Gants et masques : Au cœur de la prévention contre le COVID-19

0
314

Ces moyens de protection individuelle sont reconnus efficaces. Mais, il y a des techniques requises pour les retirer après utilisation faute de quoi, on risque une éventuelle contamination

Nos compatriotes s’essayent au port des gants et des masques de protection individuelle (les cache-nez) depuis que le coronavirus a fait son apparition dans notre pays. Il est fréquent de voir automobilistes, motocyclistes et piétons se couvrir les cavités nasales et buccales pour se préserver du virus. Les statistiques macabres liées à la pandémie dans les pays développés font froid dans le dos et interpellent la conscience collective.
Puisque notre pays ne boxe pas dans la catégorie des systèmes de santé, les plus performants (et mêmes ceux-ci sont mis à rude épreuve par le Covid-19), il faut accentuer les efforts sur la prévention pour éviter un éventuel débordement. Certains s’attendent au pire comme ce médecin français qui explique qu’on risque d’être dépassé, en termes de moyens humains et matériels face à l’ampleur des dégâts.
La seule alternative viable pour nos compatriotes face à la menace reste la prévention. Mais, il est aussi établi qu’il n’y a pas de risque zéro. Les masques et gants sont des moyens de protection individuelle contre le coronavirus, mais ils peuvent représenter un risque de contamination si on ne sait pas les enlever (parce qu’il y a une technique à observer).
Pour se protéger d’une contamination, Binta utilise les gants lorsqu’elle se rend au marché pour faire des achats. «Dès que je retourne à la maison, je me lave les mains gantées au savon pour détruire les microbes». Mais sans se douter des risques encourus, elle explique plus loin ne pas faire un usage unique de ses gants. «Je lave mes gants et les garde pour une utilisation ultérieure», confie la jeune fille sans aucune gêne.
Soumaïla Sangaré est un vendeur d’accessoires électroniques. Il utilise le masque de protection individuelle bien avant l’apparition du coronavirus. Il confirme l’efficacité du cache-nez contre la poussière. Mais dans un contexte de pandémie, il demeure conscient des risques mais peine à observer les mesures édictées. «Je peux faire plusieurs jours avec un masque jetable», avoue-t-il. Il raconte avoir un ami qui lui prête quelquefois son dispositif de protection individuelle (son masque).
Daouda est un trentenaire que nous avons rencontré au hasard en ville. Il nourrit la conviction que le masque protège contre la poussière et les particules virales. Mais, il ne souscrit pas aux règles d’hygiène que requiert le port des bavettes et des gants. «Je peux faire trois jours sans même rincer mon masque. Je me contrefiche de savoir par quel bout l’enlever. Quand mon masque tombe, je le ramasse et le dépoussière sans aucune précaution particulière», dit-il, sans montrer aucun signe d’inquiétude.

LES EXIGENCES DU PORT DU MASQUE- Dans une station-service de la place à Sogoniko, un pompiste affiche une certaine préoccupation. Même avec des moyens de protection individuelle, notamment les gants et les bavettes et en observant les gestes barrières, il n’est pas totalement serein face au coronavirus. Il explique qu’au moins deux fois par jour, il change ses gants et bavettes. «Je fais de mon mieux pour me protéger mais je suis conscient des risques. Le vendeur d’essence pense que la technique requise pour enlever les gants et les bavettes doit être largement divulguée au sein du grand public.
Boubacar Sidiki Dramé, médecin biologiste à l’Hôpital du Mali, explique clairement que les équipements de protection individuelle ne peuvent pas nous protéger tant que le mécanisme de retrait des gants et des bavettes n’est pas respecté. Le toubib conseille de se laver les mains au savon avant de mettre les gants et d’exécuter immédiatement le même geste hygiénique après les avoir retirés, en observant certaines précautions.
«Au moment où vous devrez enlever ce gant, il ne doit toucher aucun autre objet comme le téléphone, la boucle d’oreille, la montre, les interrupteurs. La partie du gant qui a été utilisée pour faire le travail, est la partie considérée comme étant contaminée», explique le médecin biologiste. Pour lui, les ménagères qui portent des gants peuvent par une mauvaise utilisation contribuer à la dissémination des germes. Il conseille à ces femmes au foyer à continuer à se laver les mains au savon régulièrement. Le praticien hospitalier insiste sur les mêmes dispositions par rapport au port des masques de protection. «Cet équipement de protection capture beaucoup de particules virales qui s’y accrochent lorsque celui qui le porte traverse une zone contaminée. C’est pourquoi en l’enlevant, il ne faut pas toucher à la partie qui reçoit les germes», conseille-t-il. Dr Dramé souligne qu’on retire un masque utilisé dans un contexte de pandémie du coronavirus à partir de l’oreille sans toucher la partie à risque. Il déconseille aussi de se promener la main sur le visage, de mettre le doigt dans le nez ou dans la bouche parce que c’est à partir de ces petits gestes que l’on peut se contaminer.
Est-ce que le port du masque doit être systématique pour tout le monde ? Le spécialiste répond par la négative. Mais, il s’empresse de préciser que dès qu’on rentre dans un lieu où la distanciation n’est pas respectée ou il est difficile à appliquer (au moins un mètre entre les individus), il faut porter le masque. Il prévient aussi que le masque qui a servi à faire les courses dans la journée, ne doit pas être utilisé à la maison. Il doit être changé autant de fois qu’on va au contact de la foule pour éviter le risque pour soi et pour les autres.
Mohamed D.
DIAWARA

Laisser une réponse