Farabougou : Un village coupé du reste du pays

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Les habitants du village de Farabougou, dans le Cercle de Niono, vivent, depuis plus d’une semaine, une situation dramatique. Le village est assiégé par des individus armés non identifiés. Les populations pensent qu’il s’agit de jihadistes qui écument le Nord du Cercle de Niono depuis longtemps. Impossible pour les habitants de mettre le nez hors du village. Du coup, ils ne peuvent ni se rendre au champ ni aller dans d’autres localités pour se ravitailler en produits de première nécessité. Le village est donc soumis à un blocus en règle.

Cette situation a conduit à une pénurie de denrées de première nécessité et de médicaments. Les autorités locales ne restent pas les bras croisés. Le jeudi dernier, un convoi de l’armée, chargé de provisions, n’a pas pu atteindre le village à cause du mauvais état de la route. Le déchargement avait été fait dans un magasin à quelques kilomètres de Farabougou. Le lendemain, les FAMa sont revenus récupérer ces vivres et médicaments. Présentement, les provisions sont stockées à Diabaly, a confié à l’AMAP le maire de la Commune rurale de Dogofry.

Selon la même source, des actions de médiation sont en cours entre les communautés pour un dénouement heureux. La même approche de pourparlers est privilégiée par les populations d’autres localités qui ont vu leur bétail emporté par ces individus armés. Les bêtes enlevées se comptent par milliers de têtes. Les villages envoient des émissaires pour négocier la libération de leur bétail. La condition pour obtenir les bêtes ? Chaque village doit donner l’assurance qu’il n’héberge pas de chasseur.

Justement ces hommes armés qui tentent de se rendre maîtres de la zone, voient d’un mauvais œil la présence des chasseurs qui leur tiennent tête. Le village de Farabougou doit ses malheurs à sa réputation de localité abritant des guerriers intrépides. Situé à la lisière de la forêt du Wagadou, Farabougou a toujours résisté farouchement aux razzias, très fréquentes dans la zone avant la pacification imposée par la colonisation.

Les habitants du village confirment que le pont permettant l’accès à Farabougou, via Diabaly, a été saboté samedi soir par des individus armés. Les auteurs du blocus veulent simplement empêcher l’arrivée des forces armées par cette voie. Les renforts devront à présent passer par Sokolo pour accéder au village assiégé.

Mahamadou SAMAKÉ
Amap-Niono

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