Infrastructures routières : PRÈS DE 50 MILLIARDS DE FCFA POUR LE TRONÇON BOUREM-KIDAL

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Cette route est considérée comme un facteur de paix et de sécurité

Longue de plus de 285 km, cette route permettra le désenclavement de la région de Kidal, le renforcement du processus de pacification des régions situées dans la partie nord de notre pays. C’est pourquoi, sa construction est perçue par le gouvernement comme étant l’un des facteurs de l’unité nationale, de paix et de cohésion sociale. 

Les experts sont de plus en plus unanimes : une lutte efficace et pérenne contre le terrorisme et le trafic organisé nécessite, outre les actions militaires, la réalisation d’infrastructures de développement socioéconomique au profit notamment des couches les plus vulnérables. Et en la matière, les travaux à haute intensité de main-d’œuvre, les activités génératrices de revenus, semblent être les moyens les plus recommandés.

C’est ce que l’Union européenne, un des premiers partenaires techniques et financiers de notre pays, semble avoir compris. A cet effet, la Commission européenne vient, à travers la Banque africaine de développement (BAD) par délégation de gestion, faire un don d’un montant de 70 millions d’euro, soit environ 49,91 milliards de Fcfa pour le financement de la phase 2 du projet d’aménagement de la Route transsaharienne (RTS 2) de la section Bourem – Kidal, longue de 285,83 km. La convention symbolisant la mise à disposition de ce don a été signée, hier à la Primature, par le Premier ministre, ministre de l’Économie et des Finances, Dr Boubou Cissé et la directrice pays de la BAD, Dr Hady Louise Djoussou-Lorng. C’était en présence de la ministre des Infrastructures et de l’Équipement, Traoré Seynabou Diop.

La réalisation de cette route permettra, a justifié le chef du gouvernement, la résolution de problèmes majeurs de paix, de sécurité, de développement économique, social et de fragilité. Pour Dr Boubou Cissé, il est perçu par le gouvernement comme étant l’un des facteurs de l’unité nationale, de paix et de cohésion sociale. En ce sens, qu’il permettra le désenclavement de la région de Kidal, le renforcement du processus de pacification des régions situées dans la partie nord de notre pays, l’accroissement des échanges entre la Région de Kidal et les autres régions du Mali, ainsi qu’entre le Mali et l’Algérie.

LUTTE CONTRE LE CHÔMAGE – Au profit des populations, le projet prévoit la réalisation d’activités connexes comme les forages, l’aménagement de zones de pâturage, l’appui à l’amélioration de la sécurité routière, a assuré le Premier ministre Cissé, ajoutant qu’il appuiera aussi les groupements de femmes et de jeunes, en valorisant les produits d’élevage et autres productions locales. Aussi, soutiendra-t-il, «l’employabilité des jeunes par le développement des Très petites et moyennes entreprises (TPME) locales existantes, les activités génératrices de revenus pour les femmes, la lutte contre le chômage à travers l’approche Travaux à haute intensité de main-d’œuvre, la formation des PME et l’apprentissage aux métiers», a insisté le chef de l’exécutif national.

Ces actions vont contribuer, selon lui, à l’atteinte des objectifs du CREDD 2019-2023, notamment l’axe 2 : paix, sécurité et renforcement du vivre ensemble et l’axe 3 : croissance inclusive et transformation structurelle de l’économie par le développement des réseaux d’infrastructures.

Au plan régional, cette route transsaharienne est considérée comme une infrastructure au centre des enjeux économiques, sociaux, politiques et sécuritaires à l’échelle du continent, a développé le ministre de l’Économie et des Finances. Car, elle est, aux dires du Dr Boubou Cissé, située sur les corridors transsahariens africains Alger-Lagos et Dakar-Djibouti, «identifiés comme prioritaires par le Programme de développement des infrastructures en Afrique pour atteindre les objectifs du NEPAD à l’horizon 2020».

Rappelons que le montant global nécessaire à la réalisation du RTS 2 est de 132,85 millions d’euro, soit plus de 87,14 milliards de Fcfa. La BAD intervient sur financement du Fonds africain de développement (FAD) et du Fonds d’assistance technique (FAT) pour montant de 47,54 millions d’euro, environ 25,95 milliards de Fcfa.

La Commission européenne, elle, pour ce don apporte 70 millions d’euros, environ 49,91 milliards de Fcfa. Le Mali déboursera, pour sa part, plus de 10 milliards Fcfa pour la sécurisation de la zone, les frais d’expropriation, le suivi de la mise en œuvre du Plan de gestion et de sauvegarde environnementale et le fonctionnement de l’Unité de gestion du projet.

La directrice pays de la BAD a assuré que les quatre accords de financement de l’institution africaine de financement (deux dons et deux prêts) prévus pour ce faire, interviendront plus tard. Dr Hady Louise Djoussou-Lorng a par ailleurs rappelé que la réalisation de la RTS 2 nécessitera un engagement fort de la part de l’État, notamment la satisfaction des conditions préalables au décaissement : réinstallation, mesures de sauvegarde environnementale et sociale, mise en place à bonne date des fonds de contrepartie et suivi efficace des activités du projet.

 

Cheick M. TRAORÉ

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