Gao : Les prix des denrées alimentaires s’envolent

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Une vue partielle du marché de la cité des Askia

La situation est insoutenable pour la population. Les autorités et les acteurs locaux tentent de trouver une solution le plus rapidement possible

Dans la cité des Askia, les prix des produits de première nécessité en provenance du Sud de l’Algérie ont grimpé depuis un certain temps. Et pourtant, ces produits de grande consommation (lait, farine, huile, sucre) rentrent sur notre territoire sans contrôle douanier. Mais dès que les autorités ont annoncé les premiers cas de Covid-19 suivi de la fermeture de la frontière, les commerçants de la région ont commencé à gonfler les prix de leurs produits.
Pour en savoir plus, nous avons fait un tour au Grand marché de Gao. Pour le représentant de l’établissement Gaakoye et frères Sarl, Abdoulkader Maïga, l’augmentation des prix des denrées alimentaires est liée principalement à la fermeture de la frontière algérienne. Tout comme le Niger. «Tous nos camions de ravitaillement sont à l’arrêt. Nous avons des difficultés et nous voulons que l’état nous aide», demande le grossiste. D’après lui, la maladie à coronavirus a déjà impacté nos économies surtout avec la fermeture des frontières. «Le Conseil national a fixé le prix plafond des denrées alimentaires. Mais, cette décision aura du mal à être respectée par les commerçants, surtout dans une localité comme Gao où les frais de transport et de manutention des marchandises sont très élevés», souligne le représentant de l’établissement Gaakoye et frère. Commerçant grossiste, Yéhia Moussa Maïga vend des articles divers (boissons, huile, savon, farine, lait) en provenance d’Algérie. Il s’approvisionne auprès des commerçants, dont les cargaisons viennent d’Algérie. «Ils ont vite augmenté les prix de leurs marchandises et nous n’avons pas le choix. Avant, ils nous vendaient le carton d’huile de 20 litres à 11.000 Fcfa, mais en ce moment, c’est 13.000 Fcfa. Le carton de savon de 9.000 Fcfa est passé à 9.500 Fcfa. Le prix du sac de la farine de 11.000 Fcfa à 14.500 Fcfa. Le carton de lait de 28.000 Fcfa à 40.000 Fcfa maintenant», explique le commerçant, ajoutant que lui aussi met ses prix pour espérer gagner quelque chose.

Dans le magasin de Bouba Maïga, le carton de spaghetti algérien est passé de 3.500 Fcfa à 5.000 Fcfa. Le carton du lait Bruno et Pura que le consommateur avait l’habitude d’acheter à 25.000 Fcfa est cédé entre 39.000 et 40.000 Fcfa. Le grossiste Albakaye Damine Kounta est très sollicité par les consommateurs de la région. Il explique que malgré la fermeture de la frontière, des marchandises sortent en cachette du sud de l’Algérie pour la Région de Gao. Il ajoute que la montée du prix des produits en provenance d’Algérie s’explique non seulement par la pandémie du Covid-19, mais aussi par l’attentat de Timiayawane à la suite de laquelle les autorités algériennes ont renforcé la sécurité. Mme Diallo Fatimata Maïga, secrétaire de direction, se plaint de l’augmentation soudaine des produits alimentaires sur le marché. « C’est une première à Gao alors que le mois de Ramadan s’approche. Tous les produits qu’on achète ont connu une flambée. Même pour la viande. Nous demandons au gouvernement de prendre des dispositions pour cela, sinon c’est un calvaire total pour la population», dit-elle. Le représentant du Syndicat national des commerçants détaillants, Moctar Haïdara dit Bedy, souligne qu’il ne souhaite pas vendre cher, mais que ce sont les grossistes qui ont augmenté leurs prix pour faire plus de profits. Vendredi dernier, le gouvernorat de Gao a tenu une réunion dirigée par le conseiller aux affaires administratives et juridiques du gouverneur, Alousseini Mahamane. C’était en présence du directeur régional du commerce et de la concurrence, Massa Coulibaly et du 2è adjoint au maire de la Commune urbaine de Gao, Yacouba Maïga. étaient également présents de nombreux acteurs du secteur du commerce et de la concurrence. L’objectif de la rencontre était d’échanger sur les prix des produits de première nécessité pour la Région de Gao. Le directeur régional du commerce et de la concurrence de Gao, Massa Coulibaly, précisera d’abord que les produits dont les prix plafond ont été fixés par le Conseil national de prix a fixé le prix plafond sont le riz brisé non parfumé, le gaz butane, le sucre en poudre, le tourteau en coton et le pain. D’après lui, ces produits viennent très peu dans la Région de Gao par le fait que les commerçants locaux fréquentent plutôt l’axe Gao-Niger et l’axe Gao-Algérie. «Sur l’axe Gao-Algérie, les commerçants imputent la flambée des prix des denrées alimentaires à la fermeture de la frontière alors que cet axe a été fermé avant même le Covid-19. Comparativement à l’année dernière, les prix de certains produits algériens étaient exorbitants, tels que le lait et l’huile alors que ces produits rentrent frauduleusement dans notre pays», explique-t-il.
Yacouba Maïga, dira que depuis 2012, tous les produits de première nécessité sont exonérés à 100% et même ceux venant de l’Algérie. Pour lui, il est inadmissible que le prix du mil et du riz connaissent une augmentation parce que l’état de la route de l’axe Bamako-Gao est mauvais et dangereux. Mais, ajoute-il, l’augmentation des prix des produits en provenance d’Algérie et du Niger est injuste parce qu’ils sont frappés par l’exonération. Des propositions et des recommandations ont été faites au cours de cette rencontre, notamment la création d’une commission locale de fixation de prix des denrées alimentaires.

Abdourhamane TOURÉ
Amap-Gao

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