Entrepreneuriat : L’appui précieux de Kafo Jiginew aux femmes teinturières

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Cette teinturière a reçu la visite de la délegation du Kafo Jiginew

Le travail battait son plein dans l’atelier des teinturières de Missabougou. Au moment où ces spécialistes des teintes recevaient la visite d’une forte délégation de Kafo Jiginew, qui envisage d’appuyer bon nombre d’exploitants agricoles et d’entrepreneurs maliens, à travers un prêt de plus de 6 milliards de Fcfa octroyé par la Banque européenne d’investissement (BEI).
Ces acteurs financiers venaient s’enquérir de leurs conditions de travail et des résultats obtenus grâce au crédit qui leur avait été auparavant accordé. En cette matinée ensoleillée, au moins une trentaine de femmes rivalisent d’ardeur dans la coloration.
Fatou Sacko, la quarantaine révolue, visage caché par un masque qui laisse entrevoir des yeux concentrés, s’affaire. Elle tient dans sa main un sceau plein d’un liquide noir. Les pieds engloutis par des bottes, cette teinturière élancée va et vient entre les baignoires et les égouts, pour vider le récipient de son contenu. Fatou témoigne : « Grâce à ce travail, je suis autonome financièrement. Les 5.000 Fcfa que je gagne tous les jours me permettent de contribuer aussi aux dépenses de la famille ». Comme elle, Sitan Traoré, teint noir, est une autre teinturière. Elle a derrière elle 15 ans de dynamisme consacré aux bazins et à la teinture artisanale du bazin. Adossée à une table, le regard timide, cette trentenaire se considère aujourd’hui comme une femme épanouie financièrement grâce à ce savoir artisanal, hérité de sa tante. « En plus de prendre en charge mes enfants, j’ai pu construire une maison pour mes parents », révèle-t-elle, avant d’ajouter que son rêve est d’être à la tête de sa propre entreprise.
Comment se passe la gestion d’un atelier aussi dynamique qui emploie un si grand nombre de personnes ? La réponse se trouve avec notre cheffe, entend-on sur toutes les lèvres. En effet, il s’agit de Natoma Koné, la dame au rire inextinguible. Une dame de fer ? Non. Aucune rigidité, aucun autoritarisme dans la gestion, précise ses consœurs.
Arborant un foulard noir, la voix tranquille, Natoma porte deux boucles d’oreille argentées qui balancent au gré du vent qui souffle légèrement.
« Alhamoudouliah ! Nous n’avions que l’atelier de N’golonina. Mais aujourd’hui, nous voilà à Missabougou. Grâce à Kafo Jifginew, on a pris notre envol. Au début, on nous a prêté 10 millions de Fcfa. Actuellement, on peut contracter 80 voire 100 millions de Fcfa de dette. Nous avons deux grandes boutiques. Nous envoyons des habits partout dans ce vaste monde », informe-t-elle.
Après la visite de l’atelier des teinturières à Missabougou, la délégation de Kafo Jiginew a mis le cap sur Kassela pour voir comment évolue la coopérative de production laitière « bagan yiriwa ton».
D’après le gérant de la coopérative, le partenariat avec Kafo Jiginew est vieux d’au moins vingt ans. « Grâce à Kafo Jiginew, qui nous a prêté 100 millions de Fcfa, nous avons pu avoir trois véhicules qui servent à transporter le lait depuis les sites de traite pour ensuite le distribuer au niveau des points de vente », informe Adama Dembélé.
Cette coopérative produit au moins 3.500 litres de lait par jour. Le litre de lait frais y coûte 400 Fcfa et le lait pasteurisé est vendu à 450 Fcfa.
Richard Willis, le porte-parole de la BEI, s’est réjoui de cette visite qui lui a permis de voir le rôle et l’importance de Kafo en milieu rural.
Lassana NASSOKO

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