Gestion des inondations : Un nouveau système d’alerte précoce

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Le changement climatique représente une préoccupation à l’échelle planétaire. Au Mali, les scénarios climatiques du futur prévoient une augmentation de l’intensité et de la fréquence des risques climatiques, suivie des pluies intenses et d’inondations. Au cours des trois dernières décennies, les zones les plus affectées par les inondations sont Kayes, Koulikoro, Ségou, Sikasso, Mopti, Gao, Tombouctou et Bamako.
Ce constat a conduit l’Agence de l’environnement et développement durable (AEDD), à travers le Projet de gestion des risques climatiques et d’inondation au Mali en vue de préserver des vies et des biens (PGRCI), à organiser le lancement du système automatique d’alerte précoce aux inondations.
La cérémonie était présidée par le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Housseini Amion Guindo, en présence de son collègue du département des Transports et de la Mobilité urbaine, Ibrahima Abdoul Ly et du représentant du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) au Mali, Oumar Tamboura.
La rencontre vise à amener différents acteurs à s’approprier du système automatique d’alerte précoce aux inondations, mis en place dans le cadre de l’exécution du PGRCI. Il s’agit également de renforcer les connaissances des partenaires sur les conditions de mise en œuvre du système, de faciliter le portage technique et institutionnel du système mais aussi de solliciter l’expérience et l’expertise de toutes les parties prenantes pour améliorer le système.
Le système centralise sur un seul serveur virtuel toutes les informations climatiques et hydrologiques, permettant l’émission des alertes d’inondations dans les zones cibles du PGRCI. Les données collectées comprennent notamment les observations de précipitations de l’Autorité du bassin du Niger (ABN) et les prévisions de précipitations du système global.
Le système est conçu pour intégrer les mesures automatiques de débit de l’ABN et de la direction nationale de l’hydraulique. Les données collectées sont ensuite analysées par des modèles pluie-débits et des modèles hydrologiques développées dans le cadre de l’étude pour donner une estimation des zones potentiellement inondables. Ces résultats sont automatiquement envoyés vers un site web. Notre pays Mali est, de plus en plus, sujet à des inondations récurrentes. Cela est non seulement dû aux changements climatiques mais aussi à nos modes de vie inappropriés.
Par ailleurs, le ministre a souligné que notre pays a, de 1980 à 2007, connu deux grandes inondations. Ces inondations ont fait 37 victimes et détruit 280 maisons à Bamako. En 2014, 98% des pertes économiques dues aux catastrophes étaient imputables aux inondations. Ces pertes ont été estimées à plus de 25 milliards de Fcfa.
« Les fortes pluies qui se sont abattues sur la ville de Bamako, le 16 mai dernier, ont occasionné des pertes en vies humaines et des dégâts matériels. Elles ont affecté environ une centaine de ménages et causé de nombreux dégâts matériels », a rappelé le ministre Guindo avant d’ajouter que la situation climatique actuelle de notre pays ne peut laisser aucune bonne conscience indifférente.
Le ministre Guindo a rappelé la nécessité pour l’ensemble des acteurs impliqués ou bénéficiant du nouveau système de s’en approprier. Il affirmera aussi que ce mécanisme intègre fortement le renforcement des capacités des autorités administratives nationales, régionales et locales pour une gestion efficace des risques et la réduction des impacts négatifs des inondations sur les communautés et les infrastructures locales au Mali. Il s’est dit aussi convaincu que l’opérationnalisation effective de ce premier prototype se fera à travers la synergie d’action de l’Agence nationale de la météorologie, la direction nationale de l’hydrologie et l’ABN.
Son collègue des Transports et de la Mobilité urbaine a expliqué que la mise en place de ce mécanisme illustre la mobilisation des autorités pour sauver des vies humaines et animales ainsi que les moyens de subsistances des populations. En outre, le ministre Ly a souligné qu’il sied de procéder au transfert de technologie à l’accès des données et d’assurer la coordination entre, d’une part, les différents acteurs de la chaîne de production et de diffusion de l’information, et d’autre part, les autorités chargées de la prévention et de la gestion des risques de catastrophes.
« Pour aider le Mali à prévenir les risques climatiques et d’inondations, le PNUD l’accompagnera avec la mobilisation d’environ 9 millions de dollars, soit un peu plus de 4,5 milliards de Fcfa sur les fonds des pays les moins avancés au titre de la convention cadre des Nations unies sur le changement climatique », a déclaré le représentant du PNUD.
Selon lui, cette contribution permettra de renforcer la résilience aux risques d’inondations et climatiques des populations bénéficiaires des communes cibles situées dans les régions de Kayes, Mopti et Bamako. A ce propos, Oumar Tamboura a réitéré l’engagement de sa structure à accompagner le Mali dans la lutte contre les effets néfastes du changement climatique et la réduction des risques d’inondations.

Mariam F. DIABATÉ

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