Gao : LA VENTE DE CARBURANT EN BOUTEILLES A PRESQUE ENVAHI LA CITÉ

0
315

Le gouverneur de la Région s’est rendu sur le lieu du sinistre


Actuellement, la vente des hydrocarbures (essence et gasoil) devient, de plus en plus, l’une des principales activités commerciales de la ville de Gao. Le ravitaillement en hydrocarbure de la Région de Gao, se fait à partir du Nigéria, du Niger et de l’Algérie. En conséquence, c’est du carburant qui n’est ni contrôlé ni dédouané. Les gros porteurs le transportent dans des barriques jusqu’à Gao. Et les conditions de stockage sont loin de respecter les normes. On peut voir certaines cours remplies de barriques qui contiennent uniquement de l’essence ou du gasoil. Puisque ces vendeurs grossistes ne sont pas frappés par le dédouanement, ils le vendent moins cher aux petits détaillants. Ce qui fait que certains jeunes chômeurs de la ville se sont lancés dans la vente de carburant. Partout à travers la ville, on voit des bouteilles remplies d’essence sur des étals métalliques ou du bois. Certains revendeurs se sont installés en plein marché. D’autres sont le long des artères et près des stations devente de carburant. Pratiquement, ces nouveaux commerçants sont installés dans toutes les rues de Gao. Ils vendent le litre d’essence à 500F cfa au lieu de 650Fcfa. L’année dernière, le litre d’essence se vendait à 350 Fcfa, témoigne Jibba Maiga, propriétaire d’un engin à deux roues. Le comptable matières du gouvernorat de Gao, Amadou Dao, précise que durant les grands événements, il peut acheter 600 litres en raison de 500Fcfa par litre.
A Gao, ce commerce d’un genre nouveau en rajoute au risque d’insécurité. D’abord, la plupart des stations de la ville n’ont pas d’extincteurs et ne respectent pas les conditions d’installatuion d’une station d’essence. Le directeur régional de la protection civile de Gao, le commandant, Tioukiri Dao, constate que la ville de Gao est en danger, parce que près de la moitié des magasins contiennent du carburant et certaines concessions sont devenues des dépôts d’ hydrocarbures. En cas d’incendie, aucun d’eux ne possède d’extincteur pour éteindre le feu. Mahamoud Ould Abdramane, un jeune diplômé chômeur, prend du carburant avec les grossistes pour le revendre. Il est connu par la population de Gao parce que chaque vendredi, il procède à une vente promotionnelle de carburant. Celui-ci cède le litre d’essence à 500 Fcfa tandis que’au niveau de certaines stations, on l’achète à 650 et 690 Fcfa. Le vendredi 22 juin vers 17 heures, Mahamoud Ould Abdramane était en pleine vente promotionnelle, quand un bidon qui contenait de l’essence s’est enflammé. Si l’incendie n’a pas fait de victime, les dégâts matériels sont importants : 17 barriques contenant du carburant à raison de 110 000 Fcfa la barrique et plusieurs cartons d’huile, de lait et des tables à manger en plastique ainsi qu’une somme de 2,5 millions de Fcfa sont partis en fumée. Sans beaucoup de documents administratifs», a estimé Mahamoud Ould Abramane. Les éléments de la protection civile appuyés par les forces de sécurité de la MINUSMA ont pu éteindre le feu après 40 minutes d’effort. Malgré leur intervention, deux magasins ont été brûlés. Le gouverneur de la Région de Gao, le colonel-major Sidiki Samaké, s’est rendu sur place. Il a annoncé l’ouverture d’une enquête pour connaître les causes de l’incendie. Abdoul Karim Touré vend du carburant en plein marché, non loin du siège de la BMS. «Moi, je n’ai que 20 litres d’essence à revendre pour nourrir ma famille et j’achète le litre à 600 Fcfa pour le revendre à 650 Fcfa», confie-t-il. L’associé de la Société Nema et frère (SONEF), gérant de plusieurs stations de carburant à Gao, Hamma Yehiya, estime que la vente d’essence dans des bouteilles ou dans des magasins n’est pas règlementaire, car, selon lui, l’essence est un produit inflammable. Pour lui, la responsabilité de cette situation incombe à la mairie. « Depuis 6 ans que l’Etat est revenu mais rien n’est encore fait pour empêcher certaines pratiques telles que l’approvisionnement de la Région en carburant dans des barriques et sa vente dans des bouteilles au centre ville et au marché. Notre société respecte toutes les conditions de l’ouverture d’une station. Nous avons des extincteurs et nous faisons l’entretien chaque année. Cependant nous avons peur de ces vendeurs détaillants d’essence qui sont près de la station. Et nous ne pouvons rien faire pour les éloigner parce que ce n’est pas de notre rôle», a expliqué Hamma Yehiya.
Modibo est gérant de la station SOMAYAF de Gao. Pour lui, la situation du carburant à Gao semble à première vue arranger tout le monde. Le responsable de la voirie de la commune urbaine de Gao, Ahimid Elhabib Touré dit Dessa, décline toute responsabilité. «Ces vendeurs détaillants de carburant n’ont reçu aucune autorisation de la mairie de vendre du carburant en plein centre ville ou devant les stations d’essence», dit-il, ajoutant que quand les agents de la voirie les chassent, ils reviennent le lendemain.
Abdourhamane TOURÉ
AMAP-Gao

Laisser une réponse