Fête de Tabaski: Rendez-vous aux salons de coiffure

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Il est 9h 15, notre équipe de reportage arrive au salon de coiffure d’Awa Berthé, sis à Hamdallaye ACI en Commune IV du District de Bamako. Des jeunes filles et des dames sont installées dans la salle d’attente. Mah Kamara, secrétaire dans une structure privée de la place, profite de ce dimanche matin pour venir se coiffer. «Si je ne le fait pas aujourd’hui, je risque de ne pas trouver de place. Même maintenant, le salon est plein de monde», confie-t-elle. Notre interlocutrice est une cliente fidèle de ce salon.

Awa, la coiffeuse, est de nationalité ivoirienne. Elle exerce ce métier depuis plus de douze ans. «J’ai appris ce métier sur le tas. Je peux dire que c’est un don de Dieu. Aujourd’hui, je vis de ce travail», affirme l’Ivoirienne.

Awa est concentrée sur le tressage de la tête d’une de ses clientes. Au même moment, ses apprentis s’occupent des autres. En dépit de sa préoccupation, elle raconte que contrairement aux années précédentes, ce travail est peu payant à cause de la rareté de la clientèle. Elle soutient que plusieurs jeunes filles et dames préfèrent porter des perruques que de se tresser la tête. «Tu trouveras qu’une fille possède deux à trois perruques qu’elle portent régulièrement et de manière différente. Le recours aux perruques est plus rapide et évite à la personne de venir patienter dans les salons de coiffure», a-t-elle révélé.

Ce n’est pas seulement devant les salons de coiffure que des gens font la queue-leu-leu. Le principe de rang existe aussi dans d’autres secteurs, comme chez la tatoueuse Oumou Koumaré dite Diaby au Grand marché de Bamako.

Ce dimanche soir, malgré un temps menaçant et un ciel nuageux, les femmes sont assisses, attendant impatiemment leur tour respectif. Jeunes adolescents et enfants étaient au rendez-vous chez la tatoueuse ivoiro-malienne.

«À chaque veille de fête c’est pareil, même quand les gens crient qu’il n’y a pas d’argent, chaque femme ou chaque fille en cherche pour se faire belle. Les femmes mariées préfèrent surtout le henné. On utilise ce produit traditionnel pour noircir ou orner les pieds. S’agissant du henné moderne, on le met sur la pomme et l’autre face des mains, voire sur une partie des bras», explique Oumou. «Le henné moderne (Diaby en bamankan) est beaucoup aimé par les jeunes filles célibataires et elles n’attendent pas trop longtemps pour leur tour», précise-t-elle.

Chez cette tatoueuse, le prix des dessins varie entre 1.500 et 2.500 Fcfa. Quand elle reçoit une cliente, elle l’installe d’abord sur une natte. Ensuite, elle prend un récipient où elle met un peu d’eau et de poudre de henné avant de les mélanger dans le but d’avoir une pâte. Après avoir fini de faire les dessins sur les mains à tatouer elle les enduits de pâte de henné. Après ce travail, la cliente doit patienter avant d’apprécier le résultat. «À la veille de chaque fête, je peux tatouer plus de vingt personnes par jour. Les recettes de cet tatouage me permettront d’effectuer des dépenses à l’occasion de la fête, tout en aidant mes parents, frères et sœurs», confie-t-elle, avec un sourire aux lèvres.

On aperçoit un rang devant le salon d’Aissa Tall. D’une trentaine d’années, sa spécialité est de placer des cils communément appelés «Gnéchi (dans la langue bambara) sur les yeux de ses clientes à l’aide d’une colle «super glue» et d’une cure dent.

«Mon mari doit venir de l’extérieur pour faire la fête, raison pour laquelle je me fais belle. J’aime faire les cils sur mes yeux car, cela rend encore plus belle une femme», commente Fatoumata Diawara, une cliente. On la voyait tenir un de ses yeux bien ouverts, pendant que des larmes coulaient son visage. Comme pour nous rappeler cet adage populaire de chez nous : «La beauté n’a pas de prix».

Fadi CISSÉ

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