Fahad Ag Almahmoud de la Plateforme : « Il faut poser la pierre angulaire d’un État digne de ce nom »

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Le coup d’État emmené par un groupe de militaires à partir de la garnison de Kati appelle une nouvelle distribution des cartes. Les défis demeurent entiers pour un pays encore en proie à une insécurité grandissante, notamment en sa partie septentrionale et centrale.

Pour le président de la Plateforme des mouvements du 14 juin 2014 d’Alger et secrétaire général du Gatia, Fahad Ag Almahmoud, «ce qui s’est passé était prévisible». «Tout le monde s’y attendait. Nous avons assisté durant des mois à un radicalisme non seulement au niveau du régime mais aussi chez l’opposition. Alors, il n’est pas étonnant qu’un troisième groupe vienne siffler la fin de la récréation», analyse-t-il.

Le président de la Plateforme des mouvements du 14 juin 2014 d’Alger estime qu’il est très tôt pour avoir une visibilité sur l’évolution de la situation. «À quelque chose, malheur est bon. Le changement peut porter le germe de la paix mais à condition que les choses soient bien faites. Nous attendons de prendre connaissance de la feuille de route de la junte pour apprécier sa capacité à conduire les réformes nécessaires à la refondation de l’État», ajoute Fahad Ag Almahmoud pour qui «il est indispensable de poser la pierre angulaire d’un État digne de ce nom».

L’objectif ultime des nouveaux dirigeants, pour lui, doit être la réconciliation nationale. «Si j’ai un conseil à donner aux leaders de la transition, c’est de faire en sorte que les Maliens se retrouvent, se parlent et font front commun», indique le secrétaire général du Gatia, mouvement armé signataire de l’Accord d’Alger.

Il ajoute que la mise en place des instruments de la refondation de l’État passe par une feuille de route très précise. «Les militaires ont clairement indiqué qu’ils reconnaissent l’Accord d’Alger et qu’ils sont disposés à le mettre en application. Mais faudra-t-il avoir un gouvernement pour ce faire ! Donc, il faut d’abord mettre en place les instruments avant de pouvoir s’attaquer aux vraies difficultés du terrain», analyse Fahad Ag Almahmoud.

Ahamadou CISSÉ

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