Fait divers : Victime de watsapp

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Accroc au smartphone, la jeune femme semblait accorder plus d’importance au réseau social qu’à son époux jaloux. Elle a fini par y perdre la vie

Inutile de nous attarder sur l’importance du téléphone portable et des applications qui y sont contenues. La médaille a son revers. Surtout lorsque cet outil de communication est abusivement utilisé. Il y a quelques semaines de cela un couple vient d’en faire les frais à Kalabanbougou dans la commune rurale du Mandé.

« D », l’époux et sa nouvelle mariée « AD » venaient de s’unir pour le meilleur et pour le pire depuis peu. Comme toutes créatures, ces deux individus avaient eux aussi leurs défauts. Si le mari est connu pour sa jalousie maladive. La jeune fille, elle a un penchant prononcé pour la communication avec ses correspondants sur l’appli Whatsapp des Smartphones. Sa situation était telle que, s’il faut croire nos sources, AD semblait même passer ses tâches quotidiennes du foyer conjugale, au second plan. Telle une malade des réseaux sociaux, la jeune fille était une véritable mordue de Whatsapp. Au départ, l’époux semblait la tolérer. Mais quant à la jeune mariée, il était quasiment impossible pour elle de se départir de son téléphone portable. Avec le temps, elle a commencé à dépasser les bornes comme on le dit. La cause. La journée ne suffisait plus à AD pour ses discussions sur le réseau social. Il arrivait dès fois qu’elle communique avec ses contacts nuitamment. Et souvent à des heures impossibles. L’homme qui tolérait au départ, a fini par perdre patience face aux activités téléphoniques nocturnes d’une femme insouciante.

Dans un premier temps il a tenté de faire comprendre à son épouse les conséquences de son comportement sur leur foyer. Cette tentative a échoué. La bonne dame faisait comme si elle n’en avait cure. Ensuite le mari opte pour les reproches et les engueulades. Rien n’y faire. Dans la pratique, c’était comme si AD accordait plus d’importance à Whatsapp qu’à son mari. Visiblement selon nos sources, l’homme semblait avoir tout tenté pour que son épouse revienne à la raison et aille doucement avec le téléphone. Mais, à chaque fois qu’il fait une tentative, c’est l’effet contraire qui se produisait. Son épouse était devenue comme obsédée. Bref, elle ne voyait, ni n’entendait rien d’autre que la voix de Whatsapp. Lorsque le « Satan » domine un individu, les conseils des hommes deviennent inutiles pour le remettre sur le droit chemin, dit-on.

Ce jour-là donc, la jeune femme était totalement absorbée dans une discussion en ligne sur le réseau social. Sa seule vue dans cette posture a suffi pour que son époux pique une crise de jalousie indescriptible. Et dans la foulée, il a perdu son self contrôle. Il se dirigea vers elle et, d’un coup sec, il lui arracha l’appareil des mains. Cette façon de faire de l’époux passait difficilement chez une femme qui ne respire que par Whatsapp. Elle ne pourra pas le diriger. Comme son époux peu avant, elle aussi piqua une colère sur place. Et, sans réfléchir à deux fois, elle ramassa un bâton qui trainait par là et se dirigea vers son mari. Elle lui enjoignit l’ordre de lui remettre son téléphone sinon…

Le couple engagea un corps à corps. Totalement hors de lui même, l’homme n’aura pas de difficulté à maîtriser la pauvre dame. Il l’aurait renversée par terre et, avec une chaîne, lui aurait serré le cou de toutes ses forces durant des minutes jusqu’à ce que mort s’en suive.

Puis, une fois qu’il s’est rendu compte qu’il venait de commettre l’irréparable, l’homme s’est enfui laissant sa femme inerte allongée sur place. Comme un crime se paie toujours, des voisins qui avaient été alertés par le bruit de la bagarre, ont eu le reflexe d’avertir les policiers du commissariat du 9è arrondissement du drame qui venait de se passer. Mais avant, l’époux meurtrier avait clairement demandé à des colocataires de récupérer le corps de la pauvre.

Puis, il est allé se refugier à Sibiribougou, un quartier périphérique de la commune IV. Les policiers enquêteurs de la brigade de recherche conduits par le Lieutenant Mady Bagayogo se sont transportés sur les lieux pour constatation. Quelques heures de traque ont suffit aux éléments du « Compol » Santigui Kamissoko d’interpeler « D », l’époux et suspect numéro un de ce drame. L’homme a été conduit au commissariat de police pour audition.

Aux termes d’une audition sommaire, il a reconnu, sans ambages les faits pour lesquels il est suspecté. Pour se justifier le mari meurtrier a mis son acte au compte de la jalousie. Puis, comme si cela pouvait suffire, il se confond en excuses et exprime son profond regret face aux Officiers de Police Judicaire. Pour ces spécialistes d’actes de ce genre, les excuses ne suffisent plus à partir du moment où le mal est déjà fait.

A l’homme, les limiers ont notifié la gravité des faits tout en lui clarifiant qu’il faut qu’il paie de cette jalousie maladive qui l’a poussé à agir de la sorte. Et, sauf extraordinaire, c’est cela qui va se passer dans les jours ou semaines à venir. Son dossier est déjà transmis au parquet du Tribunal de Grande Instance de la Commune IV du district de Bamako. En attendant, il médite sur son sort derrière les barreaux, le temps de comparaitre pour meurtre.

Tamba CAMARA

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