Gestion de la crise sanitaire et de ses conséquences : Le CNPM et L’UNTM font des propositions

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Mamadou Sinsy Coulibaly, président du CNPM (d) et Yacouba Katilé, secrétaire général de l’UNTM ont co-animé la conférence

Le Conseil national du patronat du Mali (CNPM) et l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) souhaitent contribuer à la gestion de la crise économique créée par le Covid-19. Ils ont, à cet effet, élaboré un document à prendre en compte par l’État. Pour informer l’opinion nationale et internationale sur le contenu de ce document, ils ont organisé une conférence de presse jeudi dernier. La rencontre qui a eu lieu au siège du CNPM, était conjointement animée par Mamadou Sinsy Coulibaly, président du CNPM et Yacouba Katilé, secrétaire général de l’UNTM.
Dans le document mémorandum élaboré à cet effet et signé mercredi dernier, l’UNTM et le CNPM recommandent notamment sur le plan social, la prise en charge par l’État ou tout autre mécanisme approprié, des congés maladies des travailleurs atteints du Covid-19 ou ceux mis en quarantaine. Aussi, demandent-ils la prise en charge par l’État des salaires des entreprises contraintes de réduire le personnel ou de fermer momentanément afin de sauvegarder les emplois. Ils préconisent également l’implication des partenaires sociaux dans l’identification des couches vulnérables qui doivent bénéficier l’aide de l’État.

Sur le plan économique, ils recommandent la mise en place d’un comité paritaire de suivi de l’application des mesures fiscales, économiques et financières prises dans le cadre de la crise du Covid-19. Les entreprises et les partenaires sociaux souhaitent l’apurement intégrale de la dette intérieure de l’État dans le cadre de la relance de l’économie et la déductibilité formelle à l’impôt sur les Bénéfices industriels et commerciaux (BIC) des dons effectués au Fonds spécial Covid-19 conformément au point 7 de l’article 51 du Code général des impôts.
Les conférenciers ont regretté le fait que les partenaires sociaux et les employeurs n’aient pas été pleinement associés aux réflexions ayant abouti aux mesures proposées par le chef de l’État. Cela, malgré le fait qu’ils demeurent des acteurs majeurs au plan socio-économique et subissent, à ce titre, de plein fouet les effets néfastes de cette crise. «Sur les mesures qui ont été prises, on n’a pas été consulté. On ne peut plus proposer à un individu un choix, il faut que le choix soit partagé. On a notre choix, c’est nous qui travaillons dans notre secteur. Autant la vie humaine est sacrée autant le choix d’un individu est sacré. Il ne faut pas qu’on bafoue notre choix», a protesté Mamadou Sinsy Coulibaly.

Face à cette situation et dans le souci d’apporter leur contribution à l’élaboration d’un Plan de continuité des affaires et en tenant mieux compte des difficultés socio-économiques actuelles, le CNPM et l’UNTM ont préconisé un certain nombre de propositions qu’ils vont soumettre au gouvernement, aux entrepreneurs, aux PTF et aux travailleurs affiliés à l’UNTM ou à d’autres organisations professionnelles, a ajouté le patron des Patrons maliens. Il a invité le gouvernement à se mettre avec eux pour discuter des mesures qu’ils ont proposées et de leur applicabilité.
De son côté, Yacouba Katilé a expliqué que tout le monde a pris au sérieux la gestion de cette maladie dès qu’elle a été considérée par l’OMS comme une pandémie. Au Mali, a-t-il déploré, on n’a pas voulu associer les partenaires sociaux : employeurs et travailleurs, à sa gestion. «Or, nous pensons que les trois piliers : pouvoir public, travailleurs et employeurs, mis ensemble, nous pouvons bien mener le développement, bien mener la lutte pour la sauvegarde en terme de santé publique en République du Mali», a insisté le syndicaliste. «Étant travailleurs et en même temps employeurs, nous sommes également des victimes. Cela va de soi que nous soyons avec le gouvernement autour de la table pour réfléchir et décider ensemble», a-t-il dit.

Yacouba Katilé a précisé qu’après analyse et réflexion, des insuffisances ont été constatées dans les mesures proposées. «La dimension sanitaire est en train d’être prise en compte en oubliant les effets sociaux, économiques et culturels», a noté le secrétaire général de l’UNTM. Avant d’annoncer qu’ils sont prêts à soutenir le gouvernement pour voir avec les partenaires ce qui peut être fait pour éradiquer cette pandémie.

Aminata Dindi

SISSOKO

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