Hausse des besoins alimentaires dans le monde

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Les nouvelles estimations du Bulletin mensuel de la FAO, publiées le 6 février dernier, notent une production céréalière mondiale record évaluée à 2.715 millions de tonnes, soit une hausse de 61,7 millions de tonnes par rapport à la production de 2018, au sortir de la campagne 2019. « Les prévisions de ce mois-ci restent pratiquement identiques à celles de décembre, car les révisions à la baisse concernant la production de blé et de riz sont compensées par les révisions à la hausse apportées à la production de maïs et d’orge », soulignent les statisticiens de l’organisation mondiale en charge de l’alimentation.
Ces estimations sont rassurantes. Surtout que l’on sait que notre pays, un des principaux producteurs de céréales en Afrique de l’Ouest, constatant le rôle de plus en plus dominant du maïs dans l’alimentation humaine comme animale, a mis tout son poids en faveur de cette spéculation pour booster la production nationale.
En dépit de ces efforts et des bonnes perspectives, la famine se fait plus que jamais menaçante à travers le monde, notamment au Sahel. Cela, en raison des conflits et des effets néfastes du changement climatique. En la matière, « les besoins du Mali sont estimés à environ 2.001 milliards de Fcfa pour 3,6 millions de personnes affectées alors qu’au Burkina Faso, les besoins ont augmenté de plus de la moitié par rapport à l’an dernier. Pour le Burkina Faso, les organismes humanitaires demandent plus de 162 milliards de Fcfa pour 2,2 millions de personnes dans le besoin », révélait le rapport intitulé « Global Humanitarian Overview », publié en décembre 2019. « En 2020, près de 168 millions de personnes dans le monde auront besoin d’une assistance et d’une protection humanitaires», disait aux médias à Genève, le chef des affaires humanitaires de l’ONU, Mark Lowcock, lors de la publication dudit rapport. Ce qui représente environ, selon lui, une personne sur 45 sur la planète. Chiffre le plus élevé depuis des décennies, ajoutait M. Lowcock.
Conséquence ? Les échanges mondiaux de céréales en 2019-2020 devraient s’établir à 420,2 millions de tonnes, soit une hausse de 4 millions de tonnes par rapport à décembre, ce qui représente le deuxième plus haut niveau jamais enregistré et une progression de 9,4 millions de tonnes par rapport au niveau modeste de 2018-2019, évaluent les dernières prévisions de la FAO.
En revanche, les prévisions de la FAO concernant les échanges mondiaux de riz en 2020 (janvier/décembre) ont été abaissées de 700.000 tonnes, dans un contexte de demande à l’importation en Asie plus faible que prévu, en particulier en Chine et en Irak. Il est donc désormais prévu que les flux mondiaux de riz (l’une des denrées les plus consommées au Mali) en 2020 atteignent 46 millions de tonnes, soit quatre pour cent de plus qu’en 2019, mais un niveau toujours en deçà du record historique de 2018.

Cheick M. TRAORÉ

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