Faits divers : La cliente et la négociante de bijoux en or

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Par des techniques dont elle seule a le secret, elle a fait main basse sur des bijoux en or et une importante somme d’argent en espèces. Mais un grain de sable a rouillé sa machine, ce qui a facilité son interpellation par des policiers.

Si le vol a longtemps été considéré comme un « travail » propre aux sexes masculins, en la matière la gente féminine n’est pas toujours exempte de reproches. Les faits suivants en sont la preuve. Et la principale suspecte se nomme Assétou C. Elle n’a pas hésité à faire main basse sur des bijoux en or et de l’argent en espèce avant de se retrouver dans le pétrin à la brigade des mœurs. Cette histoire s’est passée à Daoudabougou, en Commune V du district de Bamako il y a quelques jours de cela.

Nous étions le 22 novembre 2019. Par téléphone, Assétou appela la future victime, identifiée plus tard comme une certaine Aïcha, résidente de Daoudabougou. à son interlocutrice du bout du fil, elle se présente comme étant la belle fille d’un riche commerçant relativement bien connu de la place. Avec ces quelques mots seulement, sa victime s’est donnée le temps de l’écouter. Directement sans donner le temps à cette dernière de réfléchir par deux fois, elle enchainera avec une histoire d’achat de bijoux en or. Certainement que la voleuse avait pris tous les renseignements nécessaires sur sa victime. La preuve. Il s’avéra plus tard que cette dernière est une négociante de bijoux en or, connue dans le milieu des « gros bonnets » du quartier. Mais avant, Assétou avait pu convaincre son interlocutrice par un fait. Elle rappela à la commerçante de métal jaune que cette dernière lui avait donné son numéro de téléphone quelques jours plus tôt dans un taxi quelque part à Bamako. Comme elle évolue dans une activité qui nécessite qu’elle soit toujours disponible pour donner son numéro de téléphone et recevoir les appels, difficilement la négociante pouvait soupçonner un sale coup de la part du premier venu. Surtout de la part d’une jeune femme qui l’a appelée. Sans chercher à comprendre, elle répondra favorablement à toutes les sollicitations de celle qui sera sa voleuse plus tard.

Le jour des faits, Assétou se fit accompagner par une amie chez la négociante de métal jaune. Cela n’a pas été le problème. Mais elle est venue au domicile de sa future victime sans avertir cette dernière. Mais surtout sans que celle-ci ne lui indique son domicile. Preuve que la voleuse connaissait déjà la maison de sa victime. Ce fait aurait dû éveiller les soupçons de cette dernière. Mais hélas. Les minutes passèrent. L’acheteuse et la vendeuse de bijoux en or se sont retrouvées face à face au domicile de la seconde. Et débuta le marchandage au cours duquel Assétou s’est montrée décevante une fois de plus. Elle expliquera à son vis-à-vis qu’elle n’a pas toute la somme sur elle pour l’achat du bijou dont elle a besoin dans l’immédiat. Elle prétendit rembourser le reliquat plus tard. Mais se heurtera au refus catégorique de la commerçante de bijoux en or pour cette proposition.
Comme la voleuse est arrivée chez sa victime sans avoir prévenu cette dernière, elles (Assétou et son accompagnatrice) sont arrivées à un moment où la négociante s’apprêtait à se rendre à un événement social. Ce qui ne les découragera point. Mieux. Elles proposèrent à la commerçante de l’accompagner à cet endroit afin qu’elles participent à trois à cet événement.

DIVERSION- La négociante accepta les yeux fermés sans déceler la moindre idée malveillante chez ses visiteuses. Ainsi dit, ainsi fait. L’événement a duré jusqu’au tout début de la nuit. Ce fut une occasion pour Assétou de faire une autre proposition à la commerçante. Elle demandera à cette dernière de passer la nuit chez elle, prétextant qu’il faisait déjà tard dans la nuit. Là aussi, la négociante accepta sans broncher. Pourvu que sa marchandise s’écoule. Mais ce qu’elle ignorait c’est le fait que cette cliente peu ordinaire voulait mettre la nuit à profit pour mettre à exécution son plan machiavélique. Elle profita du calme relatif du domicile de la négociante pour étudier les coins et recoins de la maison. Pis, elle aurait profité de la même situation pour s’emparer de la clé d’une chambre.

Le lendemain matin, elle prétexta une course personnelle pour sortir laissant son accompagnatrice et la négociante à la maison. Dans le feu de l’action, cette amie prétexta elle aussi se rendre à un événement social quelque part. Pour s’y rendre, elle demanda à la commerçante de l’arranger pour la déposer sur place avec sa voiture personnelle. La pauvre dame n’a vu en cela aucun problème. Les deux sont montées dans la voiture de la commerçante pour quitter les lieux. C’est après que la voleuse est arrivée. Puis, sans grande difficulté, Assétou est parvenue à accéder à la chambre de la commerçante alors que cette dernière se trouvait en ville. Très sûre que son accompagnatrice (et complice) et sa victime étaient effectivement hors de la maison, Assétou a fait main basse sur des bijoux dont la valeur a été estimée a huit millions (8.000.000) de Fcfa. Et d’une somme de 700.000 Fcfa dont 200.000 en petites coupures. Une fois qu’elle a accompli sa mission, Assétou est sortie pour disparaître comme si elle n’avait jamais mis pieds chez la négociante à Daoudabougou.

Au retour de cette dernière à son domicile vers le petit soir, elle n’a pas eu besoin de réfléchir par deux fois pour comprendre que des gens sont passés dans sa chambre alors qu’elle se trouvait en ville. Dans le feu de l’action, elle posa la question à son aide ménagère pour comprendre si quelqu’un était passé chez elle en son absence. La réponse de la domestique a été on ne peut plus claire. « C’est la femme avec qui tu étais hier soir ». Dans un premier temps, la négociante a tenté de joindre par téléphone la cliente concernée. Hélas. Tous ses appels tombaient directement sur la boite vocale. Dans l’immédiat, la seule solution qui lui est venue en tête, c’est d’aller déposer une plainte contre la nommée Assétou à la Brigade des mœurs.

Aussitôt informé, le chef de l’unité des recherches de cette Brigade, le commandant de police Souleymane Niapougui a diligenté une enquête enfin de retrouver les auteurs. C’est ainsi que par la suite la nommée Assétou C fut interpellée. Les policiers ont découvert qu’en plus de son amie, elle a bénéficié de la complicité d’un jeune homme qui a été également mis aux arrêts.
Tamba CAMARA

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