Harouna B. Maïga : «Le niveau actuel du basket malien est satisfaisant»

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Dans cette interview qu’il a bien voulu nous accorder, le président de la Fédération malienne de basket-ball revient sur la longue interruption des activités pour cause de crise sanitaire et donne des précisions sur la reprise du championnat et les mesures prises pour le bon déroulement des matches. Le premier responsable de la balle au panier parle également de la préparation des sélections nationales U17 pour le Mondial et affiche son optimisme pour la suite des événements

L’Essor : Comment la Fédération malienne de basket-ball (FMBB) vit-t-elle la pandémie de la Covid-19 ?
Harouna B. Maïga : C’est vrai que nous venons de passer cinq mois durs marqués par la panique et l’arrêt des compétitions sur toute l’étendue du territoire. Mais pendant cette période, on a essayé de joindre l’utile à agréable. Certes, physiquement, on n’était pas sur le terrain, mais on n’est pas resté sans activités. Ainsi, la fédération a initié des formations en ligne auxquelles ont participé tous nos corps, à savoir les encadreurs, les arbitres, les administrateurs, les photographes, etc. Ces sessions continuent toujours et nous avons également mis à profit le repos forcé pour chercher de nouveaux partenaires. Pendant toute la durée de la suspension des activités sportives, nous communiquions par WatsApp pour gérer les affaires courantes.

L’Essor : Après cinq mois de fermeture des infrastructures sportives, le département de la Jeunesse et des Sports vient d’ouvrir les salles. Comment avez vous accueilli cette décision des autorités ?
Harouna B. Maïga : Nous l’avons accueilli avec beaucoup de satisfaction. Nous avons été la première fédération à suspendre nos activités, suite à la pandémie de la Covid-19 et nous avons été également la première association à saisir les autorités pour la réouverture des stades et une reprise des compétitions. Dans notre programme initial, les compétitions devaient reprendre le 30 juin, mais faute d’accord avec le ministère de la Jeunesse et des Sports, cette date a été reportée. Nous sommes donc très contents de la reprise des compétitions et la fédération fera tout pour achever la saison.

L’Essor : Le championnat reprend ce week-end. Quelles sont les mesures prises par la fédération pour un bon déroulement des matches ?
Harouna B. Maïga : La première mesure, c’est le huis clos. Tous les matches se disputeront à huis-clos et dans une seule salle, à savoir la salle du Palais des Sports Salamatou Maïga. Il y a une seule équipe régionale en première Division (Attar club de Kidal, ndlr). Nous avons demandé leur indulgence d’accepter à ce qu’on puisse faire tous les matches localement à Bamako pour pouvoir bien contrôler et faire respecter les mesures barrières.

Le port de masque sera obligatoire dans la salle, il y aura des prises de température à toutes les entrées de la salle avec des thermomètres et également des kits de lavage des mains. Toutes les personnes qui entrent dans la salle doivent passer par ces dispositifs sanitaires. Dans les gradins, comme dans la loge officielle, la distanciation sera respectée. Ce n’est pas tout, on fera en sorte que les équipes quittent la salle dès la fin de leur match. Pour que nos spectateurs continuent de suivre le basket, nous avons décidé de mettre tous nos matches en direct. Déjà, nous avons un contrat de partenariat avec le Groupe de média Renouveau qui va diffuser les matches en direct. En plus, la fédération s’est engagée à filmer tous les matches et les mettre sur live streaming, sur notre page Facebook et sur You tube.

L’Essor : La fédération prévoit-elle des innovations compte tenu du calendrier très serré ?
Harouna B. Maïga : Des innovations, il y en avait déjà avant la Covid-19 qui a entraîné l’arrêt des compétitions. Le championnat, on le tiendra en trois phases. Lors de la première toutes les équipes vont se rencontrer en aller-retour. à l’issue de cette phase, les quatre meilleures équipes vont s’affronter en Final Four (Top 4). La troisième et dernière phase sera les Play-offs. Autre innovation, les troisièmes et quatrièmes seront récompensés cette année.

L’Essor : De façon générale, comment jugez-vous l’état actuel du basket-ball malien ?
Harouna B. Maïga : On avait eu un élan très positif surtout au niveau local. Le championnat est satisfaisant. La qualification de l’AS Police à la Basket-ball Africa League (BAL), illustre les progrès du basket-ball de notre pays et prouve que nos basketteuses et basketteurs peuvent rivaliser aujourd’hui avec l’élite continentale.

L’Essor : La Coupe du monde U17 filles et garçons aura lieu en 2021. En plus du camp organisé en collaboration avec la FIBA, quel est le programme de préparation des deux sélections ?
Harouna B. Maïga : Les deux sélections vont continuer leurs préparatifs. Pendant cette période de vacances, on avait prévu des semaines de préparation intense avec 20 personnes. Les jeunes se préparent dans de bonnes conditions et s’entraînent cinq fois dans la semaine. Je suis optimiste pour la suite des événements.

L’Essor : Quels seront les objectifs du Mali dans ces compétitions ?
Harouna B. Maïga : C’est toujours faire mieux que les années précédentes. Au niveau des garçons, on a terminé 12è lors de la dernière édition et l’objectif sera de se hisser dans le Top 8 mondial et pourquoi pas le dernier carré d’as comme l’a fait la sélection nationale junior. Pour les filles le carré d’as est l’objectif principal. C’est vrai que la préparation a été quelque peu perturbée par la crise sanitaire mais comme le Mondial a également été reporté à 2021, je pense que nos que nos deux sélections seront prêtes. La Coupe du monde doit être co-organisée par la Bulgarie et la Roumanie, mais FIBA n’a pas encore communiquée la date de la compétition.

L’Essor : Les éliminatoires de l’Afrobasket senior masculin 2021 vont bientôt débuter. Y’aura-t-il de nouvelles têtes dans la sélection ?
Harouna B. Maïga : Le sélectionneur national est le mieux placé pour répondre à cette question, mais on le sent déjà qu’il va injecter du sang neuf dans l’effectif. Ainsi, on retrouve dans sa présélection quelques éléments de l’équipe junior qui vient de participer à la Coupe du monde. Il y a une demi-dizaine de juniors qui ont été présélectionnés. On peut s’attendre également à voir des binationaux et des revenants, notamment Ibrahim Haïdara qui revient en force.

En principe, les éliminatoires doivent avoir lieu en novembre. Inch-Allah le Mali se qualifiera pour Rwanda 2021. Le premier objectif, c’est la qualification pour la phase finale et la deuxième, faire une très bonne prestation lors de l’Afrobasket. Nous sommes en train de reconstruire l’équipe nationale senior. Nous ambitionnons de nous qualifier pour la Coupe du monde 2023. Pour cela, il faut être parmi les 5 meilleures équipes lors des éliminatoires du Mondial. Des juniors vice-champions du monde auront leur place dans la sélection, parce que beaucoup d’entre eux ont commencé à jouer avec leurs équipes seniors respectives. Nous avons trois joueurs qui évoluent en Pro B en France et quatre qui évoluent dans des Universités américaines. Il y en a aussi en Espagne.

L’Essor : Avez-vous un message à l’endroit du monde du basket-ball malien ?
Harouna B. Maïga : Le message que j’ai à l’endroit du monde du basket-ball malien, c’est demander l’indulgence des supporters qui ne pourront pas venir au stade pour cause de crise sanitaire. Tous les matches se disputeront à huis clos et conformément aux mesures sanitaires édictées par les autorités. La fédération compte beaucoup sur leur compréhension et espère les retrouver le plus tôt possible, c’est-à-dire, dès la fin de la pandémie de la Covid-19. C’est une situation difficile pour tout le monde, mais chacun de nous doit comprendre que la santé est prioritaire. La fédération invite les supporters à suivre les rencontres sur Renouveau TV et sur les sites en ligne.

Interview réalisée par
Seïbou S. KAMISSOKO

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