Jeunes et planification familiale : UN FORUM INTER-RÉGIONAL EN PARLE À SÉGOU

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«Planification familiale quelles actions et stratégies pour rendre les jeunes plus autonomes dans la gestion de leur santé reproductive», tel est le thème d’un forum inter-régional des jeunes sur la santé de la reproduction dans les régions d’intervention du programme «Actions concertées pour l’amélioration de la santé de la reproduction et la promotion des droits des femmes et des filles», dénommé Debbo Alafia.
La rencontre de deux jours a regroupé les jeunes de 10 à 24 ans des régions de Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Ménaka. La cérémonie d’ouverture des travaux était présidée par le directeur de cabinet du gouverneur de Ségou, Siné Dembélé. C’était en présence des autorités administratives, politiques et des notabilités de la région ainsi que les responsables de la mise en œuvre du programme Debbo Alafia. Il s’agit, à travers ce forum, de mobiliser les jeunes des régions d’intervention de ce programme afin qu’ils puissent échanger et s’approprier leur santé reproductive.
Par ailleurs, la rencontre a permis d’analyser les besoins spécifiques des jeunes et adolescents identifiés en matière d’accès/qualité aux services de santé de la reproduction et surtout de la planification familiale. Pendant deux jours, les capacités de près de 120 jeunes et adolescents ont été mesurées en matière de leadership, de plaidoyer, de mobilisation sociale de leurs pairs dans les activités de promotion de la santé de la reproduction, notamment la planification familiale.
Le programme Debbo Alafia est financé par l’ambassade des Pays-Bas à travers les consortiums MSH-CAEB, AEN-AMSS, AEN et ASDAP pour les régions Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Ménaka. Ce programme vise, selon le représentant des organisations de Debbo Alafia, Boubacar Traoré, à accompagner le gouvernement pour l’atteinte des résultats des politiques sectorielles, notamment la santé, la promotion des droits des femmes et des filles. Spécifiquement, le programme Debbo Alafia travaille autour des thématiques majeures, dont les indicateurs sont en deçà des autres régions de notre pays. Il s’agit, entre autres, de la contraception, de l’excision, du mariage précoce et des autres formes de violences basées sur le genre. M. Traoré a indiqué que les jeunes âgés de 10 à 24 ans doivent être une cible privilégiée dans notre pays par rapport à tout programme visant l’amélioration de la santé de la reproduction.
En effet, selon les résultats de l’EDSM-V (2012-2013), 17% des adolescentes âgées de 15 à 19 ans accouchent chaque année dans notre pays. Aussi, parmi les femmes âgées de 25 à 49 ans, une sur deux (50%) était déjà en union avant 18 ans et près de 9 femmes sur 10 (89%) l’étaient avant 25 ans.
Après 3 ans de mise en œuvre du programme, il a été établi, a précisé le représentant des organisations de Debbo Alafia, la nécessité d’une plus forte implication des jeunes en vue de l’appropriation de leur santé reproductive. Pour la représentante des jeunes du forum, Mme Rokia Sidibé, depuis le début du programme en 2015 dans les différentes localités, les jeunes ont apprécié la prise en charge de leurs besoins en termes de santé de la reproduction. Ce travail, selon elle, a permis de mieux lutter contre l’excision, le mariage précoce, mais aussi et surtout les grossesses précoces et non désirées. Pour Mme Sidibé, le processus de changement de comportement s’étend sur le long terme, or les besoins et les priorités des jeunes évoluent très vite de même que les technologies de l’information et les soins. C’est pour cette raison, dira-t-elle, que le présent forum leur donne la chance aussi de se projeter vers l’avenir en ce qui concerne la santé de reproduction.
Pour le directeur de cabinet du gouverneur de Ségou, la mise en œuvre du programme Debbo Alafia a permis d’apporter des réponses appropriées à plusieurs défis comme la faiblesse des prévalences contraceptives dans les régions du Centre et du Nord, la persistance des violences basées sur le genre (VBG) et la méconnaissance des conséquences multiformes des VBG. S’y ajoute la faible perception des communautés et de certains leaders communautaires des méfaits des pratiques traditionnelles néfastes.

Mariam A. TRAORÉ
AMAP-Ségou

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