Hajj : ‘ME VOICI, Ô SEIGNEUR A RÉPONDRE A TON APPEL’

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Dans l’un des passages du Livre saint de l’islam consacré au pèlerinage, il est cette injonction : « Et fais aux gens une annonce pour le Hajj. Ils viendront vers toi, à pied, et aussi sur toute monture, venant de tout chemin éloigné… » (22:27) Ce rite, constituant le cinquième pilier de l’islam, trouve ainsi sa prescription particulière dans les Ecritures : « Et c’est un devoir envers Allah pour les gens qui ont les moyens, d’aller faire le pèlerinage de la Maison. Et quiconque ne croit pas… Allah Se passe largement des mondes » (3:97).
Tout comme les autres prescriptions, celle du hajj fait l’objet d’explications minutieuses et détaillées, de sa genèse à ses actes constitutifs. L’un des commentateurs et historien musulman des plus réputés des temps anciens, Ibn Kathir, n’a pas manqué d’évoquer l’annonce pour le hajj, tel que contenue dans le Livre saint. Mettant en relation le Coran avec les hadiths, il évoquera ce commandement fait au patriarche du monothéisme : « il signifie : ‘appelle les gens, ô Ibrahim, à venir faire le pèlerinage. Invite les à faire le pèlerinage de cette Maison que nous t’avons donné l’ordre d’édifier. Face à l’ampleur de cette tâche, Ibrahim, selon Ibn Kathir, s’enquit : ô Seigneur ! Comment transmettre (Ton ordre) aux gens alors que ma voix ne peut pas leur parvenir ? Le Seigneur lui dit : lance ton appel et c’est à Nous de le faire parvenir (aux destinataires). Ibrahim monta sur un promontoire et relaya « l’appel que les montagnes laissèrent passer si bien qu’il parvint aux confins de la terre et fut même entendu par les âmes non encore nées. »
Selon le théologien, tous ceux qui l’ont entendu, et plus particulièrement ceux à propos desquels Dieu avait décrété qu’ils fissent le pèlerinage, répondirent en disant : ‘Labbayka’ : Me voici, ô Seigneur à répondre à ton appel… D’après les oulémas, c’est à ce propos que le Messager (PSL) dira que ‘les pèlerins sont les hôtes de Dieu’. En réponse à l’appel divin, ils s’attacheront ainsi à glorifier le Créateur unique, à psalmodier sans cesse leur foi en son unicité. C’est dans cet esprit que les exégètes renvoient au Livre sacré : « Ceux qui ont cru et n’ont point troublé la pureté de leur foi par quelque iniquité (association), ceux-là ont la sécurité; et ce sont eux les bien-guidés ». (6:82)
Cependant, en préalable à l’observance de ce rite, les théologiens mettent l’accent sur l’emploi de fonds licites pour couvrir ses frais. Ils soulignent à cet effet que : « Le pèlerinage fait grâce à des fonds illicites n’en est pas un. » En recommandant au fidèle de se conformer dans ses actes du pèlerinage à la pratique du Messager en la matière, ils insistent sur la formulation des intentions, s’appuyant en cela sur les hadiths selon lesquels : « Les œuvres sont fonction des intentions qui les dictent. Et l’intention de tout agent détermine ce qu’il obtient de son acte. » Selon les oulémas, la communion des invocations et suppliques adressées au Tout-Puissant devrait inspirer l’humilité à chaque pèlerin qui, en état de sacralité, réalise son insignifiance, ce qui devrait le pousser à ouvrir une nouvelle page de sa vie.

A. K. CISSE

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