FESPACO 2021 : Ce sera du 27 février au 6 mars 2021

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Les organisateurs du FESPACO commencent enfin à sortir de la torpeur ! À cinq mois de la tenue de la plus grande manifestation cinématographique du continent, le ministre burkinabé de la Culture, des Arts et du Tourisme, Abdoul Karim Sango a déclaré jeudi 10 septembre que la 27e édition du Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou se tiendra du 27 février au 6 mars 2021.

Contrairement à leurs habitudes d’afficher bien à l’avance les conditions de tenue des éditions, les organisateurs sont demeurés silencieux jusque-là, au point que l’on se posait la question de savoir si le FESPACO peut résister à la Covid-19. Ce redoutable virus, si friand de rencontres de masse, est arrivé à faire plier bien d’autres manifestations sportives et culturelles, parmi lesquelles le prestigieux Festival de Cannes qu’il a obligé à annuler son édition 2020.

Pour autant, toutes les interrogations ne sont pas levées, au regard de cette déclaration du ministre : « Nous envisageons cette manifestation dans le contexte ou non de la Covid-19. Nous aviserons dans l’un ou l’autre des deux cas ».

Ce qui laisse supposer que les conditions de participation des festivaliers restent à définir. Ces cinéastes, cinéphiles et opérateurs du cinéma qui ont pris goût à y arriver en masse et à communier avec la masse des Ouagalais, avec projections de films, conférence de presse, débats, rues marchandes et restauration à l’appui.

Autour du thème de cette édition ‘’la contribution du cinéma à la culture de la paix’’ l’on tente de mettre la machine en marche. Plusieurs activités sont déjà lancées, notamment l’appel à consultation pour la réalisation et la conception du visuel, l’appel pour les inscriptions des films et pour le Marché International du Cinéma Africain (MICA), le chronogramme de réalisation du festival, le plan de passation des marchés, la prospection d’espaces abritant les activités, le projet de budget.

Tout de même, on est surpris par la déclaration du ministre qui souligne sa préoccupation concernant l’organisation de cette 27e édition de la biennale du cinéma africain. Devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée nationale burkinabé, il a plaidé pour une allocation de ressources conséquentes pour son financement dont il a évalué le budget à « un milliard trois cent millions (1 300 000 000) FCFA, alors que la dotation allouée est de cinq cent millions (500 000 000) FCFA, d’où un gap de huit cent millions (800 000 000) FCFA à rechercher notamment auprès des partenaires techniques et financiers ».

Face à cet état de fait, les députés ont soutenu que l’Etat devrait trouver les moyens d’organiser cet évènement culturel majeur de caractère stratégique, sans toujours attendre l’appui des partenaires.

Une remarque pertinente à l’endroit de cette manifestation que l’on peut qualifier d’institution continentale qui a fêté son cinquantenaire en grande pompe en 2019. Toutes ces décennies d’existence laissent à penser qu’elle avait trouvé ses marques à l’abri d’un imbroglio de financement.

Une telle situation est difficilement compréhensible au regard de la place primordiale qu’occupe le FESPACO dans le paysage culturel africain. Sa renommée continentale et même mondiale appelle à ne pas laisser toute la charge de ce grand évènement culturel sur les épaules du seul Burkina Faso qui a assuré plus qu’honorablement sa part. Il importe que les cinéastes, à commencer par la FEPACI (Fédération Panafricaine des Cinéastes) et même l’Union Africaine, se penchent sur la question de son financement pérenne pour ne pas laisser s’embourber ce joyau que bien des continents nous envient.

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