Faits divers : Sale temps pour un quatuor

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Une bande de voleurs pensait avoir pris les précautions nécessaires pour s’attaquer, la nuit, à un vigile. Mal leur en a pris car le vigile parvint à les identifier puis à les dénoncer à la police qui les interpella.
Il n’y a pas de métier sans risque. Seule l’ampleur des dangers varie selon le métier. Ce ne sont pas les gardiens et agents de sécurité qui diront le contraire. Eux qui, du fait de la nature de leur travail, côtoient l’agression tous les jours.
Âgé d’un peu plus de 20 ans, Souleymane est gardien de profession. Il est domicilié à Sangarébougou, en commune I à la périphérie de Bamako. Depuis plusieurs mois, le jeune homme exerce ce travail nocturne. Il ne fut jamais inquiété, même une fois. Tout comme la plupart de ceux qui font le vigile, Souleymane aussi avait pris un minimum de précautions sécuritaires pour sa personne. Histoire de se protéger des individus malintentionnés qui rôdent la nuit. En dépit de ces précautions, ce qui devait arriver, arriva lorsqu’une nuit, Souleymane était en train de regagner son domicile.
C’était plus précisément dans la nuit du samedi au dimanche 15 juillet 2018. Aux environs de
3 heures du matin, le jeune vigile venait de terminer avec son service du soir. Il enfourcha, comme d’habitude, sa moto pour regagner rapidement son domicile. Cette nuit-là, le gardien était loin d’imaginer qu’il fera une mauvaise rencontre dans son quartier de Sangarébougou. Dans ce secteur, en dépit des patrouilles régulières de la police, les bandits de grand chemin pullulent la nuit. Pendant qu’il roulait sa moto, des bandits surgirent de nulle part. Dans un premier temps, l’homme garda son froid, ne céda pas à la panique. Mais, en réalité son self-control n’était qu’apparent.
Les bandits, au nombre de quatre, avaient tous le visage dissimulé sous des cagoules. En outre, ils étaient tous armés de pistolets et d’armes blanches. Face à la supériorité numérique des assaillants armés, la peur finit par gagner Souleymane. Il ne pouvait donc que se laisser faire. Sous la menace de leurs armes, les agresseurs le firent descendre de sa moto. Ce qu’il fit illico presto parce qu’il tenait à vivre.
COUPS DE MACHETTE DISSUASIFS – Les quatre bandits avaient aussi leur propre moto. Mais certainement, la leur était moins neuve que celle du jeune vigile comme la suite de cette histoire nous le laissera comprendre. Une fois leur victime immobilisée, les bandits ne lui donnèrent point le temps de réfléchir ou de tenter quoi que ce soit. Ils voulurent prendre Souleymane de vitesse, en lui assénant des coups de machette pour lui ôter toute idée de résistance. Blessé au crâne, se croyant déjà mort, le jeune vigile laissa sa moto entre les mains de ses agresseurs. Ces derniers qui n’attendaient que cela, abandonnèrent la leur pour disparaître avec celle de leur victime sous les yeux impuissants de cette dernière. Les quatre malfrats sont repartis comme ils avaient surgi, dans la nuit noire. On aurait dit qu’ils n’étaient jamais passés par là.
Bien qu’il avait de la peine à marcher, le vigile blessé prit son courage à deux mains pour se rendre au commissariat du 12ème arrondissement. Haletant et tout tremblant de peur, Souleymane franchit le portail du local des policiers pour faire sa déclaration de vol à mains armées. Le jeune homme a été vigilant au moment de son agression. En dépit de son état physique et des coups reçus, il est parvenu, à faire un portrait signalétique de certains de ses assaillants. Mieux, il a même pu donner une description relativement nette de la moto que les bandits avaient abandonnée sur place avant de disparaître avec la sienne.
INFORMATIONS PRéCISES – Avec ces renseignements, la tâche semblait facilitée pour les limiers. Sur instruction du commissaire Yaya Niambélé, le chef de la Brigade des recherches du 12ème arrondissement, l’inspecteur principal Dansény Koné conduisit certains de ses éléments aguerris sur le terrain avec pour mission de tout faire pour mettre la main sur les agresseurs du jeune gardien. Le reste n’était plus qu’une question de temps.
Les policiers investirent discrètement les lieux susceptibles d’abriter ces bandits de grand chemin. Leurs efforts ne tardèrent pas à payer. Quelques heures plus tard, dans la journée, avec la collaboration de la population, les éléments de la brigade des recherches interpellèrent un suspect sérieux, un certain Modibo Coulibaly. L’interpellation de cet individu fut une très bonne prise. Il s’avéra que Modibo est un multirécidiviste déjà connu de la police pour avoir été mêlé à de nombreuses sales affaires. Pire, en son temps, il aurait même été déféré et placé sous mandat de dépôt par le Tribunal de grande instance de la commune I du district de Bamako pour des faits similaires. Bref, cet individu avait un casier judiciaire assez chargé. Au terme de son audition, les policiers diligentèrent son dossier pour qu’il se retrouve, de nouveau, entre les mains des juges du même tribunal. Mais avant, une perquisition effectuée à son domicile avait permis de mettre la main sur une certaine quantité de munitions de pistolet mitrailleur de calibre 7,62.
A la suite de son interrogatoire, il dénonça ses complices qui furent, tous, interpellés rapidement. Ils attendent tous d’être fixés sur le sort que les juges du tribunal de grande instance de la commune I leur réservent.
Mohamed
TRAORé

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