Femmes : «Elles sont un vêtement pour vous…»

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À l’aube de la mission divine qui devait lui être assignée, la manifestation des premiers signes de la Révélation n’a pas manqué d’ébranler le futur Messager (PSL), le plongeant dans un trouble profond. Les récits de la Tradition rapportent que tout à cette émotion, c’est vers son épouse, Khadija Bint Khuwaylid que se tournera le Missionnaire pour lui faire partager ses préoccupations. L’honorable dame l’accueillera, le soutiendra en lui rappelant les qualités par lesquelles il s’était déjà distingué, contribuant ainsi à renforcer sa foi. « Tu es tellement droit et bienfaisant que le Tout-Puissant ne te laissera jamais sombrer dans des épreuves sataniques », lui dira-t-elle. Ces propos de réconfort affermirent l’homme de confiance dans la voie qu’il avait déjà empruntée par ses fréquentes retraites de méditation dans une caverne du Mont de Lumière.

En relatant cet épisode de la vie du Guide de l’Islam, les exégètes le relient à l’importance attachée par la dernière religion révélée au rôle de la femme dans les divers aspects de la vie, malgré les distorsions culturelles qui s’y greffent çà et là, à travers la planète. Car le poids des coutumes brouille bien souvent en la matière les principes de la religion. Le Messager ne manquera d’ailleurs pas de lui rendre ainsi hommage des années plus tard :  » Quand j’étais pauvre, elle m’a enrichi ; quand tout le monde m’abandonnait, elle m’a réconforté, quand on me traitait de menteur, elle a cru en moi.  »

Dans plusieurs pays à dominante musulmane, les pouvoirs publics accèdent souvent à l’idée de révision de normes établies par l’homme pour codifier ses rapports avec la femme. Des commissions sont mises en place à cet effet, comportant des docteurs de la loi islamique, des magistrats et des représentants de formations impliqués habituellement dans les consultations de la société civile. L’objectif de ces procédures étant de faire retrouver à la femme la place qu’elle mérite dans la société. Il en est allé ainsi dans une de ces contrées lorsqu’un collectif d’associations de la communauté musulmane a exprimé son souci de voir s’instaurer une norme juridique équilibrée et juste, grâce à une approche globale de la question.

Selon le collectif, cette démarche aboutirait à une réforme qui serait à l’abri de « retouches successives et intempestives au gré des modes de pensées et des rapports de forces politiques ». Le collectif a estimé dans cet esprit qu’une approche sélective répondant à une revendication catégorielle créerait « un déséquilibre juridique et technique plus grave que celui qu’on est censé corriger ». Pour ce collectif, la relation homme – femme ne doit pas s’envisager en terme de compétition, afin de ne pas créer de conflit social entre « deux éléments indissociables, complémentaires en ce qui leur est naturellement spécifique ».

En rappelant que « l’un et l’autre ne peuvent pas avoir de rôles interchangeables », les représentants de la communauté musulmane soulignent par ailleurs que « l’égalitarisme ne convient pas entre l’homme et la femme », qu’il est contraire à leurs intérêts et à ceux de la société. Lorsqu’ils évoquent le souci permanent de relations harmonieuses entre ces deux composantes, les oulémas mettent l’accent sur les multiples dimensions de la responsabilité de la femme, de l’épouse, de la mère dans la société. Il est dit ainsi, entre autres, dans le Livre sacré de l’islam : « Elles sont un vêtement pour vous et vous êtes un vêtement pour elles» (2:187)

A K CISSÉ

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