Fermeture des bars et discothèques : Le blues des promoteurs

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Notre pays qui n’entend pas baisser la garde face au coronavirus a pris la décision de fermer les bars, boîtes de nuit et autres espaces de loisir pour éviter une éventuelle propagation du coronavirus. Cette mesure conservatoire a conduit certains opérateurs économiques privés à réduire leur personnel, voire à les mettre en chômage technique.
Pour savoir si la mesure gouvernementale est bien observée, nous avons fait le tour de certains établissements de détente. Au niveau de l’espace de loisir «Petit coin» sur la route de Niamana, c’était la grande morosité. Une jeune serveuse, assise à se retourner les pouces, ne pouvait cacher sa frustration. «Je pense que le gouvernement pouvait prendre d’autres mesures au lieu de fermer les bars et autres espaces de loisir», dit-elle. Il faut reconnaître que cette fermeture est durement ressentie par les propriétaires de bars, discothèques et autres espaces de détente qui vivent au jour le jour. C’est le cas de Moussa Théra, propriétaire d’un bar à Tabakoro. Désespéré de ne plus faire d’entrée d’argent depuis que la mesure d’interdiction est entrée en vigueur, il ne compte que sur l’aide de l’Etat pour satisfaire les besoins de sa famille.

Le propriétaire du bar-restaurant «Bafing», Ibrahim Souleymane Tounkara, commente la situation avec une pointe de désespoir. «Je n’ai jamais vu ce genre de crise. Nous sommes obligés de respecter les mesures du gouvernement pour éviter la propagation du virus, mais nous avons des charges à assumer.
J’emploie 15 personnes et je suis obligé de payer leurs salaires à la fin du mois. Et on ne sait pas quand cette interdiction prendra fin», s’inquiète le propriétaire du «Bafing». Lui aussi souhaite des mesures d’accompagnement du gouvernement pour surmonter les difficultés.
La fermeture des boites de nuit est une réalité dans la capitale. Au niveau du night-club «Ibiza», nous n’avons trouvé aucun interlocuteur. Un jeune trentenaire «maquisard», qui a requis l’anonymat, explique que c’est le chaos.
Avant le night-club «Ibiza», notre interlocuteur s’était déjà rendu à la «rue princesse» à Hippodrome et au niveau d’autres boites de nuit, mais tout était fermé. On peut dire que les propriétaires de ces espaces de détente sont conscients des risques liés au coronavirus.
Cependant, les propriétaires de certains bars et boites de nuit de Bamako maintenaient leurs activités. Ils ont été contraints par les forces de sécurité à fermer. En effet, depuis la nuit du dimanche au lundi 23 mars dernier, le ministère de la Sécurité et la Protection sociale a entamé une vaste opération pour faire respecter les mesures de prévention du Covid-19. A Bamako, la descente des forces de sécurité (police et gendarmerie) a permis d’interpeller des contrevenants, notamment des propriétaires des bars et discothèques.

Amadou SOW

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