Journée de l’enfant africain : LES ENFANTS DE FARAKO PRÉSENTENT LEURS REVENDICATIONS

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Une élève recevant ses cadeaux (fournitures scolaires dans le sachet) et un vélo


La journée du samedi 22 juin sera mémorable dans la commune rurale de Farako Communément appelé « Bako ». Pour la circonstance, une foule de grand jour avait donné rendez-vous à la Maison des jeunes pour célébrer la 28è édition de la Journée de l’enfant africain. Ils étaient tous là: autorités administratives, politiques et notabilités, les organisations d’enfants et les acteurs intervenant dans la protection de l’enfance dans la région de Ségou. La particularité de cette grande mobilisation est que les enfants de la ville de Ségou se sont joints à ceux des communes de Bako pour mieux revendiquer. Ainsi, à travers théâtre, poèmes, slams et discours les enfants ont clamé leur désir de la paix. Ils ont dénoncé les massacres d’enfants notamment à Ogossagou, et Sobane Da.
Les enfants ont plaidé pour plus de protection en période de conflit, pour leur droit à une éducation de qualité. La réalité de la localité exigeait aussi pour les enfants de lancer un cri de cœur pour l’abandon du mariage d’enfants, une pratique courante dans cette zone. La présidente régionale du Parlement des enfants de Ségou, Mme Aïcha Ibrahim Frantao, a reconnu que seule l’éducation peut être une alternative pour protéger les filles contre le mariage forcé et précoce. Elle a rappelé que le mariage d’enfants prive les filles de leurs droits à l’éducation, à la santé, aux loisirs et à la jouissance de l’enfance. Elle a déploré ce phénomène dans les communes de Bako, malgré les sensibilisations.
Elle a enfin plaidé pour que l’on donne la chance aux filles de poursuivre l’école pour être des femmes épanouies et indépendantes. Avec le thème de cette année « Les enfants d’abord », une remise en cause se dessine, selon elle. Aïcha Ibrahim Frantao a déploré la grève des enseignants et ses conséquences sur l’année académique en cours. Face à la situation de crise que connaît notre pays depuis 2012, la présidente régionale du Parlement des enfants de Ségou a dénoncé la situation des enfants déplacés ou refugiés. Cette crise a vu aussi l’émergence de nouvelles vulnérabilités à savoir, entre autres, les enfants associés aux forces ou groupes armés, les enfants séparés de leurs familles et/ou victimes des mines et restes d’explosifs de guerre, les filles victimes de violences basées sur le genre. Face à cette situation dramatique, les enfants parlementaires déplorent le rôle des autorités et des forces étrangères pour assurer la protection des innocents. La direction régionale de la promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille a aussi dénoncé la pratique récurrente de mariage d’enfants et a plaidé pour redynamiser le comité de veille sur le mariage précoce dans la localité. Le directeur national d’Educo-Mali Herman Zoungrana se dit inquiet pour les enfants du Mali en lien avec cette situation de crise qui affiche un nouveau visage. Il a, à cet effet, lancé un cri de cœur pour la paix dans notre pays. Herman Zoungrana a, par ailleurs, plaidé pour la scolarisation et le maintien des filles à l’école. Raison pour laquelle, dira-t-il, son organisation ne cesse de sensibiliser dans les communes de Bako pour l’abandon de la pratique de mariage d’enfants. Le sous préfet de Farako, Ali Cissé a remercié Educo pour tous les efforts constants et visibles en terme de réalisation dans le domaine de l’éducation et de la protection des enfants dans la région de Ségou en général et dans les commune de Bako en particulier. Parmi ces actions, Ali Cissé citera la prise en charge sanitaire des élèves de ses écoles partenaires, l’appui aux filles boursières, la dotation des élèves en kits scolaires à chaque rentrée scolaire. Ainsi, le sous préfet de Farako a invité les autres partenaires à bien vouloir appuyer et accompagner Educo pour continuer à assurer un mieux être aux enfants de la région de Ségou et particulièrement à ceux de la zone de Bako. Aux enfants, il a rassuré que quelles qu’elles soient les conditions difficiles imposées par la situation sécuritaire, l’administration veillera à ce que leurs droits soient respectés. Pour remercier Educo pour ses interventions dans leur zone, les collectivités de Bako ont remis au directeur national un « Ciwara ». La cérémonie a été bouclée par la remise de cadeaux aux meilleurs élèves de Bako.
Mariam A. TRAORé
AMAP-Ségou

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