Issa Amakendé Guindo, président de la Commission d’attribution des logements : «POUR POUVOIR HABITER UNE MAISON, CELLE-CI DOIT ÊTRE CAPABLE D’ACCUEILLIR SES HABITANTS AVEC LE MINIMUM DE CONFORT»

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Le président de la Commission s’est dit étonné d’entendre dire que les cautions déposées par les candidats auraient été déjà utilisées par l’Office malien de l’habitat (OMH)
Le processus d’attribution de la première tranche des 12.566 logements, lancé le 10 mai 2018, a pris fin en juin. Depuis, les postulants attendent d’être fixés sur leur sort. L’impatience les gagne. Certains ont peut-être besoin de leur caution. Les rumeurs vont alors bon train, malgré les multiples visites de terrain du chef de département de l’Habitat afin d’accélérer la cadence de réalisation des logements et de donner la bonne information aux postulants. Face à la persistance de ces rumeurs, nous avons eu un entretien, hier, avec le président de la Commission d’attribution des logements sociaux. Issa Amakendé Guindo qui nous a reçu à la Maison des jeunes de Bamako où il venait de rencontrer une délégation venue de son cercle d’origine (Koro).
Interrogé sur les raisons de ce retard dans l’attribution des logements sociaux, M. Guindo a affirmé, d’un ton serein et compatissant, comprendre les préoccupations légitimes des postulants. Car, l’accès au logement est, selon lui, le souci n°1 de la plupart des Maliens de l’intérieur comme de l’extérieur. Surtout à Bamako où le problème de logement se pose avec acuité. Aussi, certains ont besoin des fonds de garantie qu’ils ont déposés au niveau des banques accréditées à cet effet. Toute chose qui expliquerait l’impatience des demandeurs de logements, a reconnu M. Guindo.
Revenant à la question posée, le président de la Commission explique que ce retard  est dû à des facteurs techniques. «Nous sommes tenus par des conditions techniques qui font que nous ne pouvons pas évoluer sans remplir certains critères préalables», a-t-il argumenté. Pour pouvoir habiter une maison, celle-ci doit être capable d’accueillir ses habitants avec le minimum de confort, a ajouté Issa A. Guindo, avant de préciser que ces conditions nécessaires et minimales auxquelles tiennent les autorités, ne sont pas encore réunies au niveau des 3.743 logements livrables sur la première tranche des 12. 566 logements.
Trois à quatre handicaps d’ordre technique empêchent la commission de boucler le premier processus, selon les recoupements que le président Guindo a dit avoir fait auprès des techniciens. Le premier de ces problèmes a trait à l’adressage des maisons (entendre par là le fait de numéroter les maisons et les rues). Afin, dit-il, d’identifier chaque maison, en vue de mettre un nom sur chaque maison numérotée. La réalisation des travaux d’adressage qui ont commencé pour les 3.743 livrables au titre de la première tranche des 12.566 logements de la première tranche, a été confiée à la Cellule technique d’appui aux communes (CTAC). Celle-ci aurait promis de finir les travaux, deux mois après la mise à disposition de l’avance de démarrage. «Nous souhaitons que les travaux finissent avant les deux mois contractuels», a-t-il dit.
Le deuxième handicap  qui semble être le plus préoccupant est l’inaccessibilité des voies d’accès aux logements. Des bâtis sont construits en plein milieu des routes qui mènent aux habitations, a déploré Issa A. Guindo. Ces résidences, a-t-il dit, doivent être enlevées afin de permettre aux bénéficiaires d’accéder facilement à leurs maisons. Car, le souci principal des autorités est, selon le président de la Commission, de réunir tout le confort et toutes les commodités nécessaires auxquels ont droit nos compatriotes. Pour ce faire, le département qui est aussi soucieux de l’apaisement du climat social, est à pied d’œuvre pour libérer les voies d’accès aux logements.
La troisième difficulté qui bloque l’attribution de ces logements se rapporte aux travaux de voirie (eau et électricité), a expliqué Issa Guindo. Selon lui, les maisons ne sont encore alimentées ni en eau, ni en électricité. Les installations y seraient déjà mais elles attendraient d’être alimentées. Il s’agirait surtout de vérifier qu’elles fonctionnent correctement, avant de les mettre à la disposition des utilisateurs. C’est pour toutes ces quelques raisons que «nous ne voulons pas donner les clés pour l’instant», a-t-il fait savoir. «Cela pourrait créer plus de problèmes car chaque bénéficiaire pourrait être tenté d’occuper une maison de son choix», a justifié Issa Guindo, avant de solliciter l’indulgence des postulants et de préciser que «le ministre est à pied d’œuvre afin de réunir toutes les conditions leur permettant d’avoir très rapidement les clés des logements».
Concernant les cautions, le président de la Commission s’est dit étonné d’entendre dire qu’elles ont déjà été utilisées par l’Office malien de l’habitat (OMH). A ce propos, un agent de la Banque internationale pour le Mali (BIM) nous a expliqué au téléphone qu’une caution est, par essence, un fonds prélevé sur un compte pour des besoins bien déterminés afin d’empêcher son propriétaire d’y toucher.   «Personne ne peut avoir accès à un tel fonds, même son propriétaire. Pour y accéder, ce dernier est obligé de faire une demande de restitution de fonds», a expliqué le banquier.
Cheick M. TRAORÉ

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