à notre mission de créer les conditions de prospérité pour les générations actuelles et  futures». M. Houngbo  a eu une pensée pour la jeunesse, les femmes et les populations rurales maliennes.
La conférence de presse conjointe qui a suivi, a été du même ton quand le chef de l’État malien, en réponse à une question sur le changement climatique,  a indiqué que le Mali vit le phénomène, «singulièrement dans le Centre (du pays) qui connaît un bouleversement des cycles habituels de dégradation des terres». Ce qui a réveillé des problèmes latents conduisant à des morts d’hommes. Pour Ibrahim Boubacar Keïta, le lien entre le changement climatique et la vie des hommes est plus que patent et c’est faute de  ne pas l’avoir planifié que nous en subissons, de plein fouet, les conséquences.
Selon lui, la raréfaction de l’État a laissé la place à «des invités non désirés» qui prétendent le suppléer, rendant ainsi le danger terroriste plus que réel. Dans ce contexte, les projets du FIDA aident l’État à redonner confiance aux populations face aux visées criminelles pour occuper les zones abandonnées par les producteurs.
Pour le chef de l’État, le Mali «est en devoir et en mission pour le monde» face au terrorisme qui est un problème de survie du Sahel et du monde, d’où sa référence à l’image de la digue que constitue le Mali «qui ne demande qu’une solidarité intelligente et non la charité. Il est temps que la solidarité soit comprise», a plaidé le président Keïta.
En provenance d’Addis-Abeba, en Éthiopie, Ibrahim Boubacar Keïta est arrivé, lundi, dans la nuit, à Rome, en Italie, où il a été accueilli sur le tarmac de l’aéroport militaire Ciampino, par l’ambassadeur du Mali, Aly Coulibaly et un haut fonctionnaire du FIDA ainsi qu’un officiel italien.

Envoyé spécial
Moussa DIARRA

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