Insertion professionnelle des jeunes pharmaciens : Un collectif s’y engage

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Le ministre Me Jean Claude Sidibé a reçu une distinction honorifique

À la sortie de la Faculté de pharmacie, les jeunes pharmaciens doivent faire face à des défis majeurs pouvant affecter leur rêve de bien exercer leur profession. Ces défis portent notamment sur leur difficile intégration dans la profession pharmaceutique, la gestion d’une officine, l’accès difficile aux formations continues en pharmacie et la faible rémunération.
C’est dans le but d’apporter des pistes de solutions à ces contraintes que le Collectif des jeunes pharmaciens du Mali (COJEP) a initié la Journée carrière et formations continues en pharmacie.
La 2è édition de ce cadre de réflexion s’est tenue, samedi dernier au Centre international de conférences de Bamako, sous la présidence du ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Me Jean Claude Sidibé. On notait aussi la présence du secrétaire général adjoint du Conseil national de l’ordre des pharmaciens (CNOP), Dr Mamadou Seydou Koné et du président du COJEP, Dr Jules Amadou Togo.
«Les difficultés de début de carrière d’un jeune pharmacien officinal», était le thème retenu pour cette 2è édition. Une question que des panelistes expérimentés ont débattue en vue de proposer des ébauches de solutions aux problèmes rencontrés par les jeunes pharmaciens.
Selon le président du COJEP, cette journée se veut être un cadre d’échanges, d’information, de réflexion et d’orientation sur les difficultés du jeune pharmacien assistant en officine de pharmacie y compris celui en transition vers le statut de chef d’entreprise.
Au nombre de ces contraintes, Dr Jules Amadou Togo a cité, entre autres, l’employabilité des jeunes pharmaciens et la vente illicite des médicaments.
En outre, le jeune pharmacien a déploré que les multiples opportunités offertes par le domaine pharmaceutique notamment dans la recherche, l’industrie, la biologie médicale, le marketing pharmaceutique et l’agroalimentaire, ne soient pas assez développées pour certains de ses collègues ,voire inexistantes pour d’autres. Comme solution contre la faible rémunération, le COJEP souhaite la révision de la grille salariale de la Convention collective officinale élaborée en juin 2013.

Face à ces constats préoccupants, lancera Dr Togo, il est important que l’ensemble des acteurs de la profession pharmaceutique œuvre de concert en vue d’adapter cette profession aux besoins de leur époque et mieux la préparer à relever les défis actuels et futurs pour faciliter l’intégration des jeunes pharmaciens.
Le secrétaire général adjoint du COJEP a rappelé que pour les premiers pharmaciens privés, l’officine était un saut dans l’inconnu, car mal informés, mal formés et surtout mal préparés. Dr Mamadou Seydou Koné ajoutera qu’avec l’évolution de la profession, le vide de l’accompagnement des officines a été comblé en partie par les sociétés grossistes.
Aujourd’hui, a-t-il souligné, le COJEP se bat pour pallier certaines problématiques telles que le nombre grandissant de pharmaciens sortants de nos facultés, la pléthore d’officines privées, l’assistanat et l’actionnariat à l’officine. À celles-ci, s’ajoutent la retraite à l’officine, la lutte contre les médicaments contrefaits, la vente illicite des médicaments dans les cliniques et cabinets en contradiction des textes régissant ce secteur.
Pour sa part, le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle indiquera que le thème reflète la volonté des jeunes pharmaciens de ne pas rester en marge de la construction de notre pays. Selon lui, le fait d’associer les jeunes, les anciens ainsi que les universitaires (titulaires et assistants) pour aborder les difficultés liées à l’emploi et à la formation est déjà le début de la solution pour relever les défis auxquels fait face la profession pharmaceutique.
«Mon message aux jeunes pharmaciens est de ne surtout pas baisser les bras. Dans la vie, le défi ne doit pas être considéré comme un obstacle, mais comme une belle opportunité de montrer notre capacité à se surpasser pour aller de l’avant. Vous êtes l’avenir du Mali et il sera ce que vous voulez qu’il soit», a lancé Me Jean Claude Sidibé avant de rappeler que notre pays a engrangé, des indépendances à nos jours, beaucoup d’évolutions dans le domaine de la santé. Parmi lesquelles, il faut noter l’amélioration à l’accès aux produits de santé, la réduction importante du taux de mortalité maternelle néonatale et infanto-juvénile et l’augmentation de l’espérance de vie.
Cette 2è édition a été marquée par la remise de distinctions honorifiques à plusieurs personnalités dont le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle et la marraine de l’évènement, Dr Diallo Déidia Mahamane Kattra.

Mohamed D.
DIAWARA

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