Gestes barrières contre le Covid-19 : Les habitudes ont la vie dure

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Depuis la détection, le 25 mars dernier, des premiers cas testés positifs au Covid-19 le virus continue de se propager. Prenant la mesure du phénomène, l’État a installé des kits de lavage des mains dans les marchés, les gares routières, les marchés à bétail, les marchés aux légumes, etc. Ainsi, partout à Bamako, dans les marchés, devant les boutiques, les officines pharmaceutiques et les banques, il existe des kits sanitaires destinés à la population. Mais ces mesures préventives et autres gestes barrières sont-ils respectés par nos concitoyens ? En cette matinée de dimanche 12 avril, une forte chaleur suffoque le marché de Kalaban-Coura, en Commune V. Femmes et enfants sont entremêlés comme si de rien n’était. Les kits de lavage des mains sont installés au niveau des différentes entrées du marché. Certains donnent l’impression de les éviter à tout prix, arguant que c’est une perte de temps, alors que d’autres prennent le soin de se laver soigneusement les mains au savon. Aussi, la majorité des ménagères qui viennent s’approvisionner au marché ne portent pas de masques et pratiquement personne ne se soucie de la distanciation sociale.

Nouhoun Sangaré et N’Fa Doumbia, vendeurs au marché de Kalaban-Coura, sont chargés par le comité installé à cet effet de veiller au bon usage des kits de lavage des mains. Les autorités en charge du commerce ont installé des kits de lavage de mains au savon à chaque entrée du marché comme dans d’autres marchés de Bamako, mais l’usage de ces kits se fait dans l’anarchie totale, témoigne N’Fa Doumbia. «Souvent, les enfants après s’être lavés les mains, laissent le robinet ouvert. Ainsi, à chaque fois, on vient nous informer que la bassine est vide. Il y a aussi des clients qui en abusent. Depuis qu’on nous a donné une première dotation de kits de lavage des mains, c’est nous mêmes qui continuons à acheter de l’eau et du savon avec nos propres moyens», souligne notre interlocuteur. Avant d’inviter les autorités à penser à les doter en gels hydroalcooliques et en savon.
Fanta Diarra, une quadragénaire, sort du marché. Elle se lave les mains avec de l’eau et du savon. Seuls la propreté des mains et le respect des gestes barrières, sensibilise-t-elle, peuvent nous sauver contre le coronavirus. Selon elle, les personnes qui ne se lavent pas régulièrement les mains au savon, s’exposent naïvement à la maladie et exposent leurs familles et proches.

Du marché de Kalaban-Coura, nous nous avons mis le cap sur un supermarché situé sur la route de l’aéroport. À l’entrée de la boutique, des kits sanitaires sont installés : eau, savon et gel hydroalcoolique. Le gérant, Moussa Mallé, se plaint de l’incivisme de certains clients. Il rappelle qu’en cette période d’épidémie, il est recommandé à tous les clients de se laver les mains avant de franchir le seuil. Pour lui, certains clients prennent le soin de se désinfecter les mains, mais d’autres restent réticents.
Dans les «grins», les mesures barrières sont plus ou moins respectées. Selon le jeune Bourama nombre de ses amis refusent catégoriquement de se serrer les mains depuis l’apparition du coronavirus. Mais dans les familles, comme dans les mosquées les gens continuent à se saluer comme d’habitude, en se serrant les mains. Ne parlez surtout pas de distanciation sociale à ces personnes qui martèlent que le Covid-19 n’existe que dans «la tête des Blancs». Une grosse erreur !

Makan SISSOKO

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