Faits divers : L’injure de trop

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En pleine circulation, le chauffeur de Sotrama accosta brusquement sur le côté pour déposer un passager. Cela cause du tort à un motocycliste qui prenait la voie. Ce dernier, sans autre forme de procès, insulte grossièrement son vis-à-vis qui ne se laisse pas faire.

Notre histoire du jour porte sur un fait à la fois drôle et ordinaire. Elle met en scène un chauffeur de transport en commun et un jeune motocycliste avec son passager. Tout serait partie d’une histoire d’insulte qui s’est terminée par un accrochage entre les deux usagers. Le premier a accosté brusquement sur le bas-côté, et failli causer du tort au second. En représailles à cette situation, ce dernier n’a trouvé mieux que de l’insulter grossièrement. Nous désignons par  M.D  le chauffeur de Sotrama et par A.G  son vis-à-vis de motocycliste.

Inutile de dire que la circulation bamakoise ressemble à du « m’as-tu-vu », où tous les moyens sont bons pour circuler à sa guise. Pour cause, du lever au coucher du soleil, si les usagers de la route ont un problème, c’est sans nul doute la sempiternelle dispute qui les oppose sur la voie publique. Si ce ne sont pas des chauffeurs de Sotrama qui se disputent avec ceux des taxis, ce sont ces derniers qui s’en prennent aux motocyclistes et vice-versa. Surtout que la plupart de ces motocyclistes sont des adolescents qui, comme par réflexe, mettent à fond le moteur de leur moto, n’importe où et n’importe quand et n’hésitent pas de proférer des insultes à leurs vis-à-vis comme mesure de représailles. Le tout se passe dans un tumulte inqualifiable.
C’est à Bamako qu’il n’est pas rare de constater amèrement, que des motocyclistes ou automobilistes circulent, en foulant au pied les règles élémentaires du code de la route. Conséquence : la circulation est perturbée régulièrement à cause l’indiscipline de certains chauffeurs de transport en commun qui sont à la base de nombreux accidents ou empoignades verbales.

Pire, c’est dans cette même Cité des trois caïmans qu’à la vue d’un éventuel client, ces mêmes chauffeurs de transport en commun n’hésitent pas à faire un arrêt brusque, en dépit du bon sens et de la raison, sans observer la moindre règle de prudence de la circulation. Parfois, pour accoster ou pour ne pas perdre un client dans leur course, ils vont jusqu’à braver les interdictions de stationnement. Pourtant, certains connaissent bien ce qu’en dit le code de la route. Mais, ils n’en font qu’à leur tête. Hélas ! Il est, enfin, regrettable de faire un autre constat ici. Très souvent, la circulation routière à Bamako donne l’impression d’une scène de la célèbre bande dessinée américaine « Tom and Jerry, du chat et de la souris » dans lequel taxis, Sotrama et motocyclistes se partagent les rôles. Conséquences : d’interminables altercations verbales, des injures grossières et des cas de violences physiques. Certains de ces accrochages, pourtant « évitables », s’enflent et débouchent sur des faits malheureux. Ce fut le cas dans cette histoire d’insulte grossière qui a opposé nos deux protagonistes.

Le fait du jour s’est déroulé à Magnambougou en Commune VI du District de Bamako. Il y a une semaine, dans l’après-midi d’une journée ouvrable, sur l’axe routier reliant le centre-ville au virage de Magnabougou. à cette heure de pointe où la circulation grouillait de véhicules de tous types, les usagers cherchaient à se frayer le chemin dans une atmosphère lourde. Dans cette ambiance surchauffée, le chauffeur de Sotrama que nous avons désigné par M.D a accosté brusquement pour déposer un client à un arrêt non autorisé barrant la route au motocycliste avec son passager qui était à fond pour monter sur la voie. Non content de la manière inconduite du chauffeur, A.G qui était assis en califourchon sur la moto, insulta grossièrement M.D et voulu mettre le plein gaz pour poursuivre sa route. La suite de l’histoire prouvera que ce dernier n’est pas du genre à se laisser insulter par ses géniteurs.

Les insultes à l’endroit de ses parents l’avaient irrité au point qu’il sortit de son véhicule pour les poursuivre à pied. Dans la foulée, pendant que A.G roulait pensant qu’ils n’allaient pas être poursuivis, M.D le chauffeur de Sotrama est parvenu à s’agripper au porte-bagages de la mobylette. C’est en ce moment que l’apprenti chauffeur est venu appuyer son chauffeur pour mettre la main sur A.G. Durant une bonne dizaine de minutes, A.G essayait de se dégager de la main de ses poursuivants qui ne lâchaient pas prise et voulaient en découdre avec lui. Dans ce rodéo digne d’un film hollywoodien, il a fallu de peu que la course-poursuite se terminât en désastre pour tous les protagonistes.

Peine perdue, malgré les efforts de fuite, M.D le chauffeur et son apprenti sont parvenus à les immobiliser avant de les corriger copieusement. Dans le feu de l’action, avec la masse de curieux qui s’était attroupée autour d’eux, des esprits plus alertes et de bonnes volontés ont supplié le chauffeur et son apprenti de les laisser partir.

« Grand frère (Kôrô), je ne m’adressais pas à vous quand j’ai insulté », ne cessait de répéter M.D, sérieusement amoché par les coups de ses vis-à-vis.
Corrigé pour son insolence, devant les regards des curieux, M.D a tranquillement remonté sur sa moto. Reste à savoir si le jeune homme va remettre le couvercle encore.

Tamba CAMARA

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