Filiales Centre et Sud de la CMDT : À l’épreuve de la COVID-19

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Une caravane de journalistes (presse écrite, radio, télé) a constaté l’impact de la Covid-19 sur la production cotonnière au titre de la campagne 2020-2021 dans notre pays. Elle s’est rendue, jeudi dernier, dans les filiales Centre et Sud de la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT). La mission était conduite par le directeur de la production agricole à la CMDT, Ousmane N. Traoré.
La première étape de cette tournée d’une journée a conduit les visiteurs à l’usine de Ouéléssébougou, qui dépend de la filiale Centre relevant de la zone de Fana. Elle dispose à ce jour d’un stock de 99.000 balles, soit 32% de sa production.

Cette réserve constitue un handicap réel pour le démarrage de la nouvelle campagne d’égrenage, a alerté le chef service industriel de la filiale Centre de la CMDT à Fana. L’an dernier à la même période, a rappelé Issouf Bamba, la réserve record était de 100 balles de fibre de coton.

À rappeler que l’usine de Ouéléssébougou produit à peu près 800 balles par jour. Présentement, 42.900 balles, l’équivalant de 9.000 tonnes de fibre de coton, se trouvent sur l’aire de stockage de l’usine de Ouéléssébougou. Provision dont l’évacuation pose problème à cause de la maladie de Covid-19. Issouf Bamba a révélé que l’usine démarre ses activités à partir du mois de novembre prochain. La seconde étape de la visite a conduit les journalistes à Bougouni, filiale Sud de la Compagnie malienne pour le développement du textile.

Ici, la CMDT dispose de deux sites de stockage de balles de fibre de coton. L’impact négatif du coronavirus sur la production cotonnière au titre de 2020-2021 est visible, une fois qu’on franchit la porte d’entrée. En effet, On y tombe sur des milliers de balles entreposées. Il s’agit précisément de 90.305 balles de coton. À la même date l’année dernière, toutes les balles avaient été vendues, selon les responsables de ce site. D’après eux, l’ensemble des sites de stockage de la CMDT compte 104.000 tonnes de coton fibre exportables à partir du 30 octobre 2020.

«Par rapport à la campagne 2019-2020, où nous avons terminé l’égrenage, la pandémie est arrivée alors que nous n’avons pas encore terminé la commercialisation de la fibre de coton produite. L’évacuation vers nos clients a été stoppée parce que toutes les frontières étaient fermées», a expliqué le directeur de la production agricole à la CMDT.

Ousmane N. Traoré ajoutera que les usines de transformation de coton à l’extérieur étaient fermées. À cause de la crise sanitaire, les clients ne pouvaient plus acheminer vers leurs usines les balles de coton qu’ils avaient déjà achetées avec le Mali, a poursuivi le chef de la mission.

À cette crise, est venu s’ajouter l’effondrement à plus de 30% des cours mondiaux de l’Or blanc, rendant difficile la vente de ces stocks. Traditionnellement, à la même période, toutes les balles sont évacuées et les aires de stockage sont préparées pour les nouvelles productions, a rappelé Ousmane N. Traoré. Cet impact négatif de la Covid-19 se traduira, selon lui, par des pertes de revenus au niveau de la CMDT et y créera des tensions de trésorerie.

S’agissant de la campagne 2020-2021, Ousmane N. Traoré a précisé que le problème est survenu au moment de la fixation du prix du coton. «Comme les cours mondiaux de la fibre de coton se sont effondrés. Au Mali, on tient compte de cela pour fixer le prix du coton aux producteurs. La chute des cours impacte obligatoirement les producteurs», a-t-il dit.

Les prix internationaux de la fibre de coton ont baissé, passant de 275 Fcfa le kilo en 2019-2020, à 200 Fcfa le kg pour la campagne 2020-2021. «Avec ces 200 Fcfa le kg à l’issue de la campagne, la CMDT fera un déficit de 3 milliards de Fcfa», a souligné Ousmane N. Traoré.

Coordinateur de la CMDT au niveau de Bougouni, Issa Sidibé a indiqué que sur une prévision de 195.000 hectares, sa cellule n’a pu réaliser que 16.510 hectares, soit environ 8%, à cause de la crise socioéconomique. Avec ces 8%, la coordination mise sur une production de 16.660 tonnes de fibre coton.

B. B. C.

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