Hôpital de dermatologie de Bamako : le malade au cœur du projet de soins

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La structure a pour missions, entre autres, d’assurer le diagnostic et le traitement des maladies de la peau

Autorités sanitaires, praticiens et malades avaient appelé de leurs vœux, la création d’un hôpital de dermatologie digne de ce nom dans notre pays. Leur voeu a été exaucé par une ordonnance du 27 mars dernier, portant création de l’Hôpital de dermatologie de Bamako, ratifiée par une loi du 23 juillet 2019. Le nouvel établissement hospitalier, bâti sur les cendres du Centre national d’appui à la lutte contre la maladie (Cnam), a tenu, hier, la toute première session de son conseil d’administration dans ses propres installations.
La réunion était dirigée par le secrétaire général du ministère de la Santé et des Affaires sociales, Dr Mama Coumaré, en présence du directeur général de l’établissement, Pr Ousmane Faye, et des administrateurs. Ceux-ci ont planché sur différents documents, notamment le rapport d’activités et le budget 2019 que l’Hôpital de dermatologie de Bamako a hérité du Cnam, le programme opérationnel (PO) 2020 et le projet de budget de la même année.
La session a élu Dr Modibo Traoré comme président du conseil d’administration puisque conformément aux textes actuels de création des établissements hospitaliers, la tutelle ne peut assurer la présidence du conseil. Les administrateurs ont apprécié les multiples efforts accomplis par l’administration hospitalière et le personnel pour corriger les balbutiements liés au démarrage de tout établissement et garder le cap sur la consolidation des acquis.
Pour le nouvel établissement hospitalier qui doit s’attacher à répondre aux aspirations en matière de soins dermatologiques de référence, les choses se posent en question de ressources, d’organisation et d’initiatives novatrices pour sortir des sentiers battus. Autrement dit, partir sur des bases saines pour éviter les difficultés et les turbulences vécues par d’autres structures hospitalières qui ont aujourd’hui, du plomb dans l’aile. Mais, on est en droit de garder espoir puisque les premiers responsables de l’Hôpital de dermatologie de Bamako, connus pour leur sérieux et la philosophie qui sous-tendent toutes leurs actions à savoir mettre le malade au cœur d’un projet de soins efficace et accessible, veulent être simplement jugés sur pièces.

Le directeur général de l’établissement a fait la genèse de la création de son établissement. « Hier, Institut central de la lèpre, puis Institut Marchoux, Mission de la mise en œuvre de l’Institut Marchoux, Centre national de lutte contre la lèpre, Centre national d’appui à la lutte contre la maladie et, aujourd’hui, Hôpital de dermatologie de Bamako. Le premier conseil d’administration d’une nouvelle structure est toujours historique et reste surtout un moment privilégié, chargé d’émotions pour nous, mais qui doit aussi nous interpeller à agir pour le futur », a expliqué le patron de l’établissement hospitalier avant de rendre hommage à tous ceux qui ont contribué à la concrétisation du projet. Le Pr Ousmane Faye dit mesurer la tâche, à lui confiée. Il espère réunir les qualités requises pour bien conduire cette noble mission et compte sur un accompagnement des administrateurs dans leurs domaines de compétences respectifs pour l’atteinte des objectifs.
Le secrétaire général a souhaité d’entrée de jeu que le pays retrouve la quiétude et que la paix regagne les cœurs et les esprits enfin que nous puissions vivre comme auparavant. Et Mama Coumaré de rappeler que les récentes réformes du département de la Santé et des Affaires sociales ont conduit à la scission du Cnam et à la redistribution de ses différents services entre deux nouvelles structures : l’Institut national de santé publique (INSP) et l’Hôpital de dermatologie de Bamako. Ce dernier est, selon lui, le résultat d’une recommandation forte de la carte nationale hospitalière 2016-2020.
L’Hôpital de dermatologie de Bamako a missions d’assurer le diagnostic, le traitement des maladies de la peau et des infections sexuellement transmissibles et autres affections dermatologiques, de prendre en charge les urgences dermatologiques et les cas référés. Il doit également participer à la formation universitaire continue et promouvoir la recherche.
Pour le secrétaire général, le dernier né des hôpitaux a mis en place presque tous ses organes de gestion, à l’exception du comité scientifique et technique et celui d’éthique. Ceux-ci attendent l’approbation des administrateurs avant d’être adoptés par le ministre en charge de la Santé. « Les résultats sont encourageants, mais ne surprennent guère quand on connaît la détermination des agents de l’établissement, leur niveau de responsabilité et de technicité », a-t-il indiqué.
Il ressort des informations distillées aux administrateurs que l’hôpital, dont le budget 2019, hérité du Cnam et adopté en retard, a pu mobiliser sur une prévision de 1,374 milliard, un peu plus de 75% des ressources. Pour l’exercice 2020, ses dépenses sont estimées à un peu plus de 1,569 milliard de Fcfa, dont 72% assurées sur budget d’État. Les ressources propres et les subventions des partenaires couvrent le reste. Bon vent donc à l’Hôpital de dermatologie et souhaitons qu’il fasse la preuve et la différence par la qualité.

Bréhima DOUMBIA

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