Gestion financière de l’Opam : Un trou de plus 800 millions de fcfa

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Le Mali est confronté, depuis quelques années, à une grave crise sécuritaire qui continue d’affecter les zones de production céréalières, exposant davantage les populations à une insécurité alimentaire, souvent sévère. En témoignent les résultats de l’Enquête nationale sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle (Ensan) de septembre 2018.

Selon elle, 19,1% des ménages étaient exposés à l’insécurité alimentaire en 2017 dont 2,6% de cas sévère. Dans un tel contexte, le rôle et l’importance des services en charge de la gestion des stocks alimentaires deviennent prépondérants. Ainsi, l’état dépense, pour assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations, plus de 154 milliards de Fcfa par an. Ce montant inclut les subventions apportées à la campagne agricole, l’importation de riz, de lait et du poissons, les débours de l’état et les contributions financières directes, selon les indicateurs donnés dans la Politique nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle (PNSAN) du Mali.

Aussi, du 1er janvier 2016 au 30 juin 2019, le montant total des dépenses effectuées par l’Office des produits agricoles du Mali (Opam) s’élève à 10,362 milliards de Fcfa, contre des recettes réalisées à hauteur de 10,127 milliards de Fcfa. Compte tenu de tout ce qui précède, le Vérificateur général a initié une mission de vérification à l’Opam afin de s’assurer de la régularité et de la sincérité desdites opérations.

Les travaux ont concerné l’examen des dépenses de fonctionnement, d’investissement et des achats de céréales ainsi que les recettes de location de magasins, de ventes de sacs vides, de ventes de céréales et des dépôts à terme au titre des exercices 2016, 2017, 2018 et 2019 (31 août). Cette mission d’inspection a permis de déceler des irrégularités financières d’un montant total s’élevant à 830,4 millions de Fcfa.

Les documents ont été transmis par le Vérificateur général au président de la Section des Comptes de la Cour suprême et au procureur de la République près le Tribunal de grande instance de la Commune III du District de Bamako, chargé du Pôle économique et financier. Les dossiers se rapportent, de façon détaillée, à la non-application des procédures de recouvrement des frais de location des magasins pour un montant de 60,9 millions de Fcfa. L’Opam a livré des sacs non conformes pour un montant de 8,5 millions de Fcfa, selon le rapport d’inspection. Le vérificateur a dénoncé aussi la non-application des pénalités de retard sur des contrats pour un montant de 26,2 millions de Fcfa. Il a attiré l’attention de la justice sur le non reversement des recettes issues de la vente du Stock national de sécurité pour un montant de 734,7 millions de Fcfa.

L’Office des produits agricoles du Mali (Opam) a été créé par la loi n° 65-07/AN-RM du 13 mars 1965. Cette loi fut abrogée et remplacée par la loi n° 82-36/AN-RM du 20 mars 1982. La loi n° 88-67/AN-RM du 26 décembre 1988 a aussi modifié l’article 2 de la loi n° 82-36/AN-RM du 20 mars 1982.

Ainsi, après ces réformes institutionnelles et organisationnelles, l’Opam a comme missions principales de : constituer, gérer et conserver un Stock national de sécurité permettant d’intervenir, en cas de besoins, sur toute l’étendue du territoire national ; assurer l’approvisionnement des zones déficitaires sur la base d’un plan national de ravitaillement ; gérer et distribuer les aides alimentaires en céréales dans le cadre des conventions conclues avec les partenaires.

Cheick M. TRAORÉ

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