Insécurité et immigration irrégulière : Une journée de réflexion pour vaincre le mal à la racine

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La majorité des esprits s’accordent à dire que l’effondrement du pouvoir libyen est à l’origine de la crise sécuritaire qui sévit dans notre pays depuis 2012. Crise qui a fait naître chez beaucoup de jeunes Maliens le désir de partir loin du pays, à la recherche d’une meilleure vie en Europe. Face à ce fléau, l’État malien a initié plusieurs politiques et programmes. Parmi ces stratégies, il y a la politique nationale de l’immigration ou encore les nombreuses initiatives de la société civile et syndicales.
Hier au Conseil national du patronat du Mali (CNPM), la CNV International en partenariat avec l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) et la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM), a organisé une journée de réflexion sur le thème : «Impacts de l’insécurité et de l’immigration des jeunes sur le développement du Mali : enjeux, défis et perspectives».
Objectif : faire des suggestions et des recommandations concrètes susceptibles de réduire le problème et offrir des perspectives aux jeunes. On notait la présence du premier secrétaire adjoint de l’UNTM, Karimou Diarra alias Togola et du responsable des projets et programmes de la CNV International, Timotée T Boko.
«Le Mali est principalement un pays d’émigration. Le taux de migration pour 1.000 personnes était de 5,7% de 1995 à 2000, contre 2,4% de 2000 à 2005», a noté le représentant des deux forces syndicales maliennes à la cérémonie. Ajoutant que notre pays accueille 1,6% d’émigrés venant du Burkina Faso, 23% du Ghana, 13% de la Guinée, 10% du Bénin et 9% du Niger, le syndicaliste a précisé que ces chiffres datent de 2007.

Pour Karimou Diarra, la situation exige un profond diagnostic afin d’y trouver des solutions adéquates. En ce qui concerne l’UNTM, le syndicaliste a fait savoir qu’elle s’est, de 2017 à aujourd’hui, dotée des ressources et des compétences nécessaires pour relever le défi de la mise en œuvre des accords relatifs à la problématique de la migration dans notre pays. À ce titre, l’UNTM a placé des points focaux migration au niveau de chaque région du Mali. Ce, afin de recenser les migrations et les types d’activité que les migrants exercent, a révélé Karimou Diarra dit Togola.
Pour sa part, le responsable de la CNV International soulignera que la journée de réflexion est une occasion de faire une analyse objective et réaliste des impacts de l’immigration des jeunes et de l’insécurité sur le développement socioéconomique du Mali. Le but, a précisé Timotée T Boko, est de faire des suggestions et des recommandations concrètes susceptibles de réduire le problème.
Chargé des questions de développement à la CNV International, Pierre Traoré développera le thème «les impacts de l’immigration des jeunes sur le développement socioéconomique du Mali». Pour lui, les causes principales de l’immigration irrégulière au Mali sont, entre autres, le mauvais rendement de la saison des pluies (changement climatique), la recherche par les jeunes ruraux du bien-être social pendant la saison sèche et la pauvreté.
Les enjeux de l’immigration sont la maîtrise du flux migratoire, le drame lié au fléau, la fuite de cerveaux, la perte en vie humaine et les ressources financières des migrants, a expliqué Pierre Traoré.
Au sujet des perspectives, il s’agira, selon lui, de sensibiliser les candidats à la migration sur les risques et les procédures normales à suivre. Apprendre aux jeunes des métiers professionnels est aussi une bonne façon de pouvoir les maintenir sur place, a proposé Pierre Traoré, précisant que le suivi des projets et programmes est aussi nécessaire.

Amadou B. MAÏGA

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